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6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 13:56

Action - Association des consommateurs                   

Derrière la problématique de l’efficacité des associations de défense des droits des consommateurs au Cameroun, se cache une question : quelle est la représentativité de ces associations ?

 

Très peu de personnes interrogées vous diront qu’elles sont membres de telle ou telle association. En dehors des membres du bureau, peu de Camerounais se reconnaissent dans ces organisations. La plupart étant clandestines. Certaines ont des sièges, d’autres n’en ont pas. Quel crédit leur accorder si en plus, elles n’ont pas pignon sur rue? Et certaines occupent l’actualité avec les griefs qui leur sont faits à tort ou à raison : « Le  clientélisme, le copinage, la compromission avec les milieux d’affaires, le mélange des genres dans l’expression des revendications  des consommateurs, sont autant de griefs portés à tort ou à raison à l’encontre des  consommateurs», reconnait sans complaisance Paul Gérémie Bikidik, Président du Race (Réseau Associatif des Consommateurs de l’Energie). Dans ces conditions favorables à l’anarchie et aux dérives de toutes sortes, comment s’étonner que des pratiques illicites soient monnaie courante ?

C’est pourquoi, à la faveur de la célébration de la journée internationale du consommateur, le 15 mars 2012, trois organisations des consommateurs : le Race (Réseau Associatif des Consommateurs de l’Energie), l’Arvud (Association pour la Recherche et la Vulgarisation du Droit) et la Cnacoc (Chambre Nationale des Consommateurs du Cameroun) ont décidé de saisir l’occasion de cette journée singulière pour relancer le débat sur l’état  du mouvement consumériste national, un an après l’adoption et la promulgation de la loi-cadre N°2011/012 du 06 mai  2011 portant protection du consommateur. Elles ont reconnu que cette indéniable victoire des associations de consommateurs qui marque l’avènement de cette loi, ne doit pas occulter la déconfiture perceptible du mouvement consommateur national.

Sans concession, elles avouent que «le foisonnement des associations de consommateurs n'est pas toujours synonyme de vitalité. Il peut même s’avérer un facteur d'inefficacité préjudiciable à  la défense de la cause consumériste.» Et demandent que la loi-cadre et tous les textes subséquents qui suivront, doivent tenir compte de cette réalité implacable et constituer un premier pas vers la nécessaire rationalisation du mouvement consommateur au Cameroun. Avant de conclure que : «Nous pensons qu’il est temps de donner un coup de pied dans la fourmilière consumériste dans notre pays.» ce qui n’enlève en rien la reconnaissance du rôle spécifique que l’article 22 de la loi N°2011/02 portant protection des consommateurs reconnait à ces associations au sein de la société civile

Ces associations sont nées, à la suite des nombreuses défaillances de l’Etat dans son rôle régalien de la protection du consommateur en amont et en aval de la chaîne. Allant de la production à la commercialisation. El les institutions étatiques en charges sont le ministère  du commerce, l’Agence de promotion des investissements (Api), l’Agence de normalisation. Elles ont un  rôle de surveillants, et de défenseurs des droits des citoyens vis-à-vis des opérateurs économiques. Malheureusement, on observe un certain laxisme. A la Direction de la protection du consommateur du ministère du Commerce, la fiche récapitulative des associations recensées,  affiche une vingtaine de groupes qui collaborent de temps en temps avec ce département ministériel. Pourtant sur le terrain, on dénombre plus d’une centaine d’associations qui clament leur légitimité, et leurs droits à protéger les citoyens, d’après la loi de 1990, sur la  liberté d’association.

Malheureusement, Il a été établi, que ces associations existantes (légales ou non)  travaillent davantage avec les pouvoirs publics et les entreprises qu’avec les citoyens qu’elles sont censées défendre. Parce qu’elles ne font pas preuve d’action pédagogique et de sensibilisation des usagers sur leurs droits et sur les possibilités qu’elles ont de réclamer des réparations chaque fois que leurs intérêts sont menacés ou ont subit un préjudice. Partant de  ce constat, pour le moins reluisant, il  y a urgence d’engager une opération d’épuration. « Nous demandons que soit mis sur urgemment pied, un Conseil National de la Consommation, sorte d’organe consultatif chargé de conseiller le gouvernement sur toutes les questions relatives à la protection des intérêts des consommateurs.» Mais pour bénéficier d’une grande représentativité, Il faut que les associations qui existent aillent d’abord à la conquête des consommateurs afin de donner à ceux-ci les rudiments de connaissances de leurs droits, ceci en vue d’une meilleure défense de ceux-ci.

Mathieu Nathanaël Njog et Flore Honga

 

 

 

 

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Published by Njognath - dans Economie
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