Conflit - Marché de Femmes
Les commerçants de ce marché et le sous-préfet de Douala IIème sont à couteaux tirés. Pour cause, la construction d’un complexe de 1500 boutiques.
Depuis quelques semaines, les commerçants du marché des femmes et des chèvres sont aux abois. En plus des récriminations qu’ils portent contre la gestion du concessionnaire, ils recherchent activement le sieur Elhadj Alli Adam Arab qu’on dit être de nationalité nigériane. Ce dernier aurait extorqué des millions de francs en demandant aux commerçants de s’acquitter des sommes allant de 50 000 à 150 000 Fcfa pour réserver des boutiques qui seront construits dans le projet de reconstruction des marchés des femmes et des chèvres dont il est l’entrepreneur retenu pour son exécution. Pour mieux appâter les commerçants, Elhadj Alli a brandit un plan de construction des marchés des femmes et des chèvres respectivement de 92 000m2 et 10 000m2 de superficie, pour un total de 1500 boutiques. «Il a promis à cet effet aux vendeurs, qu’une fois le marché construit, chacun qui aura versé la somme exigée bénéficiera de trois à quatre boutiques », affirment Yenou Magni et Noubissi Clément, respectivement présidente et secrétaire général de l’association des commerçants des marchés des femmes et des chèvres (Ascomafec).
Pour collecter cet argent, Alhadj Alli a constitué une équipe constituée entre autre de Mohamadou Amadou et Soulemanou. Mais pour le bureau de l’association des commerçants des marchés des femmes et des chèvres (Ascomafec), cette arnaque n’aura fonctionné que parce qu’«Elhadj Alli Adam, qui opérait dans l’ombre a bénéficié du soutien du sous-préfet de Douala IIème», affirme les responsables de l’Ascomafec. Pour asseoir leur dénonciation, les commerçants indiquent que Mohamadou Bachirou, le sous-préfet de Douala II, a tenu une réunion le 25 février 2009 en présence de l’initiateur du projet de construction, et ceci à l’insu du bureau de l’Ascomafec. Ce qui conforte les responsables de l’Ascomafec sur le fait qu’ils ont été victimes «d’arnaque, et de complicité d’arnaque». En revanche, le sous-préfet explique pourquoi, l’Ascomafec n’a pas été convoqué. « Elle ne gère pas le marché. J’avais peur de l’exposer à des situations qui pourraient aboutir à sa dissolution, comme cela a été le cas avec l’association des commerçants du marché centrale. Puisqu’elle s’impliquait fortement dans la gestion du marché». Avant de poursuivre que le projet de construction de 1500 boutiques aux marchés des femmes et des chèvres est une affaire sérieuse. Tout en levant l’équivoque «Ce site est un domaine privé de l’Etat, et non un domaine privé constitué d’un congloméra de maisons transformées en boutiques comme le soutiennent les commerçants».
Ntonè Ntonè confond le sous-préfet
Tout part d’une correspondance datée du 12 janvier 2006 dans laquelle Elhadj Alli faisait part de son projet au délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Douala (Cud), Edouard Etondè Ekoto, alors en fonction. En réponse, Edouard Etondè Ekotto dans une lettre datée du 26 mai 2006, confirmait que le projet était sur étude. Sur la copie de cette lettre, Etondè Ekoto précisait à Elhadj Alli de prendre attache avec le directeur de l’urbanisme et de la construction de l’époque. Et le sous-préfet de Douala II déclare que le promoteur d’origine camerounaise, n’avait pas pu évoluer à l’époque avec son projet. Ceci suite à un changement survenu à la tête de la Cud. Le dossier étant resté dans les tiroirs, «Elhadj a saisi le préfet du Wouri et la Cud pour relancer son projet. C’est pourquoi j’ai tenu une réunion le 25 février 2009 en présence des représentants de la société Chanas Assurances, des agents de la Cud, de l’initiateur du projet Douala Centre II», explique le sous-préfet. Pour ce qui est des sommes octroyées, l’autorité administrative de l’arrondissement de Douala II, précise : «Le promoteur du projet aurait tenté de prendre de l’argent aux vendeurs. Mais cet acte a été protesté et stoppé par le délégué du gouvernement de l’époque». De même Mme Le maire Denise Faou de Douala II et le délégué du gouvernement Ntonè Ntonè Fritz que nous avons rencontré ne reconnaissent pas ce promoteur, ainsi que ce projet. Pour ces personnalités, il s’agit purement de la mafia et de l’arnaque.
Linda MBIAPA (stagiaire), article publié dans Le Messager
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