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La vie c'est savoir partager, j'essaie de partager avec vous ce que je sais mieux faire. Ma passion, le journalisme. J'attends vos commentaires pour annimer cet espace d'échanges et d'informations. Je ferai des efforts pour l'améliorer au jour le jour. Votre motivation sera mon leitmotiv

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Combat héroïque

caveau-familial-Manga-Bell.jpg
caveau où repose quatre chefs du canton Bell

Rudolf Duala Manga Bell

 

Combat héroïque

 

En 1910, Théodore Seitz, gouverneur allemand au Cameroun, soutient un projet d'urbanisation dit " Gross Douala " qui doit faire de la ville, l'un des plus grands ports d'Afrique. Il est prévu pour cela, d'exproprier les Duala (et les Noirs en général) des plateaux Joss, Akwa et Deido, leur lieu d'habitation traditionnel devant devenir la ville européenne. De nouveaux lotissements (New-Bell, New-Akwa, New-Deido) seront aménagés à l'arrière de la ville pour les autochtones, selon le nouveau plan d'urbanisation. Ces nouveaux lotissements seront séparés de la ville européenne par un no man's land d'un kilomètre de large.

 

Rudolf Duala Manga va s'opposer à ce projet qu'il qualifie de "projet d'apartheid." Pour mener cette résistance, il associe plusieurs autres chefs traditionnels dans ce combat. Ces derniers la mandatent pour porter le flambeau du combat. La mèche est éventrée à partir d'une de ses lettres. Notamment celle envoyée au sultan Njoya, roi des Bamoun, lui demandant d'unir leurs forces pour contrer le diabolique projet allemand. Malheureusement, le sultan Njoya va remettre ce courrier à un ecclésiaste allemand, qui, à son tour, va le transmettre au gouvernement colonial. Lequel va qualifier cette démarche de haute trahison sous prétexte qu'il voulait soulever le peuple camerounais contre l'empire allemand. Libéré pour aller faire ses adieux à sa famille, il a eu l'occasion de s'évader mais a tenu à mourir au nom du peuple. Pendant le procès déjà, il avait décliné l'offre financière que lui avait faite l'administration allemande pour renoncer à son combat. Mais il était resté téméraire. " Restez unis et solidaires, c'est le moyen de triompher de vos ennemis. " Telle était la dernière confidence à la veille de sa pendaison.

 

C'est ainsi que, le 8 août 1914, celui qui conduit la première résistance nationaliste et tous ses alliés sont, soit pendus, soit fusillés par l'administration coloniale allemande qui les a jugés et condamnés pour " haute trahison ". Pendant que Rudolf Duala Manga Bell est pendu à Douala en même temps que son secrétaire et cousin Adolf Ngosso Din, Martin Paul Samba est fusillé à Ebolowa, Madolla à Kribi, les lamibé de Kalfu et de Mindif subissent le même sort. Il en est de même pour cinq dignitaires du lamidat de Maroua.

 

M.N.N.

Le Messager du 22 Août 2007

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