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Manoka, le minimum vital fait défaut

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Elections 22 juillet

 

Les populations crient leur exaspération, au regard des conditions de vie dans cet arrondissement.

 

Dans l’arrondissement de Douala VIè, ancien arrondissement de Manoka, composés de 49 îlots ou campements de pêcheurs, les Camerounais ont été recensés sur une douzaine de campements. Pour un total de 3 500 électeurs inscrits. Les 37.000 habitants crient leur ras-le-bol. “ Nous sommes dans un arrondissement de misère, abandonné à son propre sort. Le régime en place ne fait rien pour améliorer nos conditions. On dirait que nous ne sommes pas un territoire camerounais ”, lance Toko, une élite. Les populations vivant essentiellement de la pêche se sont installées au bord de la mer, dans des cabanes sur pilotis pour la plupart. Ce qui n’est pas pour améliorer leurs conditions de vie. “ Lorsque les pluies sont fortes, c’est l’inondation et les populations sont contraintes d’abandonner leurs habitations pour se réfugier plus en profondeur, au plateau ”, lance Dieudonné Moulel.

Pour résoudre ce réel problème, les populations demandent l’ouverture de certaines criques fermées par l’envahissement de la mangrove. Ce qui bloque la circulation des eaux. Mais, il y a prioritairement la construction d’une plate-forme qui devrait entraîner automatiquement le dragage des bords de ces îlots et la construction des débarcadères. Sur le plan environnemental, les récriminations sonnent comme une alerte. “Cette destruction sauvage de la mangrove par les coupeurs de bois de chauffage qui le commercialisent à Douala, est une menace énorme pour la mangrove et l’avenir des différents îlots ”, affirme Ange Eyoum. Et “ si rien n’était fait, les campements de pêcheurs vont disparaître ”, précise-t-il.

 

Bétail électoral

Outre un milieu de vie difficile, les conditions de vie en elles-mêmes sont les plus exécrables. Pas d’eau potable, pas d’électrification, pas d’établissements scolaires, pas de structures sanitaires. “ L’unique maire Rdpc, Ernest Edimo qu’a connu cette mairie depuis sa création en 1996 n’a rien fait malgré près de 200 millions Fcfa qu’il consomme dans son compte administratif chaque année ”, lance un conseiller municipal. Il va par la suite déplorer que “ la hiérarchie du Rdpc ait usé des manœuvres mafieuses pour empêcher une liste concurrente de se mettre en compétition pour apporter le changement tant souhaité par les populations. ”

Pour matérialiser ce peu de considération accordée à cet arrondissement, les populations font remarquer que les hommes politiques les ont réduits en bétail électoral. “ On ne voit les hommes politiques que pour venir solliciter nos suffrages avec des promesses fallacieuses. Après, on ne les revoit que cinq ans plus tard. C’était le cas de la député sortante Mme Armande Din Bell ”, indique Mlle Lollo. “ Pis encore, pour les législatives du 22 juillet, les différents partis ne nous réservent qu’une portion congrue sur leurs listes. Nous n’avons aucun candidat titulaire aux législatives. Seuls le Rdpc nous offre une piteuse place de suppléant. Même si nous sommes passés de premier à troisième suppléant ”, fait remarquer Edimé.

Mardi dernier, Jean-Jacques Ekindi, tête de liste du Mouvement progressiste pour les législatives et les candidats du Parti républicain du Cameroun (Repac) conduit par Mme Rameline Kamga sont allés à la rencontre des populations du chef-lieu de Manoka pour tirer profit de ce dépit. Le chasseur du lion les a invités à sanctionner le Rdpc qui ne leur a rien donné depuis belle lurette. Et la présidente du Repac a été plus concrète, elle en a profité pour installer au pied levé une antenne du Cameroon Association of Women Entrepreneur (Cawe) à travers laquelle elle s’est engagée à remettre dans un mois, élue ou non, un fonds de micro-projets d’un montant de deux millions de francs et dix pirogues à moteurs pour soutenir la jeunesse désœuvrée à l’activité de la pêche.

 

 

 

Par Mathieu Nathanaël NJOG à Manoka

Le 20-07-2007

 

 

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