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6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 14:37

Tribunal - Affaire Albatros    

Après 30 minutes de débats, consacré essentiellement à la communication de la liste des avocats et des témoins, l’audience a été renvoyée au 24 juillet prochain à 11 heures pour permettre aux conseils des accusés de prendre connaissance du dossier.

 

L’enceinte de la cour d’appel du centre s’est avérée exiguë  pour contenir l’immense  foule qui a pris d’assaut  la salle des audiences et la cour intérieure du Tribunal de grande instance du Mfoundi, à l’occasion de la première  comparution de l’ancien  Sgpr  Marafa Hamidou Yaya et celle  de son principal coaccusé  Yves Michel Fotso,  administrateur directeur général de la Cameroon Airlines (Camair) à l’époque des faits. En effet, il était très exactement 12 heures 55 minutes, lorsque la voiture Hiace de couleur blanche  immatriculée 21298175, appartenant au Secrétariat d’Etat à la Défense chargé de la Gendarmerie (Sed)  ayant à son bord les deux accusés, fit son entrée  dans la cour intérieure du palais de justice assailli de badauds.

Aussitôt, escortés par une escouade de gendarmes  fortement armés, les deux protagonistes visiblement détendus ont pris la direction de la salle des audiences sous des applaudissements nourris,  emmêlés par  quelques interpellations : Président ! Laissez-nous voir le président  clament de temps à autre des spectateurs  ostensiblement surexcités, nous attendons la cinquième lettre… lâchent  certains.  Le même scénario se produira  dans le prétoire, où Marafa Hamidou Yaya a presque droit à une « standing ovation ».  Après quelques poignées de mains, accueilli par Me Alice Nkom avec qui il échange pendant un moment, les deux mains dans les poches, c’est un Marafa Hamidou Yaya à la fois  légèrement amaigri  et plus  noirci (teint) que les uns et les autres découvrent.

Arborant des lunettes claires et sanglées dans un smoking sombre assorti d’une cravate  rouge passion  à pois, il fait dos à Yves Michel Fotso en conversation avec  sa nouvelle épouse (métisse italo-camerounaise) qui occupe la première rangée  de bancs. Pire que  son co-inculpé, l’ancien administrateur directeur général de la Camair  est véritablement efflanqué  dans son complet  gris ;  comparativement à Marafa, quelques signes d’inquiétude se lisent sur son visage. Lorsque la collégialité conduite par Gilbert Schlick  fait son entrée dans la salle  des audiences à 12 heures 55, c’est toute l’assistance qui retient son souffle.

Après tout le cérémonial d’usage, les deux coaccusés sont appelés à la barre, survient alors la lecture  solennelle du rôle par le greffier, la voix pleine d’émotion, elle  lit : « Affaire Etat du Cameroun  et ministère public contre Marafa Hamidou Yaya, Fotso Michel Yves, Assene Nkou, Sandjon Géneviève… complicité en coaction de détournement des deniers publics, coaction de détournement des deniers publics ».

S’en suit  donc  la prise de parole du président du tribunal, Gilbert Schlick , qui fixe le cap en demandant la  communication par les uns et les autres de la liste de leurs avocats , et c’est aux conseils de la défense qu’il reviendra de sacrifier à ce rituel en premier,  ensuite, ce sera le tour à l’Etat du Cameroun. Puis après, reprenant la parole, le juge demandera aux uns et autres de communiquer la liste de leurs témoins, sans atermoyer, le parquet remettra illico presto au tribunal  trois listes de 14 témoins. Pour leur  part, les avocats de la défense requerront l’indulgence du tribunal, prenant la parole à cet  effet, Me Monthé (l’ex-bâtonnier) affirmera  que c’est au cours du procès, qu’il leur échoira en tant que défenseurs, de produire la liste de leurs témoins.

 

Schilk rabroue Yves Michel Fotso

Prenant la parole pour la troisième fois, Gilbert Schlick précisera que le tribunal devra arrêter un chronogramme, compte tenu du volume du dossier, «vous aurez jusqu’à mardi prochain pour prendre connaissance du dossier, à partir du mardi d’après les audiences se tiendront tous les jours…», précisera t’il aux parties. Sur le coup, après l’approbation du parquet, ce point de vue sera battu en brèche par les avocats de la défense, en faveur des délais plus longs, l’ex bâtonnier  sollicitera ainsi deux à trois semaines pour s’approprier du dossier. S’exprimant à sa suite, et paraphrasant Montesquieu, le représentant du parquet  indiquera que : «très souvent, l’injustice n’est pas dans le jugement, mais dans les délais» à la suite d’une brève altercation avec Me Monthé, horrifié par la brièveté  des délais, c’est à Gilbert Schlick le maître des cérémonies qu’il est revenu de trancher, très fermement, il maintiendra ses dires : «il n’est pas possible de renvoyer cette affaire au-delà de 08 jours, le 26, ce sera le procès de l’affaire du bébé volé», c’est sur cette décision  du juge, que l’audience a été suspendue, pour le 24 juillet prochain. Juste avant le renvoi sus évoqué, Yves Michel Fotso, a demandé la parole, celle-ci lui  a été  accordée, et  alors qu’il s’évertuait à présenter  des excuses  à la collégialité du fait de ses absences répétées par-devant le juge, Gilbert Schlick la lui a retirée en arguant que le moment n’était pas opportun. Outre la présence du collège des avocats du Sdf à l’audience d’hier, sous la conduite du professeur Kofélé Kalé, le président de la dynamique Albert Dzongang  assistait également aux débats.

Yves Junior Ngangue (Source Aurore Plus)

 

 

 

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Published by Njognath - dans Société
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