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6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 15:28

Alerte - Affaire Université catholique

Pour avoir adressé une lettre au doyen de la faculté de sciences sociales et de gestion qui portait sur des statistiques têtus qui démontrent que les originaires de la région de l’Ouest y sont majoritaires, cela a déclenché un tollé des partisans de la radio de mille collines à la camerounaise.

 

I- Au secours d’un congénère en danger

Profitant d’une fuite organisée de la lettre d’observation que le Grand chancelier de l’Université Catholique d’Afrique centrale (Ucac), Mgr Tonye Bakot, a adressé au doyen de la Faculté de sciences sociales et de gestion, Rév père Martin Birba, certains journalistes originaires de la région de l’Ouest ont vite fait de sonner le tocsin de ce qu’ils ont qualifie d’un « complot contre les Bamiléké ». Notre confrère, Edmond Kamguia du quotidien la Nouvelle Expression a dans ce qu’on est tenté de qualifié de riposte, publié un article dans l’édition de vendredi 20 juillet 2012 pour lancer un appel insidieux à la haine en insinuant de manière malveillante qu’il y a une volonté de faire la purge des ressortissant de l’Ouest non plus simplement dans l’administration camerounaise, mais aussi dans les grandes écoles « privées » et dans l’église…catholique.

Le lendemain sur les forums sociaux qu’anime une certaines intelligentsia camerounaise sur la toile, Jean Vincent Tchienehom, Shanda Tomne, Patrice Nganang et Cie ont repris le flambeau de leur sempiternelle hérésie pour soutenir que, parce que venant d’un prélat de la stature de Mgr Tonye Bakot, il ne fait plus de doute que la théorie du complot contre les Bamiléké prend une vitesse grand « V ». Ils sont allés avec leurs scribes et leurs sbires dans une envolée argumentaires pour édulcorer les faits et conduire l’opinion vers une dérive tribale. Traitant Mgr Tonyé Bakot de tous les noms d’oiseau. En faisant  Mgr Tonye Bakot pour le cheval de Troie d'un projet imaginé dans des officines politico-administratives. Pourtant il s’agissait ni plus ni moins que d’une manipulation savamment orchestré et certainement mercantile dont le but est de voler au secours d’un fils originaire de l’Ouest, le vice-doyen de ladite Faculté, Rév. Père Ludovic Lado, qui a été démis de ses fonctions, si on en croit à son courriel sur le forum de l’Ucac. «Chers anciens de l'UCAC,…Le document est authentique, malheureusement! Le grand chancelier a demandé et obtenu mon départ de l'UCAC, mais qu'on y ajoute des calomnies aussi grossières, je ne puis l'admettre», écrit-il.

On comprend alors qu’il ait trouvé pas mieux qu’un journal tenu par un frère de son aire géographique pour mener le combat (Voir sa sortie dans la Nouvelle expression du lundi 23 juillet 2012). Venant ajouter à un combat visant à ternir Mgr Tonye Bakot que des pseudo-défenseurs de la cause Bamiléké, avaient déjà lâché les premiers rafales comme ils l’ont fait il n’y a pas longtemps pour victimiser Yves Michel Fotso, (accusé dans une procédure judiciaire), ont fait fi de l’introduction de la lettre qui situait le contexte et justifiait l’objet de cette lettre. Au point de poser la question sur l’opportunité de cette lettre. «L’an dernier en 2011, le Conseil supérieur de l’Ucac m’a prié de me pencher sur les statistiques des étudiants et des enseignants de la facultés de sciences sociales et de gestion. Au cours du dernier conseil tenu à Nkolbison du 07 au 09/06/12, j’ai eu à leur soumettre mon exposé avec quelques commentaires», écrit-il en début de la lettre.

Ces importateurs des discours de la radio de mille collines se réduisent à commenter et analyser les statistiques à leur gré. Y’a-t-il de mal à tenir de tels statistiques ? Est-on tribaliste parce qu’on a présenté des chiffres et demandé des explications  pour comparer, comprendre et donner si nécessaire des orientations pour rester dans le credo de l’institution? Ce que soutient aussi le père Lado dans son post. «Si les statistiques sont vraies, cela devrait plutôt être un atout pour les décideurs, dans la prise de certaines décisions de nomination etc.... et non être un problème et je crois qu'a l'UCAC les Droits Universitaires sont  aussi importants hormis c'est par concours.» (sic) Curieusement, Jean Vincent Tchienehom, Shanda Tomné et leur bande ont soutenu dans un débat qu’ils ont attisé sur la toile, tout en clamant leur rengaine : «Il existe un problème Bamiléké au Cameroun.» Pourtant, on sait que Shanda Tomne et Cie dans leur tribalisme primaire n’hésite de compulser le nombre d’originaires de la région de l’Ouest à chaque résultats de concours dans les grandes écoles d’Etat, lors des recrutements dans la fonction publique et même dans leur représentativité dans l’équipe gouvernementale et dans le commandement (administratif et militaire).

