Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 15:34

Affaire d’Etat – faux et usage de faux   

Depuis la mise en détention provisoire de la deuxième épouse de l’ancien ministre de la communication, Françoise Kontchou Kouomegni, le maire de Massok-Songloulou, et six de leurs complices, les dédales de cette scabreuse affaire ne cessent de réserver des révélations troublantes.  

 

I- Ambiance de prison

La prison centrale de Douala connait une nouvelle effervescence avec la réception dans la nuit de lundi 23 juillet 2012 de deux importantes personnalités et de leurs plus ou moins complices. Il y a d’abord eu une tentative d’évasion qui a fait un mort et plusieurs blessés, ce qui a donné des sueurs froides aux grosses légumes qui y sont en détention. Surtout que dans les familles des célèbres pensionnaires de cette cité universitaire de New-Bell, il se susurre qu’on pourrait leur supprimer la vie en cas d’émeute et mettre cela sous le coup d’une bavure. Si les détenus Vip de la cellule spéciale 18 se sont déjà accommodés, du moins pour la plupart, il ne fait pas de doute que les nouveaux pensionnaires ont encore tout le mal de prendre la pleine mesure de leur détention. Du moins pour Mme Kontchou Kouomengni, née Puene Françoise, ancienne employée du Port autonome de Douala sous l’aire Siyam Siwé. Car depuis qu’elle est dans le camp des femmes du pénitencier de New-Bell, elle est inconsolable, malgré le meilleur accueil que lui a réservé le mini-gouvernement qui y est constitué. Conséquence, elle a déjà fait deux crises qui ont suscité l’intervention d’urgence du service médical de cette prison. Pendant ce temps, Paul Hiol, le maire de Massok Songloulou, un ancien pensionnaire de cet internat, continue d’être maintenu en observation à l’infirmerie depuis leur mise sous mandat de dépôt.

Avant que Mme Kontchou Kouomegni née Puene Françoise, Paul Hiol et Pierre Mbianda ne soient transférés de toute urgence et dans la plus grande discrétion de Yaoundé pour Douala, dans l’après-midi  du 23 juillet 2012, les fins limiers qui avaient mis le grappin sur certains de leurs complices. Ainsi, étaient déjà déférés dans le cadre de la même affaire les sieurs Amadou Tanko, (le fils de son père), Diffo Kamga, Eugène Ymelé  et Théophile Nathan Kona les avaient précédés des jours plus tôt pour le délit de faux usage de faux en écriture publique. Ce sont les dépositions de ces derniers qui ont décidé les fins limiers d’interpeller les trois personnes au cœur de cette scabreuse affaire dans laquelle, un membre du gouvernement est très impliqué et dont on dit que le réseau est solidement établi dans les milieux Bamiléké de Yaoundé et Douala où on cite des officiers supérieurs de l’armée qui protègent ce réseau de trafic d’influence et de faux et usage de faux en écriture en utilisant les armoiries de l’Etat, et des opérateurs économiques qui auraient bénéficié de ce faux pour dédouaner des marchandises. La liste est entrain d’être reconstituée pour qu’ils déposent tout d’abord comme témoin et il n’est pas exclu des interpellations, nous confie-t-on en haut lieu.

 

II- Un secrétaire d’Etat dans le viseur

Pour comprendre le rôle jouer par toutes les parties jusqu’ici interpellées et même celles qui sont encore en liberté, il faut remonter à un partenariat que Paul Hiol, Businessman au propre comme au figuré, signe avec les chinois pour exploiter des terres agraires dans la région du Sud. Les partenaires chinois ont un apport financier et matériel. C’est ainsi qu’il alloue une vingtaine de tracteurs pour une agriculture mécanisée de grande échelle. Paul Hiol a pour apport de les dédouaner. La taxe douanière est si forte que Paul Hiol n’y parvient pas. Les engins mettent plus de temps que prévu au parking. Et devraient normalement être vendus aux enchères. Curieusement ce ne sera pas le cas. Toutefois, les pénalités de stationnement sont portées à 100% et ajoutées à la cérétarie, il est réclamé une bagatelle sommes de 470 millions Fcfa. Si on y met en plus la taxe douanière, Hiol devra débourser près de 800 millions Fcfa. C’est alors qu’il fait la connaissance du transitaire, Pierre Mbianda. Ce dernier dit travailler pour une société de transit très cotée appartenant à une femme d’affaire puissante doublée de son statut d’être l’épouse de Kontchou Kouomegni. Une garantie suffisante.

