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6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 14:11

Travaux publics  - 4e Journées africaines de la Géotechnique                   

La cité balnéaire de Kribi a abrité du 25 au 28 juin 2012 les quatrièmes journées africaines de la géotechnique placé sous le haut patronage du Ministère des Travaux Publics. Le patron de ce département ministériel en a d’ailleurs profité pour s’interroger sur les infrastructures africaines de génie civil du nouveau millénaire.

 

«Pourquoi les immeubles que nous construisons s’écroulent-ils de façon récurrente ? Pourquoi nos chaussées se dégradent-elles si précocement ? Pourquoi nos ponts s’affaissent-ils si rapidement ? ». Ainsi s’interrogeait le Ministre des Travaux Publics (Mintp) en ouvrant le 25 juin dernier à Kribi, les quatrièmes journées africaines de la géotechnique. Assises qui ont réuni  autour du thème « Les infrastructures africaines de génie civil du nouveau millénaire. » Des interrogations qui en appellent d’autres dont les réponses passent par des actions concrètes. Pendant quatre jours ingénieurs, enseignants, chercheurs, étudiants, cadres et managers des laboratoires des travaux publics venus d’Afrique, d’Europe, d’Amérique et d’Asie, des éminences grises de la spécialité ont répondu aux préoccupations du Mintp à travers trois sessions dont les sujets allaient d’innovations spécifiques en matière de techniques routières à matériaux de construction : caractérisation, innovation, maintenance en passant par reconnaissance géotechnique et impact sur les projets.

En effet, à la fin de leurs travaux il est apparu clairement que la porte du salut pour le génie civil africain est la géotechnique. Une science dont l’importance n’est plus à prouver en la matière quand on sait qu’elle englobe l’étude des propriétés mécaniques et physico-chimiques des sols, l’interaction entre les terrains et les ouvrages et l’exécution conforme des ouvrages par rapport aux règles de l’art. Un art qui manifestement est mieux maitrisée par les occidentaux qui ont de sérieuses longueurs d’avance sur les africains. Le constat sautait aux yeux dans les stands d’exposition où les laboratoires et les sociétés de fabrication et de vente du matériel de génie civil étaient pour l’essentiel à capitaux occidentaux. Le contraire aurait plutôt été surprenant dans la mesure où la quasi-totalité des grands chantiers en Afrique était jusqu’à une date très récente réalisés par des entreprises occidentales. Un apanage que les chinois sont venus contester avec leurs cout et délai nettement plus attractifs.

On ne comprend pas pourquoi ce nouveau partenaire privilégié du continent noir en général et du Cameroun en particulier a brillé par son absence à ce grand rendez-vous. Les absents ayant toujours tort certains présents ne se sont pas fait prier pour saboter ce concurrent dont la loyauté a été remise en cause. C’est ainsi que l’expertise chinoise dans le domaine de la géotechnique n’a pas reçu les faveurs de bon nombre d’experts occidentaux indignés de voir les constructions à la chinoise pousser comme des champignons au sud du Sahara. Les chinois qui de par leur culture n’aiment pas se livrer à des joutes oratoires préfèrent par contre parler avec des actes. C’est notamment le cas avec la construction du complexe industrialo portuaire de Kribi que l’empire du milieu poursuit contre vents et marées au grand dam des occidentaux dont les entreprises avaient pourtant réalisées les études géotechniques.

 

Volonté d’inverser l’expansion de la technologie chinoise

Des données auxquelles ne se sont pas totalement fiés les géotechniciens de la China Harbour Engineering Company (Chec) chargé de construire la première phase du projet, qui ont tenu à faire les leurs. Toutefois, dans les deux cas les échantillons prélevés ont été analysés hors du berceau de nos ancêtres. Une situation qui nous emmène à nous demander à quoi sert le laboratoire national de génie civil (Labogenie) qui se définit lui-même comme étant la référence en géotechnique. Une question qui mérite également d’être posée pour l’Ecole nationale supérieure des travaux publics (Enstp) dont les diplômés sont partout sauf là où ils doivent être utilisés. C'est-à-dire sur la route de l’émergence. En effet ces deux structures qui datent du début des années 80 n’ont pratiquement pas d’impact sur les projets structurants en cours de réalisation au Cameroun. La situation n’est guère reluisante dans les autres pays africains obligés chaque fois de faire confiance aux expatriés pour leurs grands chantiers. Une tendance vivement appelée à s’inverser si l’on s’en tient à la forte implication du labogenie, du Comité national des géotechniciens du Cameroun (Cngc), le Comité transnational des géotechniciens d’Afrique (Ctga) et de l’Association des laboratoires de travaux publics d’Afrique (Albtp) dans l’organisation desdites assises.

Des organiseurs qui se sont faits parrainés par la société internationale de mécanique des sols et de la géotechnique (Simsg) dans le but de favoriser un cadre d’échanges d’expérience et de la mutualisation des connaissances. Une démarche que nos gouvernements se doivent d’appuyer jusqu’au bout pour que de retour dans leur pays respectif, les participants puissent améliorer la pratique de cette science où il est clair une fois de plus que l’Afrique est mal partie. Toutefois ce nouveau départ pris à Kribi le 28 juin dernier suscite de nouveaux espoirs qui ne demandent qu’à être entretenus. Un entretien dont le meilleur exemple est justement la chine qui a toujours cru en elle-même au point où aujourd’hui elle tutoie les grandes puissances. Volonté et moyens doivent donc être mis ensemble pour que l’Afrique  arrache son indépendance sur le plan géotechnique ceci au moment où plusieurs de ses pays ont mis le cap sur l’émergence en investissant dans la construction d’infrastructures nécessaires au raffermissement de leur croissance.

 

Damien Tonyè, source Aurore Plus

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Published by Njognath - dans Société
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