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4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 03:25

Banque agricole                      

L’ancien ministre des Finances Essimi Menye et actuel Ministre de l’Agriculture et du développement rural (Minader) annonçait en grande pompe la concrétisation de cette promesse faite par le Chef de l’Etat lors du comice agro-pastoral de janvier 2011, Près de 24 mois plus tard les paysans croient qu’elle était une promesse chimérique.

 

Faisant le diagnostic de l'agriculture camerounaise le 17 janvier 2011 lors de la cérémonie d'ouverture du comice agro-pastoral d'Ebolowa, Le Président de la République, S.E Paul Biya, a énuméré (07) sept solutions susceptibles de faire décoller le secteur rural au Cameroun. Parmi ces solutions, la création de la Banque agricole et de la Banque des Pme/Pmi. L'occasion était belle et propice pour ce type d'annonce, d'autant plus que cette grande fête du monde rural était attendue depuis 23 ans. Pour matérialiser les propos du chef de l'Etat, le Ministre des Finances de l'époque, Essimi Menyé, aujourd'hui à la tête du Ministère de l'Agriculture et du Développement Rural (Minader), a indiqué clairement le 1er juin 2012 que «le texte de création est prêt» et qu'il ne restait plus qu'à le soumettre à l'appréciation de la Commission Bancaire de l'Afrique Centrale (Cobac). Six mois après cette annonce, l'agrément de la Cobac est toujours attendu et la Banque agricole n'a toujours pas vu le jour.

La création de la Cameroon Agriculture Financial Rural Corporation (Cafruc), nom de baptême de cette banque, au capital de 10 milliards Fcfa selon les prescriptions de la Cobac, avec pour unique actionnaire l'Etat du Cameroun, est à priori considérée par les opérateurs du monde rural comme une bouffée d'oxygène. Surtout que l'insuffisance de financements, qu'il s'agisse d'investissements publics ou privés cause énormément de tort au développement du secteur rural. Seulement, le Cameroun n'en est pas à sa première expérience. Des structures comme le Fonds National de Développement Rural (Fonader), le Fonds de garantie pour la petite entreprise (Fogape), la Banque Camerounaise de Développement (BCD) ou encore le Crédit Agricole du Cameroun avaient entre autres pour mission de concourir au financement des activités agropastorales, mais elles ont toutes fait faillite, il y a quelques années sous le régime du renouveau.

«Les raisons évoquées pour la plupart, sont entre autres, une gestion calamiteuse. Les mêmes maux causant les mêmes effets, les observateurs sont quasi-unanimes que la nouvelle banque, si elle est finalement créée, ne connaitra pas un sort différent. La mal-gouvernance étant rampante au Cameroun malgré toutes les mesures coercitives mises en place, en témoigne le dernier rapport de la Conac. Toute chose qui pourrait donner raison à l’Acdic. Car au sortir du Comice agro-pastoral d'Ebolowa, l'Acdic avait lors d’une conférence de presse organisée en mai 2012, en prélude à la manifestation qu’avait organisé sous sa houlette le monde paysan (le 31 mai de la même année) sur le thème : «Les mauvaises solutions aux vrais problèmes de l'agriculture camerounaise, la réaction des paysans camerounais» ; annonçait déjà que les autorités gouvernementales sont championnes pour proposer des solutions fallacieuses et peu efficaces.

L’Acdic avait passé au peigne fin toutes les solutions avancées au comice. En s’appesantissant sur la Banque agricole, elle avait indiqué que 97% des exploitations agricoles au Cameroun (5 200 000 sur 5 300 000 actifs agricoles) sont de petite taille (un hectare au maximum), or la banque a vocation de financer les grands projets. Moralité, la Banque agricole sera la banque des fonctionnaires et des élites et non celle des petits paysans. L'adage le dit si bien, «on ne prête qu'aux riches». L'Acdic proposait alors la création de microstructures de financement plus proches et plus accessibles aux petits exploitants. Prés de deux ans après l'annonce pompeuse de création de la banque, on en est à se demander si le gouvernement ne fait pas marche arrière. Du moins le facteur temps ne semble pas être une donnée importante pour l'action gouvernementale. Les amoureux du ballon rond se souviennent que le 10 février 2010, on annonçait la création d'une académie de football. Trois  ans plus tard, on se rend bien compte que c’est plus chimérique que concret.

Barthélémy Nzock, source Acdic infos

Publié dans Aurore Plus du 3 janvier 2013

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Published by Njognath - dans Economie
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