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Bras de fer
Les commerçants s’opposent à la décision du régisseur de construire de nouveaux comptoirs sur les servitudes. Ils ont saisi le sous-préfet pour marquer leur désapprobation.
Ce lundi 27août 2007, la tension est à son comble au marché Logpom dans l’arrondissement de Douala Vè. A 9 heures ce matin, le marché présente une allure déserte. Très peu de commerçants sont derrière leurs comptoirs. Aucun client n’est encore passé faire les emplettes. Depuis quelques semaines, les commerçants de ce marché sont en conflit avec l’administration. Le régisseur, Amidou Yombo représentant le concessionnaire a décidé de construire de nouveaux comptoirs dans ce marché, sans avoir consulté les commerçants. Des comptoirs construits sur les servitudes, obstruant les voies d’accès au marché et ne facilitant pas l’accès aux commerces.
Une décision curieuse, lorsqu’on sait que sur les 604 espaces commerciaux que compte le marché Logpom, seuls 98 sont occupés. Les commerçants sont montés au créneau et dénoncent cette initiative. D’autant plus que dans le marché, plusieurs boutiques sont à l’abandon, de nombreux comptoirs sont transformés en poubelle, des toilettes publiques sont fermées. En somme l’état d’insalubrité du marché Logpom est révulsant. “ Nous nous opposons uniquement à la fermeture des issues de passage. La Maetur avait laissé ces servitudes pour faciliter l’accès dans le marché. Depuis que le concessionnaire a opté pour la vente anarchique des espaces libres dans ce marché cela pose un réel problème. Puisqu’il devient difficile d’accéder dans le marché avec des marchandises ”, affirme Mama Hélène, une commerçante en colère.
Insécurité grandissante
Le président-fondateur du marché, Michel Ndé, met à l’index le concessionnaire qu’il accuse d’être l’auteur principal de cette crise. “ Le concessionnaire intimide les commerçants. Il profite du fait que les commerçants sont constitués à 98% de femmes. Elles ne savent pas qu’elles ont des droits, elles ont peur pour leurs comptoirs, car le concessionnaire menace de les casser ”, indique-t-il. Les commerçants ont saisi le sous-préfet de Douala Vè, Gabriel Ngounou pour arbitrer ce conflit qui menace l’ordre public. Ils demandent la destruction sans condition de ces nouveaux comptoirs, afin de les installer à l’arrière du marché. “ Le marché est maintenant dans l’insécurité, dans la mesure où s’il y a incendie, il sera difficile d’organiser les secours puisque les passages ont été fermés ”, déplore Michel Ndé.
Face à toutes ces accusations esquisse sa défense. “ Il n y a pas de problème dans ce marché. Les déclarations portées contre moi sont fausses. Les commerçants font dans la mauvaise foi. Mon travail dans ce marché est de m’occuper de la gestion et de l’exploitation du marché. Qui a dit qu’on ne devrait pas construire sur les servitudes ? Ceux qui se plaignent aujourd’hui luttent pour leurs intérêts, pour moi, je trouve qu’il n’est pas important d’en parler ”, lance Amidou Yombo.
Le sous-préfet a ordonné la suspension des travaux en attendant qu’une solution consensuelle soit trouvée. Lors de notre descente à la sous-préfecture et à la mairie de Douala Vè, il ne nous a pas été permis de rencontrer les maîtres de céans.
Par Catherine Aimée Biloa (Stagiaire Jade/Syfia)
& M.N.NJOG
Le 29-08-2007