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La vie c'est savoir partager, j'essaie de partager avec vous ce que je sais mieux faire. Ma passion, le journalisme. J'attends vos commentaires pour annimer cet espace d'échanges et d'informations. Je ferai des efforts pour l'améliorer au jour le jour. Votre motivation sera mon leitmotiv

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«Il faut qu’on se focalise plus sur ce qui nous unis que ce qui nous divise»

«Il faut qu’on se focalise plus sur ce qui nous unis que ce qui nous divise»
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Interview - Roland Kwemain

Agé de 46 ans, ce père de trois enfants réside dans la ville de Buea dans l’une des régions anglophones du Cameroun. Ancien directeur de la compagnie Air Afrique à 22 ans. En 2010, il est le premier Africain président mondial de la Jeune Chambre International. Expert en RSE et promoteur d’entreprises et membres des organisations professionnelles. Il est en ce moment PCA de Go Ahead Africa Ltd, un cabinet de formation  en leadership et management et d’une microfinance à Buea. 

 

1- Il est de notoriété publique que vous êtes de multiethnique et multilingue. Certes francophone à l’origine, vous avez fait vos études dans le système anglophone. Quelle a pu être votre motivation?

Vous me donnez l’opportunité de remercier mes parents qui m’ont offert l’opportunité d’avoir une éducation scolaire  bilingue. Il faut avouer que j’ai une bonne partie de mon enseignement primaire à Mutenguene. C’est une ville carrefour dans le département du FaKo. Mon papa étant, instructeur au centre d’instruction et d’application de la police à Mutengene de ses études. Après mon CEPE à l’Ecole francophone de Mutenguuene, je suis entré au lycée bilingue de Buea. Je pense que c’est de là que la pertinence, l’importance et surtout les perspectives de ce type d’études ont été perceptible. C’est ainsi qu’après trois ans d’étude au Lycée Bilingue de Buea j’obtiens mon BEPC, je suis allé faire le cycle secondaire au Lycée technique de Koumassi à Douala. Je dirai que oui que cette multiculturalité d’un enfant qui a  grandi à Mutenguene dans un environnement anglo-saxonne et va par la suite au lycée bilingue faire des études bilingues m’as beaucoup apporté. Il faut aussi rappeler que ma maman, certes originaire de l’Ouest est de culture anglophone pour être née à Tiko, y avoir vécu et grandi, nous a beaucoup aidé dans notre intégration. Je dirai que c’était une vision de mes parents et de mon papa surtout qui avait compris plus tôt que l’avenir devrait se jouer avec les enfants qui parlent facilement français et anglais. Je remercie mon papa

 

2-Par la suite, comment avez-vous compris le concept d'unité nationale?

Je crois beaucoup à la plus part d’union qui encourage l’union, l’esprit d’équipe et de collaboration. A l’instar de celle qui dit : « seul on va vite ensemble, on va loin ». L’objectif de notre pays, de notre continent et même de l’humanité c’est d’aller loin. Et si on veut aller loin, on doit développer l’esprit de coopération ? C’est dire si je suis très convaincu que c’est dans un Cameroun uni, où on respecte aussi les diversités, où on valorise les différences, on sera très forts. Personnellement, depuis 19 ans je me suis installé à Buea, J’ai été très bien accueilli par ce peuple Bakweri et par les anglophone, je suis convaincu que c’est en respectant les traditions des autres, la différence des autres, c’est en étant fier de qui nous sommes et en mettant en commun nos talents nos compétences, nos identités, et l’aspect unique de nos cultures que nous irons très loin. Il faut qu’on se focalise plus sur ce qui nous unis que ce qui nous divise. Ce qui nous unit est très fort. Je suis un adepte voire un apôtre de l’union dans le respect des unions et des diversités.

 

3-En avez-vous eu conviction? Autrement dit avez-vous été convaincu que c'est dans un Cameroun uni que le développement de ce pays devait et pouvait se construire?

(RAS déjà répondu ailleurs. Eviter la redondance)

 

 

4-La crise qui secoue les régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest a-t-elle suscité un doute en vous? Ou alors elle vous renforce à l'idée que les Camerounais sont appelés à être à jamais à être unis?

