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6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 14:41

Diversion – Argumentaire inapproprié      

Le Cameroun est un Etat producteur de pétrole. Les populations ne devraient pas être maintenant par la Chappe de plomb d’une asphyxie du prix du carburant à la pompe. Qu’a-t-on fait ? Que fait-on ? Et que  fera-t-on des réserves générées par la rente pétrolière ?.

 

Les représentants du gouvernement qui sont envoyés au charbon depuis quelques temps afin de pouvoir susciter l’adhésion de la majorité des camerounais multiplient des arguments plus ou moins convaincants. Mais jusqu’ici, ils sont loin des réelles préoccupations de la majorité des Camerounais. Surtout qu’expressément, ils ne font pas cas des incidents induits que va entraîner cette hausse des prix du carburant à la pompe sur la vie quotidienne des camerounais. Car il ne fait aucun doute que le président de la République et son gouvernement, qui sont par ailleurs garants du bien-être des citoyens et de la paix sociale, savent très bien qu’une éventuelle baisse, aussi minime soit-elle, des subventions publiques sur les hydrocarbures, produits de grande consommation, va entrainer de facto une flambée des prix et affecter gravement le pouvoir d’achat des consommateurs, déjà mis en mal par une inflation galopante. En dépit des injonctions du chef de l’Etat, données au lendemain des émeutes de la faim pour lutter contre la vie chère.

Pour Luc Magloire Mbarga Atangana et Talba Malla, cette volonté du gouvernement de supprimer les subventions publiques sur les produits pétroliers visent à une meilleure répartition des revenus pétroliers. Ainsi le gouvernement fait croire que les sommes injectées dans ces subventions afin de maintenir les prix à la pompe à leur niveau actuel sont insoutenables par le budget de l’Etat au cours d’une mandature placée sous le prisme des grandes ambitions. «L’année dernière, le budget de l’Etat a supporté à hauteur de 609 millions de dollars (environ 304, 5 milliards Fcfa) les subventions au carburant. Cette année 2012, compte tenu de la flambée des prix du pétrole sur le marché international, on pourrait dépenser 759 millions de dollars (environ 379,5 milliards Fcfa», a prévenu le Secrétaire général du ministère des Finances. Et de souligner que «379,5 milliards Fcfa, c’est quand même la moitié du budget d’investissement du Cameroun. Une telle politique de gestion, pourrait entrainer à long terme un problème d’éviction sur la réalisation des grands projets d’investissement.»

 

Transparence exigée

«A ce rythme, nous aurons bientôt le choix entre ne plus construire les hôpitaux, les routes ou les écoles et continuer à subventionner les prix du carburant à la pompe… »Et d’ajouter que «les subventions n’atteignent pas leurs cibles que sont les ménages pauvres, elles profitent essentiellement aux couches sociales favorisées.» Depuis 1977 que la nature a fait du Cameroun un pays producteur de pétrole, c’est curieux que ce ne soit que maintenant que le régime du renouveau s’en rend compte. «On est à se demander où est-ce que toutes les recettes pétrolières produites pendant tout ce temps sont partis?»,  questionne le Réseau des associations de consommateurs de l’énergie (Race). Par ailleurs, le gouvernement prétend qu’«à cause des travaux de restructuration de la Sonara (Société nationale de raffinage) et de l’ardoise salée de l’Etat vis-à-vis de cette entreprise, nous avons été contraint d’autoriser les marketers privés à importer du pétrole raffiné à des coûts prohibitifs, mais néanmoins subventionnés.» Quoi de plus normal ! Puisque les consommateurs d’énergie réclament une juste répartition de la manne pétrolière. Eux qui sont encore à se demander aujourd’hui où vont les énormes revenus que génère la rente pétrolière nationale.

Pourtant elle devrait profiter à chaque citoyen camerounais. Malheureusement c’est toute la politique pétrolière du Cameroun dans sa gestion des quantités et des revenus qui est enveloppée par une brume épaisse et opaque dont la minoritaire bénéficiaire est loin d’éclaircir. A ce sujet, le Race exige qu’un lien soit établi entre les activités pétrolières en amont et en aval. Difficile, dès lors qu’on constate que depuis le début de toutes ces concertations avec la société civile, la Snh (Société nationale des hydrocarbures) qui gère les intérêts de l’Etat, «mieux du Chef de l’Etat» dans le secteur pétrolier en amont témoigne de la volonté des pouvoirs publics de continuer à entretenir «l’omerta» sur les revenus de la rente pétrolière. C’est un secret de polichinelle au Cameroun que de dire que « l’opacité et le flou autour du secteur pétrolier en amont au Cameroun sont orchestrés depuis  le sommet de l’Etat.  Depuis le début de l’exploitation du premier bloc pétrolier camerounais, la présidence de la république a littéralement confisqué la gestion de la rente pétrolière, confinant le Ministère de l’Energie et de l’Eau (Minee), le ministère des finances (Minfi) et les autres administrations liées à ce secteur, à des rôles superficiels», soutient le Bureau exécutif du Race.

Il y a lieu d’amorcer une jonction des activités pétrolières qui se font en amont et en aval pour pouvoir avoir un impact positif sur la régulation, notamment en relevant des niches de ressources supplémentaires susceptibles d’aider au renforcement de la péréquation actuelle et maintenir durablement les subventions publiques. Car la nomenclature du prix à la pompe indique par exemple que le litre de super à la pompe coûte 221,64 Fcfa sortie Sonara (Société nationale de raffinerie). Mais ce sont les frais de stockage à la Scdp (Société camerounaises des Dépôts pétroliers, du transport, la vingtaine de taxes diverses parmi lesquelles une Tva répétitive et les marges bénéficiaires faramineuses des marqueteurs (20% en moyenne), qui le porte à 569 Fcfa, prix actuellement appliqué dans les stations-services. En somme le tarif et l’ensemble de la cotation appliquée aux hydrocarbures sont dispendieux et rendent ces produits inaccessibles pour l’imminence majorité des usagers.

 

Candidature du Cameroun à l’Itie rejetée

Conséquence, à cause de cette gestion confidentielle et tripatouillée des chiffres de la manne pétrolière, la candidature du Cameroun vient d’être une nouvelle fois rejetée par l’Itie (Initiative de transparence dans les industries extractives). L’Itie est une instance supranationale qui mène des audits dans les pays producteurs et exportateurs de certains minerais, tel que le pétrole. Depuis 03 ans, notre pays a été incapable de présenter un seul rapport pouvant justifier de son admission au statut de «pays conforme», acte qui équivaut à un «certificat de bonne gouvernance». Malheureusement au Cameroun «tout est fait en sorte que les énormes revenus du pétrole camerounais continuent à profiter aux multinationales, complices du pillage systématique de notre sous-sol et à quelques dignitaires du régime, alimentant par ricochet la grande corruption qui gangrène notre pays.» Ce d’autant plus que le montant officiel de la subvention qu’on brandit dans l’hypothèse qu’il est juste, démontrent que sous l’effet combiné de l’amélioration de la production nationale de brut et de la constante embellie du prix du baril sur le marché international, et la commercialisation, hormis les prélèvements fiscaux et douaniers induits va rapporter entre trois et quatre fois le montant de cette subvention.

 

Barthélémy Nzock et M. N. Njog

 

 

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Published by Njognath - dans Economie
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