 

II- Effet boomerang d’une stratégie

On se souvient que Tchienehom et Shanda nous ont présenté il n’y a pas longtemps une arithmétique des postes dans l'escarcelle de certain groupe ethnique. On est à se demander «pourquoi c’est choquant lorsque Le Grand chancelier de l’Ucac sur recommandation du Conseil supérieur et à la suite d’un faux et usage de faux qu’on veut élucider,  s'investit dans le même exercice arithmétique concernant la domination démographique d'un groupe ethnique dans une institution universitaire devient un crime de lèse majesté ?» Et certains camerounais moins portés à cette dérive tribale primaire d’en déduire qu’il est donc fort que cette obsession, pourrait conduite le Cameroun vers une « rwandisation » du Cameroun à terme. Dans un contexte exponentiel. Puisque chaque ethnie des 208 que compte le Cameroun à des revendications légitimes vis-à-vis du régime. Même les ressortissants de Mvomeka, village souche du président de la République ne sont pas en reste. L’enclavement de cette localité s’expliquerait-elle ? Je comprends de cette conclusion d’un journaliste sous anonymat : «il existe un problème dans l’élite bamiléké couarde, anti-patriotique, corrompue et stupide.»

Ce d’autant plus qu’il ne fait pas de doute que le Cameroun est un pays nécrosé par un violent tribalisme d'Etat. Et les originaires de la région de l’Ouest du Cameroun ne saurait être les seuls discriminés, mieux plus qu’une autre tribu. Ce n’est pas parce nous avons ou allons être victimes d’une injustice que nous avoir la faiblesse de regarder l’origine tribal de notre bourreau pour faire de l’inquisition à tous les ressortissants de cette région. Où encore déclarer que notre tribu est particulièrement visée. Ce qu’on aurait attendu de ces tribalistes primaires c’est tout d’abord de réclamer les bonnes réponses aux bonnes questions posées par le Grand chancelier, Mgr Tonye Bakot dans cette lettre que les partisans de la radio des milles collines à la camerounaise ont récupérer pour aiguiser la haine. Ce que même le père Ludovic Lado reconnait par ailleurs : «Au regard de notre position sociale et ce que nous incarnons il est parfois important de noter des réserves sur certains dossiers. Sur la forme la réflexion du prélat est recevable mais sur le fonds ce n’est pas juste »

Mieux encore, poser les bonnes questions. Celle ayant trait au rôle sociale de l’église…et par ricochet de l’église  catholique lorsqu’elle réserve une action sociale comme l’enseignement  supérieur dans lequel il a décidé de s’investir aux enfants des familles nanties. Excluant de fait les enfants des familles pauvres. Pourtant même en France, cette question a fait l’objet d’une grande réflexion afin de permettre  aux étudiants arabes et de la diaspora africaines d’avoir accès aux grandes écoles. Toutefois si on veut être plus regardant, on devrait s’interroger le phénomène qui prend de l’ampleur dans une culture tribaliste qui est s’incruste dans nos habitudes. Il est donné de constaté que lorsqu’un établissement scolaire, universitaire ou une entreprises a à sa tête un dirigeant issu d’une région ou d’une tribu, les effectifs sont majoritaires dominés par ses congénères.

 

III- Le phénomène se répand allégrement

On l’observe de plus en plus au Collège Libermann de Douala et certainement bientôt au collège de la Salle de Douala où les dirigeants sont curieusement tous originaires de l’Ouest. Ce qu’il faut dénoncer ce sont la motivation de ces nominations qui sont influencés par le poids démographique de cette tribu à Douala et par leur puissance financière ce d’autant plus que la scolarité dans ces établissements sont de plus en plus onéreux. «Le même phénomène est aussi visible à l'Université de Yaoundé I où des départements entiers - Géographie et Allemand, Physique - sont la propriété des originaires de la région de l’Ouest» nous révèle un confrère. Et même à L’université de Douala, sous le recteur Bruno Bekole Ebe. Par ricochet les effectifs en personnels d’appui, enseignants et étudiants prennent la même coloration. Certains responsables sont accusés d’en faire une chasse-gardée et de briller par un favoritisme des congénères du même aire géographique. Un tel esprit d'accaparement ouvre forcement la voie à des dérives comme la délivrance des faux diplômes. Que dire de ce communiqué publié sur le babillard de l'Ecole Normale Supérieure et relatif aux faux diplômes. Et où on pouvait lire explicitement que les faux diplômes étaient détenus majoritairement par des originaires de l'Ouest.

