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6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 15:53

Désillusion   -  Entre leurres et lueurs           

Cela fera bientôt 20 ans que le ministère de la justice n’a plus organisé un concours à l’endroit des aspirants à la charge de notaire. Une situation qui, pendant qu’elle dessert beaucoup de jeunes clercs, conforte certains notaires dans leur position.

 

Il n’est reconnu le statut de notaire au Cameroun, que celui qui a obtenu une charge par décret présidentiel. En clair,  la  charge de notaire est un décret présidentiel. Au regard des réalités de notre  pays, on pourrait  s’autoriser à déclarer sans ambages que c’est la croix et la bannière pour  ceux qui veulent y accéder. Et le constat n’est pas pour démentir cette assertion. Ils sont plus d’une centaine, toutes générations confondues, qui attendent la charge de notaire depuis 1995. Car, c’est précisément à cette date que le gouvernement a cessé d’organiser les concours y afférents. Les raisons sont aussi cocasses, qu’incongrues. Une situation qui dessert terriblement de nombreux camerounais qui ont toujours caressé le rêve, d’exercer cette profession, pourtant noble.

S’ils ont longtemps gardé le silence, espérant un revirement spontané de leur situation, les aspirants à la charge de notaire, et les premiers clercs ne veulent plus se taire. Même s’ils préfèrent parler sous anonymat. «Trop c’est trop», s’offusque ce clerc la cinquantaine consommée, qui a vu tous ses promotionnaires  accéder à de hautes fonctions dans la République. «Tous mes camarades  de la faculté de droit, sont aujourd’hui, soit inspecteur des  régies financières, sous-préfet d’arrondissements, avocats, magistrats et  la liste ne saurait être exhaustive. Pendant ce temps, j’ai toute les peines du monde à nourrir ma petite famille », poursuit-il. On apprendra qu’il attend la charge depuis bientôt 22 ans. Autre lieu, autre scène. Georgette, mère de famille et aspirante. «Ça fait 10 ans que j’attends qu’on lance le concours des notaires. Je continue à espérer. En réalité, je n’ai pas trop le choix. Je préfère répondre présent à l’Etude de mon parrain tous les matins, au lieu de rester à la maison. Vous savez vous-même comment il est difficile de trouver un emploi au Cameroun, je n’y peux vraiment rien», lâche-t-elle, l’air excédé.

Même son de cloche chez cet autre premier clerc, 55 ans. «Depuis combien d’années, j’attends la charge ? Je ne compte plus. Et je n’espère plus rien. J’attends tranquillement aller à la retraite. Et je ne suis pas loin de l’âge de la retraite », avoue-t-il pince sans rire. Beaucoup de premiers clercs comme lui, attendent le fameux sésame, le précieux concours qui permettra aux chefs de l’Etat de leur attribuer une charge de notaire, malgré que l’âge de la retraite se fasse menaçant. C’est donc, dans un contexte de frustration permanent, que vivent la plupart des ces aspirants et premiers clercs en attente de charge. Malgré les investigations menées de part et d’autre, autant il est difficile à ce jour, de comprendre les raisons du refus des pouvoirs publics de lancer ledit concours, autant il est mal aisé de  faire une lecture exacte de l’inertie de la Chambre des notaires.  Conséquence les clercs sont obligés de trouver des moyens pas très orthodoxes pour arrondir les fins du mois. La plupart interceptent les dossiers dans les études et arborent plus les statuts d’agent immobiliers que celui de clercs. Même si les notaires disent mieux les payer que les avocats stagiaires qui sont pour la plupart abandonnés à eux-mêmes.

Interrogés sur ce dérèglement, qui paralyse la profession depuis peu, les notaires rejettent en bloc la responsabilité sur le ministre de la justice garde des sceaux. D’après eux,  le lancement du concours de notaire, relève de la responsabilité exclusive du gouvernement. Une source du ministère de la justice reconnait leur manquement. Prétextant que  l’Etat n’aurait pas assez de moyens pour financer un tel concours, nous apprend-on. Autrement dit, aucune ligne du budget alloué au ministère de la justice n’est destinée pour l’organisation du concours d’accession à la charge de notaire. Toutefois, une confidence des notaires qu’on accuse par ailleurs d’être de connivence avec la tutelle pour bloquer l’organisation de cet examen révèle que l’Ordre des Notaires a débloqué, depuis 10 ans un montant de 10 millions Fcfa pour permettre au ministère de la justice d’organiser cet examen. Curieusement rien n’y a été fait. Et depuis lors c’est une nébuleuse sur la destination prises par cet argent.

Flore Honga

 

Encadré

A qui la faute ?

Avec des arguments aussi frileux, Il apparait à l’évidence, que l’administration à intentionnellement vicié ce concours. Mais pour quelle raison ? Mystère et boule de neige. L’inertie de la Chambre des Notaires face à cet état de chose criarde laisse peser sur elle des soupçons de complicité. Puisque les notaires sont accusés de tirer avantage de cette situation. A l’instar des notaires atteints par l’âge de la retraite et qui continuent toujours à exercer, en dépit de la loi qui met l’âge de la retraite à 60 ans.  Pis encore, il est reconnu  que certaines charges sont vacantes. Sans oublier les charges en liquidations, dues au décès de  quelques notaires. Faudrait-il attendre que tous les notaires en exercice soient frappés par la «retraite» où décèdent, pour que  le Gouvernement daigne se pencher sur cet épineux problème ? Autant d’incongruités que continuent de  subir en silence les  premiers clercs en attente de charge, et les aspirants à la charge de notaire.

 

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Published by Njognath - dans Société
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