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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 18:06

Interview – David Mayebi

 

David Mayebi, le président du Syndicat national des footballeurs camerounais (Synafoc) parle de la reconversion dans le dossier de la Rédaction de Cameroon tribune du lundi 2 avril 2012 sur le sujet : « Footballeurs, la vie après les stades.» L’intégralité.

 

Existe-t-il une vie après le football pour un joueur de football professionnel après sa carrière? En quoi peut consister la reconversion?

Bien sûr, il existe une vie après le football pour un joueur professionnel. Et  généralement les débuts de l'après foot, le jeune retraité les consacre à sa famille, c'est-à-dire, épouse, enfants, parents et parfois aux amis. N'étant plus soumis aux contraintes et exigences du football professionnel, le néo-retraité peut donc enfin se livrer certaines choses qu'il ne pouvait pas faire pendant qu'il était joueur. Comme par exemple, s'accorder de long moments de détente, les voyages et d'autres en profitent parfois pour se marier et faire des enfants etc. Quant à la reconversion elle consiste à changer d'activité  et ceci nécessite une préparation ou si vous préférez une formation. Il faut préciser que cette nouvelle activité peut être parfois liée au football, parfois pas. Je citerai ici, Thomas Nkono, Eugène Ekeke, Jacques Songo'o, Paul Bahoken et Isaac Bassoua qui se sont reconvertis dans le métier d’entraineur. Le Professeur Ama Pierre, qui fait dans la Physiologie du football, Docteur Ngalle Mbonjo dans la médecine. Dans l'administration du football on retrouve, Lea Eyoum Charles, Massing Benjamin, Daihirou Djintouing et Isaac Sinkot. Joseph Antoine Bell devenu consultant dans les médias et la liste est loin d'être exhaustive.

 

La vie après le football est souvent perçue avec beaucoup de crainte par les footballeurs, pourquoi?

Je ne suis pas tout à fait d'accord avec vous, car en bon compétiteur, le footballeur arrivé en fin de carrière, devrait pouvoir s'adapter à sa nouvelle vie comme il le faisait sur les pelouses, face à ses différents adversaires. En plus, la durée moyenne d'une carrière footballistique sans incident est de quinze ans pour les joueurs de champs et un peu plus pour les gardiens de buts, ce qui voudrait dire que le footballeur arrête sa carrière, à un âge relativement jeune et peut donc logiquement entrevoir avec optimisme un avenir dans une autre activité, ce contrairement aux autres professions où la retraite intervient quasiment au crépuscule de la vie. Toutefois, je suis d'accord avec vous qu'il arrive parfois, et ces cas sont de moins en moins nombreux, qu’un footballeur appréhende avec une certaine crainte sa vie après sa carrière. Mais vous conviendrez avec moi que de telles situations sont aussi vécues dans d'autres professions comme la douane, l'armée, la médecine etc. Et ceci n'arrive que lorsque le concerné n'a pas préparé sa retraite. Et justement pour que cela n'arrive plus aux footballeurs, le Synafoc à travers son département Reconversion aide ces derniers à mieux gérer leurs carrières.

 

A quelles difficultés font face les footballeurs durant leur reconversion?

Je dirai que les difficultés rencontrées durant la reconversion sont fonction du niveau atteint dans le football, la durée de la carrière, et parfois le niveau intellectuel. En fait, le footballeur auteur d'une brillante carrière et ayant bien gagné sa vie, rencontre généralement presque pas de difficultés durant sa reconversion. S'il fait face à une difficulté, celle-ci résiderait au niveau du choix de la nouvelle ou des nouvelles activités à mener, car il a l'embarras de choix face à la multitude d'options  qui  s'offrent à lui, ce grâce notamment à son glorieux passé de footballeur et à ses comptes bancaires. Il n'en n'est pas de même pour les footballeurs qui ont eu de courtes ou moins brillantes carrières, ceux-ci n'ont pas beaucoup d'alternatives en termes de choix d'activités. Mais il faut dire que la difficulté vitale dont les footballeurs font face durant leur reconversion s'articule sur deux points, le confort intellectuel et la capacité d'adaptation. Généralement dans la vie, lorsqu’on est un peu intelligent et qu'on s'adapte facilement, on a beaucoup de chances de réussir.

 

Au niveau du syndicat, quelles sont les actions qui sont menées pour faciliter la reconversion et la réinsertion professionnelle des joueurs?

Elles sont nombreuses. Déjà à la création de la défunte Afc , nous avons créé ce que nous avons baptisé, "la semaine du footballeur". Une sorte de plateforme pour sensibiliser les footballeurs à la pratique saine du football et à la reconversion. Sur cette plateforme on retrouvait des médecins, des avocats, des présidents de clubs, des agents de joueurs, des marketistes, des entraineurs, des administrateurs de football, des hommes d'affaires etc. Ce panel entretenait les jeunes joueurs sur la gestion de leurs carrières, tandis que les joueurs presqu'en fin de carrière recevaient des rudiments, afin qu'ils aient une vision plus large de la vie après le football. Ensuite, lorsque nous avons en 2008, construit "la maison du footballeur", notre siège à Yassa, nous avons créé tout un département exclusivement en charge de la reconversion, avec à sa tête un ancien lion indomptable, en la personne de Monsieur Beb Pierre dit "Solo". Nous avons signé une convention avec la fondation Cœur d'Afrique, de Son Excellence Roger Milla, pour la formation des anciens lions indomptables aux métiers d’entraineur, d’administrateur et d'officiel de football. Cette convention a déjà permis d'organiser deux stages d'instructeur Fifa en 2006 et 2010, des séminaires de formation des commissaires de matchs ayant permis à certains anciens footballeurs comme Edmond Enoka, Laurent Njiki et autres de devenir des commissaires de matchs de la Fecafoot, et à d'autres comme François Doumbe Lea, de devenir coordonnateur des matchs à Douala. Cette convention a aussi favorisé la nomination des anciens lions indomptables dans l'encadrement technique de nos différentes sélections nationales.  Nous citerons Ebwelle Bertin, Afaka, Mboyong, Ndip Akem et Meke Meke de regretté mémoire, entre autres. Notre Syndicat a également joué un rôle déterminant dans l'élaboration et la signature de la convention tripartite, Cnps-Minsep- et Fecafoot/Afc, qui permet aujourd'hui aux footballeurs de bénéficier d'une assurance sociale devant leur permettre d'avoir droit à la pension retraite à la fin de leurs carrières respectives. Nous citerons également comme actions par nous menées pour faciliter la reconversion et la réinsertion professionnelle des joueurs, l'adoption du statut juridique du joueur en 1996. Plusieurs autres actions sont en préparation au sein des différents services du Synafoc où travaillent au quotidien une vingtaine  d'employés simultanément à  notre siège à Douala et à Yaoundé où nous disposons depuis janvier 2012 d'une antenne régionale.

 

Réalisé par Steve Libam

Source Synafoc

www.afcamerounais.org

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Published by Njognath - dans Football
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