Elections
L’Eglise catholique forme ses observateurs.
En prélude aux élections législatives et municipales à venir la commission Justice et paix de l’épiscopat se prépare.
Le corps électoral n’est pas encore convoqué. Mais tous les signaux laissent entrevoir que c’est pour bientôt. Et déjà, c’est la fébrilité dans les partis politiques, et les organisations non gouvernementales. L’une des missions des Ong c’est de promouvoir la transparence et la démocratie. La commission nationale épiscopale Justice et paix est l’une d’elles. Depuis lundi 2 avril 2007, elle organise dans la ville de Limbe une session de formation des formateurs des observateurs chrétiens des élections.
La cérémonie d’ouverture a été rehaussée par la présence de l’évêque de Buea, Mgr Emmanuel Wushu. Les participants issus de cinq provinces ecclésiastiques du Cameroun, bénéficie d’une formation sur les généralités concernant l’observation des élections. Les participants seront évalués entre autres sur les normes africaines des élections législatives et municipales, les techniques de l’observation électorale, les textes régissant les élections législatives et municipales, le code éthique de l’observation électorale, les électeurs et le sens du vote.
Le séminaire est dirigé par M. Pierre Titi Nwel. “ Il a été conçu sur l’observation électorale et l’éducation à la citoyenneté ”, précise le coordonnateur Pierre Titi Nwel. Les participants auront la charge d’aller former d’autres personnes dans leur province ecclésiastique respective. Les observateurs issus de ce réseau auront la capacité, sur le terrain, d’apprécier et de rendre compte des cas d’irrégularité.
Pour la commission épiscopale Justice et paix, il ne fait aucun doute que le problème des élections au Cameroun repose sur les inscriptions sur les listes électorales. La commission Justice et paix dit avoir fait des propositions au gouvernement pour assurer la crédibilité des élections et garantir leur succès. L’une d’elles était de rendre obligatoire l’inscription sur les listes électorales pour tous les citoyens en âge de voter afin de garantir une participation massive. Elle s’indigne de ce que ses propositions n’ont pas été prises en compte. Elle fait par ailleurs remarquer que plusieurs personnes n’ignorent tout de la loi qui régit les élections au Cameroun.
La commission Justice et paix dans un deuxième volet de formation entend mettre un axe sur l’éducation citoyenne. Dans le but d’apprendre aux gens qu’est-ce que c’est que le principe de la démocratie et l’importance de s’inscrire et de voter le jour du scrutin. Les organisateurs de ladite session sont conscients que la sensibilisation pour l’inscription sur les listes électorales ne suffit pas pour garantir un processus électoral transparent. “ Maintenant, on dit aux gens de voter? mais pourquoi doivent-ils voter ? Si le gouvernement ne s’en préoccupe pas et ne met pas la pression pour atteindre cet objet, il ne faudrait pas qu’elle s’étonne du désintérêt de populations ”, fait remarquer M. Titi Nwel.
Au bout du compte, la commission Justice et paix entend donner au sortir de ce séminaire des rudiments aux participants sur la manière d’observer les élections.
Par Mathieu Nathanaël NJOG
Le 04-04-2007