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Les jeunes de Loum embarrassent Inoni Ephraïm

Revendication

 

De retour de l’inauguration de la route Melong-Dschang, une horde de femmes a forcé le Premier ministre à faire un détour dans la ville.

 

Jeudi 14 juin 2007, un groupe de femmes mobilisées depuis l’après-midi investissent discrètement les abords de la nationale Douala-Bafoussam au niveau de Ngomekek à Loum. Elles attendent impatiemment le cortège du Premier ministre, Inoni Ephraïm, de retour de l’inauguration de la route Melong-Dschang. Lorsqu’il se pointe aux environs de 18h30mn, ces femmes, déterminées dans un combat commun de faire entendre la voix des populations de cette bourgade, surgissent et font pratiquement barrage au passage du cortège. Sans coup férir, le chef du gouvernement concède de faire escale dans la ville de Loum. Une ville délabrée.

C’est la première visite d’un Premier ministre depuis l’indépendance du pays. “ Cet arrêt a pris tout le monde au dépourvu ”, indique Joe La Conscience. D’autant plus que les populations et les autorités administratives n’ont pas cru à la réussite de ce mouvement. Conséquence, les populations n’ont pas été suffisamment mobilisées, même les militants du Rdpc n’ont pas eu le temps de mettre en place le folklore habituel. “ On se souvient que les visites des préfets et des ministres entraînent la fermeture quasi-totale des commerces ”, rappelle Joe La Conscience.

C’est dans une improvisation sans précédente que Inoni Ephraïm et sa suite ont pris place à la tribune officielle de la place des fêtes. Ses proches ont ignoré le protocole local pour déployer leur propre tapis rouge ainsi que le fauteuil du Pm. A la grande surprise de l’assistance. Geste que les populations ont assimilé à une méfiance des attaques mystiques. C’est alors que le bal des allocutions improvisées a été entamé. Gilbert Ngoungue, conseiller technique au Premier ministère, fils de Loum et à qui certaines langues attribuent aussi cette escale, s’est chargé de prendre la parole pour le traditionnel mot de bienvenu. Il a été suivi par Simon Ngamoudji, président de la section Rdpc de Loum qui s’est lancé dans une apologie de campagne électorale. Versant dans les promesses fallacieuses de victoires de son parti lors des élections jumelées du 22 juillet 2007. Pourtant le Rdpc est mis sous le boisseau depuis le retour aux élections pluralistes de 1992. Son argumentaire s’appuyait sur la victoire du candidat Paul Biya aux élections présidentielles de 2004.

 

Inoni Ephraïm scandalisé

Lorsque vint le tour du Premier ministre de prendre la parole, il va d’emblée tenir à marquer sa rupture avec son précédent orateur. “ Chères populations, je ne suis pas venu en campagne électorale, car celle-ci n’a pas encore commencé ”, a-t-il précisé. Et pour ramer dans la même direction que la jeunesse mobilisée avec des pancartes. On pouvait y lire : “ Nous voulons le bitumage de nos routes... Nous voulons un lycée technique…Nous voulons une baisse de la tva sur les intrants agricoles… ”. Inoni Ephraïm n’est pas resté pas indifférent à tous ces messages. “ Sachez que je suis content d’être venu aujourd’hui à Loum. Je suis venu, j’ai vu, et c’est grave. Je ne vous fais pas de promesses. Mais je peux vous assurer que la ville de Loum figure désormais dans priorités ”, a-t-il pris solennellement l’engagement. Et au finish, la jeunesse apolitique mobilisée par Joe La Conscience, le musicien des causes perdues, a brûlé la politesse au protocole pour remettre “ Le mémorandum de la jeunesse citoyenne de Loum ” signé des jeunes de la ville.

Malheureusement, alors que tout le monde saluait cette initiative qui a eu le mérite de donner espoir pour des jours meilleurs à une ville qui ne savait plus comment faire pour sortir de cette déliquescence, André Sabo, un militant du parti au pouvoir, s’est jeté sur ces jeunes essayant de détruire leurs pancartes. Il y a eu plus de peur que de mal. L’incident a été de faible amplitude. Le Premier ministre a tranché en recevant ce groupe de jeunes porteurs du mémorandum.

 

 

 

Par Mathieu Nathanaël NJOG

Le 20-06-2007

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