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6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 15:41

Perspective – Hausse du prix de carburant            

La population camerounaise résidant en particulier dans la capitale économique est inquiète depuis quelques jours. Celle-ci appréhende les difficultés auxquelles elle pourra faire face en cas d’une éventuelle augmentation du prix du carburant.

 

Le gouvernement camerounais sous pression du Fond monétaire international (Fmi) et de la Banque mondiale envisage de revoir d’ici le mois d’août 2012, à la hausse le prix à la pompe du carburant. Des campagnes de sensibilisation sont en cours pour préparer l’opinion à l’ingurgitation de cette pilule qui s’annonce amère pour les habitants du Cameroun en général et de la métropole économique en particulier, vivant voilà bien des années dans une pauvreté extrême. Pour les dieux de la nation (ministère des finances et structures en charge des produits pétroliers), la probable hausse du prix du carburant pourrait s’expliquer par les coûts élevés des subventions que l’Etat n’arrive plus à supporter. Un motif jugé superficiel par les conducteurs de taxis et bus, élèves, travailleurs, fonctionnaires, commerçants, etc. « Je n’arrive pas à comprendre que l’on soit dans le septennat des grandes réalisations mais que concrètement cela n’est pas ressenti par le bas peuple. La vie continue à être chère, les produits ne cessent de connaître une inflation et voilà qu’on annonce pour les tous prochains jours la hausse du prix du carburant qui va sans aucun doute entraîner l’augmentation du prix de transport », s’offusque Marceline, commerçante au Marché Sandaga à Douala.

Cette dernière qui a déjà du mal à rallier son lieu de vente tous les midis parce que vivant au marché Ndogpassi broie du noir. « Je dois débourser chaque jour la somme de 1000Fcfa quittant de mon domicile pour mon espace commercial. Si le prix du carburant augmente, il y a de fortes chances que je dépense désormais 2000 à 2500 Fcfa comme frais de transport », se plaignent la jeune dame ainsi que ses collègues. Ces derniers et autres consommateurs jettent leur dévolu sur le Réseau de consommateurs d’énergie (RAS) ainsi que le Réseau associatif des consommateurs d’énergie (Race), qui ont d’ores et déjà prévenu qu’ils s’opposeront à toute augmentation de prix même si celle-ci s’élève à un centime. Les populations espèrent donc que les responsables desdits mouvements pourront se déployer voire organiser des marches afin d’éviter que cette éventuelle hausse du prix de carburant ne passe de l’illusion au concret. « Ce n’est pas normal que le Président de la République nous plonge dans une galère totale car c’est le bas peuple pauvre qui va être pénalisé dans ses activités quotidiennes. Si le prix du carburant est augmenté, il faut aussi revoir à la hausse le salaire des fonctionnaires qui reste stagnant depuis des dizaines d’années », observe Henri Tabet, vendeur de volailles au marché Madagascar, qui craint par ailleurs un soulèvement des populations comme cela a été le cas en 2008 avec les émeutes dites de la faim.

Par ailleurs, à en croire des informations glanées ci et là, il se susurre que dans le cadre de ses accords signés avec les institutions de Brettons Wood, le Cameroun n’a pas honoré ses engagements de remboursement pour le dernier trimestre. Et la conséquence de ce défaut de paiement est que le gouvernement pourrait péniblement emprunter des devises sur les marchés financiers internationaux. Il risque alors de mettre un frein ou de retarder de l’avancement de nombreux projets structurants engagés dans certaines régions du pays. D’où l’empressement des décideurs camerounais à multiplier des initiatives en vue d’une suppression des subventions sur les produits pétroliers.

Linda Mbiapa

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Published by Njognath - dans Economie
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