S’il faut privilégier l’excellence, et la méritocratie, il n’en demeure pas moins que le contexte particulier du Cameroun, oblige qu’on instaure la règle des quotas et de veiller scrupuleusement à leur respect pour éviter l'édification d'une société déséquilibrée. Sinon, les originaires des régions de l’Est et du grand Nord ne serait pas, si oui très faiblement représenté à quelque niveau que ce soit de l’administration publique et privée. Pourtant, c'est un moyen sûr de faire avancer les sociétés à l'image de la discrimination positive aux États Unis. Malheureusement, c'est ce rôle de l'équilibre régional qui est curieusement souvent combattu par certains originaires de l’Ouest. Alors que les tribalistes en chef arrêtent la manipulation et de crier au tribalisme.  Mongo Beti, dans son livre La France contre l'Afrique, résumait bien cette lutte tribale. «C'est une chose d'établir le constat, comme l'ont fait les ethnologues, de la diversité régionale et culturelle du Cameroun; c'en est une autre d'en faire un argument pour condamner le pays à la fatalité des luttes tribales et justifier ainsi la mainmise de Paris sur son devenir. On a fait toutes  les déductions imaginables, y compris les plus absurdes, à partir des tribus. On les a prises longtemps à témoin pour exalter le parti unique, seul remède, déclarait-on dogmatiquement, pour guérir les maladies que leur fourmillement entraîne (...) Aujourd'hui, on agite les ethnies comme grelots pour applaudir sinon encourager le clan des dirigeants faillis aux chimères de la partition.»

 

 

IV- La preuve que nul n’est exclu

Il y a lieu de déplorer le comportement partisan de ses pseudo-défenseurs de la cause bamiléké toujours prompt à faire la récupération des problèmes de la société camerounaise avec l’émotion tribale. Comme le démontre si bien Venant Mboua, notre confrère qui réside désormais au Canada, «la discrimination est un mode de gouvernement sous le régime au pouvoir ». Pour le soutenir, il précise qu’il n’y a pas un seul domaine de la société camerounaise où on ne rencontrerait pas des écarts frisant une discrimination tribale. Non sans s’amuser d’énumère quelques cas de discriminations institutionnelles : 1- Sur le terrain politique, il y a deux catégories de citoyens : les militants et les opposants. Les militants sont ceux qui ne dénoncent pas et qui envoient des motions et des appuis de toutes sortes à son excellence le président  à vie jusqu’à la mort.  Eux, ce sont des citoyens, soucieux de la paix et du développement de leur pays. Les opposants sont ceux qui dénoncent  le système. Ils ont un statut de natifs et résidents camerounais, mais ne sont pas vraiment des camerounais, puisqu’ils prônent le chaos (en français, chaos veut dire la fin du règne de Biya). Ils n’ont presque que pas de droit (puisqu’ils ne sont presque pas dans leur pays). 2- Les femmes ne sont presque pas des citoyennes compétentes, alors on leur fait la faveur de quelques nominations mais elles doivent quand même demeurer des animatrices de meetings politiques plutôt que des actrices politiques. 3-  Les jeunes sont des écervelés.  D’ailleurs c’est quoi un jeune au Cameroun? De 0 50 ans, on ’est toujours pas mur pour les responsabilités. Regardez mon ami Ateba Eyene, bientôt 50 ans, jeune du Rdpc; Ama Tutu Muna, la jeune ministre de la Culture de Biya…Même les Atangana, Aba Aba, arafa, Olanguena, Yves Michel Fotso ne sont-ils pas des enfants que les responsables comme Cavaye Yeguié, Hamadjoda, Jean Nkuete, Charles Doumba, Ferdinand Oyono, etc., ont admis au sein de la gouvernance? Les jeunes trouveront un emploi quand leur tour viendra!!! 4- Les camerounais de l’étrangers? De véritables zombies, ceux –là? Ils débarquent comme ça dans les affaires qui concernent le pays, alors qu’ils ont des passeports Américains, Canadiens, français, etc. Personne les a invités, personne ne veut d’eux, personne n’a besoin d’eux, personne ne les attend. Mais ils viennent quand même contribuer au chaos que préparent les opposants… Ces discriminations sont plus graves que ce qu’on soupçonne à Ayene. Franchement, le nombre de réactions que je lis ici, je ne le lis pas quand il s’agit de tout ce que je viens d’énumérer qui englobe pourtant les Bami, les Wadjo, les bassa, tous les peuples du Mbam, les Bakossi, et leurs cousins, etc.

Barthélémy Nzock (Source Aurore Plus)

 

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Published by Njognath - dans Société
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