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Revendications Révendications sociales
La société d’exploitation forestière et de transformation de bois accusée de limogeage abusif.
Depuis 2003, neuf ex-employés de la société Placam croupissent dans la misère après un licenciement abusif. Les dirigeants refusent de payer leurs droits, malgré des décisions de justice. Leur malheur est celui d’avoir, d’une part cédé à la demande du délégué provincial du travail de l’époque de désigner des délégués du personnel ; et d’autre part d’avoir, en plus d’une assignation judiciaire en matière sociale, engagé une autre procédure judiciaire au pénal. La citation directe dénonce : “ les conditions de travail proches de l’esclavage, les employés n’étaient pas affiliés à la Cnps alors que des prélèvements sont faits sur les salaires à titre de pension vieillesse. Les conventions collectives dans le domaine des sociétés d’exploitation forestières ne sont pas respectées. ”
La plainte des neuf contre la société Placam et ses cadres, pour diffamation, déclaration mensongère, harcèlement et entrave à l’exercice de délégué du personnel débouche, le 31 janvier 2005, sur une condamnation de Guy Georges Piatchou, directeur financier et Jean-Paul Mbende, responsable du personnel reconnus coupables de dénonciations calomnieuses à l’égard des neuf employés licenciés, et “ les condamne à six d’emprisonnement avec sursis pendant trois ans et à 200.000 Fcfa d’amende ferme chacun. En répression, Cézar Zangheri et Paolo Zangheri ont été condamnés à 200.000 Fcfa d’amende ferme chacun. Et condamne les prévenus à payer à chacune des parties civiles la somme de 1,5 millions Fcfa pour préjudice matériel et 500.000 Fcfa pour préjudice moral. ” Les condamnés disent avoir fait appel. “ Il faut attendre la fin de toutes les procédures judiciaires en instance pour voir si on peut les payer leurs droits ”, justifie Guy Georges Piatchou, directeur financier de Placam.
Les faits
En début du mois d’août 2003, le véhicule de transport du personnel s’embourbe à la suite des inondations au niveau de l’ancien pont Joss. La direction de la société décide de supprimer le point de ramassage du personnel du Rond-point Deido. La décision pénalise deux tiers du personnel et suscite un mouvement d’humeur. L’ex-délégué provincial du travail, de l’emploi et de la prévoyance sociale, Rigobert Akolla Ekah saisi, fait une descente sur les lieux. Il constate que depuis la création en 1999 de la Placam, une société de près de 400 employés (et à ce jour près de 600 employés) n’a pas de délégué du personnel. Ne pouvant avoir tous les employés pour interlocuteurs, il leur recommande, malgré le dépassement du délai des élections en la matière et l’absence du directeur général en congés en Italie, de désigner les représentants du personnel par service. “ Ce qui a été fait, suscitant des mécontentements de la part de certains responsables qui n’ont pas hésité de les calomnier auprès du directeur général tout en lui indiquant que les neuf incriminés constituent un danger ”, indique Jean-René Moukouelle Essaka, porte-parole. Mais pour Jean Paul Mbende, responsable du personnel, “ il n’y a pas eu élections du personnel auquel cas qu’ils présentent le procès verbal des élections. Il était question d’attendre le retour du directeur général ”.
Il s’en suit alors une lettre de menace de destruction de l’entreprise et de grève, avec au bas, les noms de neuf des quatorze délégués du personnel incriminés. Cela leur vaut une plainte à la police judiciaire. Pendant que l’enquête est ouverte, ils reçoivent tous, la suspension de contrat de travail sans motif. “ Nous suspendons à compter de ce jour, votre contrat de travail avec la société Placam, suite à une interpellation à la police judiciaire, pour une affaire vous concernant ” (sic), indique la lettre de rupture de contrat. Or, les enquêtes à la police judiciaires vont les disculper “ Il ne m’a pas été possible d’établir la responsabilité des mis en cause car les dites correspondances ne portent aucune signature ”, conclut Tabi Zaccheus Orock, commissaire divisionnaire. La procédure judiciaire entamée pour menace sous condition contre les neuf, débouche sur une relaxe pour faits non établis.
Par Mathieu Nathanaël NJOG
Le 18-07-2007