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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 16:30

Bakassi -  Insécurité permanente     

 

I- La solution finale, une administration militaire

La presqu’île doit être placée sous administration spéciale, au besoin militaire et gérée à partir de la présidence de la République. Le service national de la participation au développement exhumé par Paul Biya dans son discours du 10 février dernier peut trouver ici un terrain d’expérimentation.

 

L’attaque et la prise d’otages dans la presqu’île de Bakassi a fait revenir précipitamment au pays le président Biya. Certes, il avait le discours sur les jeunes à prononcer le 10 février au soir, mais c’est surtout la tragédie qui s’est produite dans cette partie du territoire national le week-end du 4 au 6 février 2011. Qui a obligé le chef de l’Etat à écourter son séjour européen. Depuis le 21 décembre 1993, date de l’invasion par les forces armées nigérianes de la presqu’île de Bakassi, Paul Biya a choisi le langage des armes. L’option diplomatique a payé avec le verdict le 10 octobre 2002 de la Cour internationale de Justice de La Haye qui donna raison au Cameroun. Verdict qui, évidemment n’arrangeait pas les Nigérians. Le 12 juin 2006, fut signé à Greentree aux Etats-Unis, entre la République du Cameroun et la République fédéral du Nigeria l’accord relatif aux modalités de retrait et de transfert d’autorité dans la presqu’île de Bakassi. Si jusqu’à présent, le Cameroun et le Nigeria ont respecté les clauses de cet accord, il n’en est pas de même des populations à 99% nigérianes et certains mouvements irrédentistes d’origines de ce pays voisin qui créent à Bakassi une insécurité permanente. Le Cameroun ne peut pas laisser une partie de son territoire échapper à son contrôle sous prétexte qu’il faut conserver ou garder des bonnes relations de voisinage avec le géant nigérian. "Aurore Plus"  explore quelques pistes.

 

Une administration spéciale

Dans une de nos lointaines éditions, nous avions parlé sur ce sujet et avions proposé que la presqu’île de Bakassi jouissait d’un statut spécial, particulier. La constitution donne les pleins pouvoirs, surtout quand il agit dans l’intérêt du pays, de prendre des mesures exceptionnelles. Dans ce cas, Bakassi peut être érigée en zone spéciale avec un préfet militaire jouissant de prérogatives spéciales, exceptionnelles. Et qui rend compte directement à la présidence de la  République. Signer ou prendre un tel décret, ne serait pas contraire aux dispositions de la Loi fondamentale. Bien au contraire. Le Comité de "Coordination et de suivie mis en œuvre des projets prioritaires à réaliser dans la zone de Bakassi" travaille mais est bien loin de produire les résultats escomptés. Il se pose un problème fondamental : les populations de Bakassi comme nous l’avons souligné plus haut sont d’origine nigériane. Ce qu’il convient de faire, c’est de repeupler cette zone de populations d’origine camerounaise susceptibles de fournir les renseignements au bataillon d’intervention rapide (BIR). Ces troupes d’élite ne peuvent pas obtenir des bons résultats dans leur mission de protection et de sécurisation de Bakassi tant qu’elles n’auront pas de bons renseignements sur les mouvements terroristes qui écument le secteur, des renseignements que ne peuvent pas justement leur fournir ces populations qui sont restées attachées à leur patrie d’origine, le Nigeria. Si le Cameroun est incapable d’opérer un transfert de ses populations d’autres zones du pays vers Bakassi, qu’il renforce donc le dispositif militaire en place.

 

Encadré

La stratégie hérisson

Il y a donc lieu d’augmenter, de quintupler même les effectifs militaires avec la construction de bases permanentes avancées à la frontière maritime avec le Nigeria, avec bien entendu représentation de toutes les armées (Terre, air, mer). On peut s’inspirer ici du système de défense que le dictateur Josip Broz dit Tito (1892-1980) avait mis en place en Yougoslavie. En effet, le Croate avait doté chaque région de son pays d’une armée autonome qui permettait à chacune des régions de parer à toute éventualité, à se défendre sans attendre les secours d’une autre région. Dans chaque région, on trouvait toutes les composantes de l’armée nationale : l’artillerie, l’aviation, la marine, etc. Ce système de défense qu’on a désigné sous le terme de "stratégie hérisson" donnait de bons résultats. Tout ce qu’on fait à Bakassi actuellement ne peut pas donner des résultats probants tant que deux conditions au moins ne seront pas remplies : le peuplement de la presqu’île par des nationaux, des Camerounais bons teints en leur accordant des facilités financières et autres pour les inciter à s’installer et un renforcement considérable des effectifs du BIR et de matériel militaire. Les troubles à répétition à Bakassi vont empêcher les investisseurs potentiels d’y investir. Bien au contraire ils les chassent. On peut ajouter que le service national de participation au développement qui va renaître de ses cendres après le discours aux jeunes prononcé par Paul Biya le 10 février au soir peut servir de prétexte pour envoyer des Camerounais peupler Bakassi où il pourront se livrer à l’agriculture et à la pêche.

