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6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 15:46

Excellence –  Université de Douala                                   

Depuis le jeudi 26 juillet 2012, les étudiants méritant de l’Université d’Etat de Douala reçoivent leurs bourses académiques dans une ambiance qui frise la trouvaille d’une manne.

 

Le campus I où est situé le rectorat de l’Université de Douala a connu une fin de semaine très mouvementé. Dès le jeudi 26 juillet 2012, les étudiants, lauréats à  la prime de l’excellence n’ont pas attendu une minute plus après l’annonce de la disponibilité des bourses et l’affichage des noms des heureux bénéficiaires pour prendre d’assaut les services financiers. Comme une marée humaine, ils étaient massés devant les différents services affectés à la distribution des bourses académiques attribuées par le Chef de l’Etat aux étudiants lauréats des différents établissements et facultés. Cette prime affective pour la troisième année académique consécutive, est destinée uniquement aux étudiants des universités d’Etat. Cette année, l’enveloppe affectée à l’Université de Douala s’élève à 641.050.000 Fcfa. Et chaque étudiant devrait bénéficier de 50.000 Fcfa. Soit pour un total de 12.821 lauréats. Les noms des heureux bénéficiaires ont été un peu plus tôt affichés au babillard aménagé pour la circonstance.

Curieusement, initiée pour primer les étudiants les plus méritants, l’attente et l’engouement que montrent les étudiants pour ce sésame frisent sur l’essence même qui a sous-tendu cette décision du Chef de l’Etat. On est à se demander si les lauréats sont conscients qu’ils bénéficient là d’une juste récompense de leurs efforts. Mieux, que ce sont la méritocratie et l’excellence, qui auront prévalues. Ce d’autant plus qu’il ne saurait être le fruit d’une œuvre de bienfaisance, mais cette bourse vient solder le dur labeur, et la témérité des étudiants brillants. Afin que cela leur serve d’appoint pour les sacrifices consentis l’année académique précédente, mais aussi de celle en cours. Car, la témérité, il en faut un peu plus au regard des nombreuses et diverses tracasseries que rencontrent les étudiants au sein des universités d’Etat. Il y en a qui auraient pu la mériter mais lorsqu’on sait que certaines étudiants doivent faire face au pressions, chantages et erreurs humaines ou insidieuses dans leur notation ou report des notes, on s’imagine ce que sera la déception de plus d’un, voire même leur courroux.

Et pour cause, les requêtes, de tout genre, relevant ainsi soit de l’absence des notes, ou encore la non satisfaction de la note observée qui, le plus souvent, l’est de façon arbitraire ou non, sont encore instances. On comprend la frustration de plusieurs étudiants de ne pas retrouver leur nom parmi les heureux bénéficiaires. Ce qui va ouvrir une avalanche de requête qui sont voués à l’échec. Car le sésame sera déjà distribué et contrairement à d’autres cieux, il sera difficile de demander au premier bénéficiaire de restituer, la faute n’étant la sienne et l’argent étant déjà consommé. Pas dans le soutien de leurs études, mais beaucoup plus dans les orgies. Et ceci sans que les pauvres parents qui font des pieds et des mains ne soient même informés. Puisqu’ils rêvent tous les jours de voir leurs sacrifices récompensés mais aussi soutenu par une assistance quelconque.

En somme, le gros débat de chaque année porte sur la justesse des lauréats. «Le travail paie, certes, mais celui-ci n’est pas toujours la récompense d’un mérite reconnu. Ici, il faut s’adapter à un système qui favorise au mieux si ce n’est la tricherie pendant les examens, c’est le commerce des notes ou encore il faut avoir le réseau pour savoir ce que l’enseignant donnera à l’examen, ce n’est  pas aisé, il ne faut surtout pas faire cavalier seul à l’université sinon c’est l’échec assuré. Seul le réseau paie ici, et même pendant les examens», dénonce, Fabien F. étudiant en Faculté des Sciences Juridiques et Politiques.

 

Encadré

Absence de transparence

C’est dire que l’initiative du Chef de l’Etat est louable au plus haut point, appréciée et saluée par toute la communauté estudiantine, mais son application reste tout de même tachée de nombreuses irrégularités qui rendent les uns et les autres perplexes. Les critères d’excellence n’étant pas clairement définis. Donnant l’impression que les bénéficiaires sont choisis à la tête du client. Puisqu’il y a des étudiants ayant des 14/20 de moyenne qui ne sont pas lauréat et des 11/20 qui le sont. On prend prétexte que ce n’est pas la même faculté ou établissement. On est alors à se demander si on prime les premiers niveaux et facultés ou les meilleurs de l’Université. Une question cruciale qui n’a toujours obtenue de réponse depuis 3 ans. Par ailleurs, une liste additive des étudiants fait état de rejet, avec pour motif «doublon», indiquant qu’il y a une confusion sur le cas des étudiants qui détiennent le même matricule. Elle est bien plus petite que celle de l’année dernière. Preuve que des efforts ont été entrepris pour maitriser cette situation qui est loin d’avoir été éradiquée et qui frise un mauvais dénombrement des effectifs et pourrait favoriser à la distraction des frais de scolarité. En revanche, aucune liste additive ne fait mention comme les années précédente du motif « niveau non éligible ». Au final, l’on se demande réellement ce que cache le revers de la médaille, tellement l’absence de transparence est effective et significative d’un dysfonctionnement au sein même du système chargé de désigner les bénéficiaires de ces bourses. S’agit-il d’une distribution arbitraire, l’essentiel étant ici de satisfaire la majorité, au quel cas de quoi veut-on détourner la jeunesse estudiantine, aux vues des nombreuses préoccupations qui fragilisent depuis lors la scène politique de notre pays.

André Som et Ariel Mabong (Stagiaire)

 

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Published by Njognath - dans Société
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