C’est alors que Mme Françoise Kontchou Koumegni entre en scène et va lui réclamer la rondelette somme de 100 millions Fcfa pour dédouaner ses tracteurs. Les deux parties s’accordent sur une avance de 30 millions Fcfa. Le calcul est vite fait, et gagne fait au change une économie de plus de 700 millions Fcfa qu’il peut réclamer à se partenaires ou faire valoir pour gonfler ses parts d’actions. C’est alors qu’il lui demande par ailleurs d’obtenir des autorités chinoises une lettre adressée au ministre des Transports lui demandant d’intercéder auprès du  Ministère des Finances et de la Direction des Douanes afin de bénéficier une exonération. Car les machines sont destinées à la création d’une usine de transformation  locale du bois et va générer près de 1000 emplois. Curieusement sans vérifier l’authenticité de la lettre et sans que le dossier lui soit coté, Mefiré Oumarou, Secrétaire général du ministère des Transports se saisit du dossier et satisfait à la doléance du vrai-faux gouvernement chinois. Certainement qu’elle va jouer sur leur proximité du temps où il était à la Cncc et elle au Pad pour le faire fléchir. En dépit de cela, la procédure de dédouanement ne prospère pas. C’est alors qu’entre en scène, Tankou Amadou Fils et son artillerie. Leur mission est de produire les lettres avec entête, sceaux de la République et signature du Secrétaire général du président de la République donnant ordre au Minfi d’accorder les exonérations.

Lorsque le pot au rose est découvert alors que Mme Kontchou est parvenu, dédouaner les engins et les livre à Paul Hiol, elle va nier tout en bloc. N’ayant pas de preuve matérielle pour la mettre aux arrêts, Paul Hiol étant devenu entre temps introuvable. Seulement, les fins  limiers de la police judiciaire vont retrouver un chèque de 30 millions Fcfa que lui a remis Paul Hiol  et une décharge de 30 millions Fcfa en espèces sonnantes et trébuchantes que son frère cadet a déchargé dans les services de la société de Tp du Maire de Massok Songloulou. A nouveau convoqué pour répondre de cette transaction, elle affirmera que c’est une vieille dette que Paul Hiol  s’acquittait. Ce mensonge ne va pas prospérer lorsqu’indifféremment, le Maire de Massok Songloulou va sortir de sa cavale et sera auditionné. C’est alors que la police décide de mettre aux arrêts les trois piliers de l’affaire, Pierre Mbianda, le pseudo déclarant en douane, Mme Kontckou Kouomegni, née Puene Françoise, Businesswoman,  propriétaire de l’hôtel Franco et d’une société de transit « fictive » et Paul Hiol, opérateur économique et maire de Massok-Songloulou.

 

III- Un couple d’affaire à la réputation controversée

Ces deux opérateurs économiques ont une réputation très alambiquée. Françoise Puene, épouse Kontchou Kouomegni, a une réputation de femme d’affaire courageuse, et à qui on attribue plusieurs coups tordus. Elle a une capacité de nuisance qu’on dit proportionnelle à son entregent dans les hautes sphères de l’armée et de la magistrature où elle compte de solides soutiens. Ce qui fait d’elle aussi une femme craint et respectée dans les milieux Bamiléké où ses victimes sont nombreuses. De sources policières, on affirme qu’elle n’est pas à son premier forfait en utilisant la même méthode d’opération. Certains opérateurs pour la plupart originaire de l’Ouest auraient fait recours à ses services en sachant comment elle procéderait pour leur permettre de dédouaner des marchandises onéreux. Mais elle a aussi la réputation d’être une tombeuse d’hommes. Car, elle serait à son troisième lit. Après avoir été l’épouse du chef Banka-Bafang avec lequel, elle a fait deux enfants, elle s’est mariée avec le député Feutheu le Parisien d’où elle serait partie pour épouser en deuxième noce l’ancien ministre de la communication dont elle porte fièrement le nom.

Paul Hiol, à la différence qu’il est un mâle, a une réputation tout aussi sulfureuse.  Il est un ancien pensionnaire de la prison centrale de Douala pour une affaire d’abus de confiance dans une transaction peu orthodoxe. C’est ainsi qu’on dit de lui qu’il s’était mis en partenariat d’affaire avec des Belges. Après que ses partenaires aient libéré la totalité de leurs apports dans le capital, il aurait détourné le projet pour se l’approprier. Dans les conquêtes, il serait aussi un enjôleur hors pair. Ce qui peut justifier qu’il soit polygame de quatre femmes, parmi lesquels, une magistrate de 4è grade. La dernière noce est encore dit-on toute fraîche.

Enquête menée par André Som (Source Aurore Plus)

Partager cet article

Repost 0
Published by Njognath - dans Société
commenter cet article

commentaires

Dans L'île De Njog

  • : L' île de la tentation de Njognath
  • L' île de la tentation de Njognath
  • : La vie c'est savoir partager, j'essaie de partager avec vous ce que je sais mieux faire. Ma passion, le journalisme. J'attends vos commentaires pour annimer cet espace d'échanges et d'informations. Je ferai des efforts pour l'améliorer au jour le jour. Votre motivation sera mon leitmotiv
  • Contact

Recherche

Archives