Pour être très sincère, il faut dire que cette crise, déjà, on ne l’a pas vu venir, on l’a banalisé, on l’a simplifié évidemment par toutes les partie prenantes. Aujourd’hui je pense que la situation est très tendue, c’est pourquoi très humblement j’ai pris sur moi en tant que président de l’Association des Hommes capés du Cameroun qui est une association apostolique très engagée au niveau de l’église catholique du Cameroun de pouvoir poursuivre le dialogue. C’est dans le dialogue et rien que le dialogue et la justice sociale qu’on peut aboutir à une paix durable. Cela n’a pas bougé mes convictions sur la force d’un pays uni, mais cela a suscité des craintes et j’ai peur que les ennemis ou les adeptes de la division, la haine, la guerre et l’extrémisme puissent l’emporter. Vivement que le dialogue continue à s’établir au-delà des divergences sur la forme de la République, le mal être, la frustration des uns et des autres qu’on puisse trouver une plate-forme de conversations. Je suis sûr que tous ces enfants du Nord, Sud, de l’Est à l’Ouest, anglophones et francophone sont conscients des enjeux et en réalité veulent tout simplement le bonheur de tous. Il est important qu’au niveau de la démarche et de la stratégie qu’on puisse s’harmoniser. Il est aussi important que les hommes d’église puissent jouer un rôle important au niveau de la médiation. Car cela va faire depuis la fin du premier trimestre que nos enfants ne vont pas à l’école. C’est très difficile. Nous souhaitons de tous nos vœux que toutes les parties prenantes reviennent à la raison afin que le dialogue puisse primer. Parce que je suis convaincu que la paix est possible, mais la paix a pour condition sine qua non aussi la justice sociale.

 

5-Vous arrive-t-il de vous sentir exclus quelque part dans ce pays? Avez-vous jamais été rejeté?

Je dois m’estimer très heureux parce que je n’ai jamais eu le sentiment d’être exclu. Je crois avoir fait les dix régions et plus de trente de départements. En réalité je me sens bien partout. L’un de mes premiers projets était d’installer les centres multimédias dans les établissements scolaires au Cameroun. Nous avions bénéficié pour cela du partenariat de la Fondation MTN. Cela nous a permis de voyager énormément à travers le territoire national. Et en tant que président national de la Jeune Chambre International au Cameroun en 2006, cela m’a offert des opportunités de voyager dans presque l’ensemble du pays pour rencontrer les jeunes, les former, les encourager à être des citoyens actifs et à contribuer au développer de leur communauté et ensuite à s’engager à servir leur pays. Pendant tout ce périple j’ai toujours senti que j’étais partout chez moi.

 

6-Votre Culture anglaise vous a-t-elle profité de manière particulière? Comment?

Je pense que mon bilinguisme a été un atout au niveau de ma carrière internationale, notamment à la présidence de la Jeune Chambre Internationale où en ayant fait soixante-dix pays je vais me rendre compte l’anglais sera la langue la plus utilisée. Cela me permettra d’être efficace et d’être à l’aise.  C’est un élément très puissant d’un leadership: la confiance en soi. De même cela  a été aussi un plus dans les pays francophone parce que je me suis rendu compte que je n’avais pas besoin d’un traducteur. Je dirai même que le bilinguisme du Cameroun est une bénédiction et non une malédiction. Autant que les jeunes puissent capitaliser sur ce cadeau divin. Chaque Camerounais qui aura l’opportunité de  participer à une conférence internationale verra que nous sommes le centre des attentions. Nos frères d’Afrique de l’Ouest et de viendront vers nous pour demander de l’aide dans la traduction parce que nous avons la faculté de pouvoir nous exprimer en français et anglais. Sincèrement pour ceux qui n’ont pas compris les enjeux, il ne se fait pas tard. Mettons-nous à niveau, le gouvernement a beaucoup investi dans les centre linguistique pilote que je pense la nouvelle génération qui aspire à servir sur le plan national et international puisse sincèrement être bilingue. Le bilinguisme est un pilier sur lequel on pourra bâtir je pense la modernité et la prospérité de notre pays et surtout cet esprit du vivre ensemble.

Entretien réalisé par Mathieu Nathanaël NJOG

 

 

 

 

 

 

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