 

II- Quatre attaques des rebelles en une semaine

Après l’enlèvement du sous-préfet de Kombo à Bedimo et son état-major (12 personnes) ; et  l’attaque de la brigade maritime de Mbonjo dans la nuit du 6 au 7 février, les rebelles qui sévissent dans le delta du Niger n’ont pas donné du répit aux forces militaires opérationnelles. Ces treize otages camerounais étaient toujours entre les mains de leurs ravisseurs. Les négociations en vue de leur libération se poursuivent, malgré les exigences excessives des rebelles. Notamment, Selon une source sûre, la libération de 18 de leurs camarades emprisonnés au Cameroun comme condition préalable à toutes négociations. Entre temps on a appris que parmi les gendarmes enlevés, deux seraient tués.

Dans la nuit de jeudi 10 au  vendredi 11 février 2011 la quatrième  attaque des rebelles a fait un mort de part et d’autre. Un soldat du Bir côté camerounais et un assaillant côté rebelle ont été tués. Une attaque survenue alors que le ministre délégué auprès du président de la République, chargé de la défense, Alain Edgar Mebé Ngo’o était annoncé dans la localité pour apporter le réconfort aux populations, mais aussi au personnel de l’Etat affecté dans cette zone de très grande insécurité. L'attaque a eu lieu à Isangele, une des localités de Bakassi. Un soldat du BIR (Bataillon d'intervention rapide, unité d'élite dont des hommes sont détachés à Bakassi.

Il s'agit de la quatrième attaque enregistrée à Bakassi en moins de deux semaines. Puisque dans la nuit du 31 janvier au 1er février 2011, vers 01h30mn, une attaque des rebelles a eu lieu au poste de garde du Bafumar (bataillon des fusiliers marins par des assaillants. Le bilan était de : - un soldat tué, en la personne du second maître, Afu Wilfred ; - un soldat grièvement blessé, il s’agit du 4è maître de 1ère classe, Djabea Sassack. Des informations font état de ce que ce dernier a été atteint au plomb et charcuté par plusieurs coups de machettes. - Deux assaillants ont été arrêtés dont un certain nommé Efion Godfried, reconnu dans les registres du renseignement militaire comme étant un espion arrêté par les éléments du Bir/Delta, mais relaxé quelques temps après ; - Une armé collective (Mag) emportée.

Cette série d’attaques plus ou moins réussies par les groupes rebelles qui sévissent dans le Delta du Niger ne devrait pas être surprenante n’eût été le manque criard de collaboration criard qu’on observe entre le Bir/delta avec les autres Forces militaires opérationnelles (Fmo). Car les bulletins de renseignement ne cessent de maintenir l’alerte grandissante dans cette région. Avec en prime des menaces d’attaques souvent même bien identifiées. On est en droit de se demander s’il n’y aurait pas des complicités dans les rangs des forces déployées pour sécuriser les 1700 km de frontières qui séparent les deux pays. Et particulièrement la péninsule de Bakassi. Sinon, il est difficile de comprendre pourquoi, les postes de veille sont souvent levés et les positions camerounaises aussi de l’administration que des militaires prises au dépourvues. Pourtant, plusieurs signaux depuis la cession pacifique de ce bout du territoire camerounais par l’Etat nigérian ne cesse de rappeler que l’ennemi ne dort jamais. Et par conséquence, qu’il est indiqué de ne jamais baisser la garde au propre comme au figuré.

Car des alertes font état de ce que depuis le 20 janvier 2011, le gouvernement nigérian a déployé les forces combinées opérationnelles dénommées Joint Task Force (JTF) pour pilonner les positions des groupes rebelles réfugiés dans les criques de cette zone maritime et pétrolifère. En revanche, la haute hiérarchie est bien informée de ce qu’elle devait prendre des dispositions pour éviter que ces groupes rebelles tentent de se réfugier dans les eaux camerounaises où elles pourront pour besoin de ravitaillement, opérer des attaques surprises du côté de Bakassi et surtout sur les plate-forme pétrolières.

André Som

 

III- Liste des 13 personnes enlevées

 

1-                  Ayuk Edward Takor, sous-préfet Akwa

2-                  Aboko Patrick Anki, maire commune Akwa

3-                  Benedict Okon, adjoint au maire et pilote de l’embarcation prise en otage

4-                  Adjudant chef Mengue Jean Paul Mle 12 143, CB Akwa

5-                  Baoga François Mle 18 350

6-                  Mdl Nguidjol Emmanuel Mle 18 930

7-                  Go’o Mebe Mle 17 270

8-                  Gend. Ndaptche Philippe Mle 20 569

9-                  Op2 Belibi, commissaire sécurité publique Akwa

10-              Op2 Ze C., commissaire spécial Akwa

11-              Mlle Precillia, infirmerie

12-              Moses (Nigerian), photographe

13-              Ita Okon, représentant chef du village Akwa

 

 

Bilan attaque Brigade maritime Mbonjo :

Décédés

1- A/C Essaga André Marie Mle 12 052

2-                  Gend. Abanda Jean-Marc Mle 19 501

N.B : Corps déposés à la morgue de l’hôpital provincial de Limbe

 

Blessé :

Mdl, Ella Ehode Simon

 

Matériels :

04 armes emportées dont

01 Falo,

01 Fal et

02 Ak 47

des munitions affectées dites armes.

01 embarcation et

02 moteurs hors bord. 75 CV emportés.

Appareils TD complètement détruits.

Portes et nacos de ladite unité complètement détruits.

Unité isolée dans le bosquet et dans l’obscurité totale.

Groupe électrogène en panne.

 

Côté assaillants :

02 morts emportés et inhumés au Nigeria

01 fusil calibre12 récupéré.

 

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Published by Njognath - dans Société
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