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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 16:15

Ascension – Mont Cameroun       

La 16è édition s’est disputée samedi 26 février 2011 dans un climat morbide. Elle a été reportée par Eric Mbatcha chez les hommes et Yvonne Ngwaya chez les dames. Seul l’aspect sportif permet encore de garder un brin de satisfaction.

 

Au sortir de la 16è édition de la Course de l’Espoir, la déception est grande, aussi bien pour les organisateurs que pour les participants. Le ministre des sports et de l’éducation physique, Michel Zoah qui présidait pour la première fois cette course depuis son arrivée à la tête de ce ministère, a refusé de donner ses sentiments à la presse, très courroucé par ce qu’il a vu. Le président de la Fédération camerounaise d’athlétisme, Jacques Mbous n’a pas fait dans la langue des bois pour reconnaître qu’une fois de plus, comme la présente édition, c’était un fiasco. «Au regard de ce que nous vivons, il y a urgence de mener une réflexion profonde pour que le secteur privé soit mêlé dans l’organisation. Je vais aussitôt, rentré à Yaoundé inviter tous les membres de la fédération à travailler dans cette optique pour que nous fassions des propositions concrètes à la tutelle afin de corriger les manquements observés à la prochaine édition», affirme le président. Avant de poursuivre : «la compétition à une dimension internationale qui ne permet plus à l’Etat seul de financer cette course.» Plusieurs dysfonctionnements ont été observés. Des athlètes, officiels et journalistes ont passé la nuit à la belle étoile, lorsqu’ils ne logeaient pas d’eux-mêmes. Les visites médicales bâclées. Une sonorisation de très mauvaise qualité. Des primes sauvées de toute pièce à la tribune par le Minsep et ses collaborateurs en pleine tribune officielle.

La Course de l’Espoir a perdu de sa superbe. Grand moment de détente et de tourisme, elle ne draine plus les foules. Même les populations du Sud-Ouest en général et de Buea en particulier montrent un désintérêt pour ce qui passe comme un grand symbole pour cette région. Frisant un boycott. Certains expliquent cela par la défaillance de communication. Au point que la Course de l’Espoir passe incognito pour la majorité des camerounais. Et pour cause, malgré le dévouement du comité local d’organisation que dirige le gouverneur du Sud-Ouest, les récriminations font état de ce qu’il n’y a aucune cohésion des actions. « Le comité local d’organisation s’attelle aux préparatifs sans véritablement travailler en synergie avec le comité national d’organisation qui est installé à Yaoundé. Ce n’est que la veille que les délégations parties de Yaoundé arrivent dans la ville de Buea et nous imposent l’aspect technique de l’organisation, lorsqu’elles ne remettent pas en cause tout ou une partie des dispositions prises par nous», se plaignent les membres du Clo. Comme si cela ne suffisait pas le nombre d’athlètes ne cesse de baisser comme une peau de chagrin.

 

Détournements en perspectives

La Fédération camerounaise d’athlétisme s’était fixée pour objectif d’atteindre la barre de 1000 athlètes à cette édition avant d’annoncer une semaine avant la compétition que 754 athlètes prendront part à la course parmi lesquels 54 étrangers. Au final, sur les 530 athlètes inscrits, moins de 500 ont pris le départ, des différentes catégories (vétérans, relais, juniors et seniors). Parmi lesquels 33 athlètes étrangers. Deux indicateurs majeurs auxquels il faut aussi ajouter la rareté et la chicheté des annonceurs. Plusieurs entreprises se sont déployées pendant cette édition tout comme l’édition précédente, rien que pour la présence. Leurs apports sont beaucoup plus des échanges de services que des contributions conséquentes qui permettraient au comité d’organisation de faire une santé financière. Il est révolu le temps où la société brassicole Guinness se démarquait comme le partenaire officiel avec un financement global de l’ascension  du Mont du Cameroun avec 300 millions Fcfa. Et pour couronner le tout, le financement de l’Etat qui en a fait une question de souveraineté depuis que la société Guinness a abandonné cette course de montagne, continue d’être mis tardivement à la disposition du comité d’organisation. Comme l’année dernière où le budget de la compétition avait été débloqué le lendemain de la cérémonie d’ouverture, cette année encore, le budget, 116 millions Fcfa n’a été mis à disposition uniquement la veille. Et pis encore partiellement. Favorisant ainsi les distractions de fonds. «L’arrivée tardif et très souvent la vaille de la compétition ne permet pas de sécuriser les fonds », reconnaît jacques Mbous. Actuellement, une nébuleuse est entretenue sur une partie de ce budget qu’on chiffre à 32 millions Fcfa. C’est quasiment dans la grogne que les officiels sont repartis de Buea. Seul aspects positif, les primes qui ont été revues à la hausse pour le podium : Soit 3 millions Fcfa pour le vainqueur 2 millions Fcfa pour le second et un million Fcfa pour le troisième.

Barthélemy Nzock

 

Encadré

Où sont passés les 32 millions de Fcfa ?

On apprend que sur les 116 millions de Fcfa débloqués pour cette 16è édition sur les 140 millions budgétisés, 40 millions ont fait l’objet d’un premier déblocage pour les réglages des questions organisationnelles. Le comité d’organisation n’avait curieusement pas de marge de manœuvre sur ce montant, car le ministre a nommé un régisseur pour la gestion méticuleuse de cet argent. Et 24 millions Fcfa représentant la deuxième tranche ont été remis de facto au comité local d’organisation. Equivalent au quart du budget global qui est systématiquement remis à cette instance de l’organisation à toutes les éditions. 20 millions de Fcfa représentant la troisième tranche de financement a été affecté au règlement des billets d’avions des athlètes étrangers et autres commodités. A l’instar du million de Fcfa dégagé pour la location d’un bus de 70 places, affrété pour le transport des journalistes de Yaoundé à Buea en aller et retour. Au final, il a transporté 9 journalistes au départ et une quinzaine au retour. Gaspillage !  Il reste de ce budget, 32 millions Fcfa. Desquels apprend-on, 17 millions seront alloués au désintéressement des membres des différentes commissions. Des membres courroucés parce qu’ils n’ont pas pu entrer en possession d’une partie de leur perdiem à la fin de la course. Non Seulement, il leur était devenu difficile de faire les emplettes, mais aussi pour la plupart, aucune allocation de transport n’est prévue. Il y a lieu de mener une réflexion profonde pour la survie, le rayonnement international et la professionnalisation de la Course de l’Espoir. Si l’Etat du Cameroun en fait une question de souveraineté, alors qu’il mette les moyens conséquents de manière à optimiser l’organisation de cette compétition qui était une vitrine par laquelle l’image de marque du Cameroun était vendue à l’international. Ailleurs on l’a compris. Le marathon de Dakar a un budget d’un milliard Fcfa. Il est organisé dans un financement public-privé. Ceci est possible si l’Etat offre aux entreprises mécènes une fiscalité incitative.

 

Résultat

Hommes:

1)Eric Mbatcha, 4h29 mn

2)Godlove Gabsibuyn, 4h36 mn

3)Lawal Ibrahim Bobo, 4h37 mn

 

Femmes:

1)Yvonne Ngwaya 5h33 mn

2)Louisette Ngalim, 5h44mn

3)Patience Timbemp, 5h55mn

 

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Published by Njognath - dans Autres Sports
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