Lundi 6 avril 2009 1 06 /04 /2009 23:41

 Insécurité - Cité des palmiers

Dans la nuit de mercredi 1er au jeudi 2 avril 2009, des malfrats ont assiégé un domicile, arrosé du carburant avant de mettre le feu. 

 

La devanture de l’immeuble J d’un ensemble de 24 appartements au camp sic de la cité des palmiers est bondée de monde en ce matin du jeudi 2 avril 2009. Voisins, amis, parentés et connaissances sont venus aux nouvelles, mais aussi témoigner leur compassion à la famille Mouatcho qui a failli être carbonisée par des pyromanes la nuit dernière. Assis sur des chaises en plastique, le chef de famille ne cesse de raconter le triste évènement de la nuit dernière à chaque nouveau visiteur. Dans l’appartenant J1 situé à l’extrême gauche du rez-de-chaussée de l’immeuble, c’est une odeur du brûlé qui accueille les visiteurs. Au salon, un monticule de vêtements est versé au sol, on se serait cru dans la buanderie d’un pressing, si la maîtresse de maison et les camarades venues l’assister n’affichaient des mines patibulaires. La dame de ménage s’atèle à trier les vêtements pour extirper ceux qui ont échappé aux flammes.

Tout part aux environs de 1 heure 50 minutes dans la nuit de mercredi 1er au jeudi 2 avril 2009. Une bande de trois malfrats se poste devant les volets du salon où Jessica, élève en classe de seconde en section anglophone au collège Sacré Coeur révise encore ses leçons sous l’éclairage des réglettes. «Tu fais encore quoi éveillé lui demande l’un d’eux», confie Michel Mouatcha, cadre technique à la Sho Bassa. A peine veut-elle placer un mot qu’ils lui demandent en chœur : «Rassemblez tous les objets de valeurs : argent, portables, bijoux vous envoyez ». Lorsqu’elle va alerter ses parents, les malfrats ont versé une importante quantité de carburant dans le salon à travers les persiennes et se sont dirigés vers la fenêtre de la chambre des enfants où ils ont cassé les persiennes, avant de demander aux enfants «de se regrouper au milieu de la chambre on vous brûle.» C’est alors qu’intervient le maître de céans. «A peine je les proposais mes deux téléphones portable et une somme de 100 000 Fcfa pour les dissuader, j’ai entendu une voix dire vous croyez qu’on s’amuse et une autre dire on mets le feu. C’est ainsi qu’ils ont versé une importante quantité de carburant qui a noyé toute la chambre [Ndlr : où se trouvait deux lits (un à étage et un single) pour sept enfants]  avant de mettre instantanément le feu. C’est alors qu’une violente boule de feu m’a propulsé hors de la chambre», témoigne Michel Mouatcho, le chef de famille.

 

Règlement de comptes ?

Le maître des lieux va crier au secours, c’est ainsi que les voisins et membres de la famille vont se mobiliser avec des seaux d’eau qui ont été versés dans la chambre des enfants qui s’était embrasée sous les flammes. Consumant le lit jouxtant la fenêtre, les fils électriques, les vêtements, les fournitures et le classeur de chambre. «Bien avant, ils ont pris soins de casser les ampoules externes et de nous plonger dans le noir», affirme  Michel Mouatcho. L’arrivée des sapeurs-pompiers a permis d’éteindre les derniers foyers et de se rassurer qu’il n’y ait pas de flammes résistantes qui auraient pu conduire le feu au-delà de la chambre des enfants. Les éléments de la brigade de gendarmerie de Logbaba et du commissariat du 13ème arrondissement, arrivées sur les lieux ont tous conclu à un «acte criminel». Les enquêtes sont ouvertes et au moment où nous quittions les lieux, on annonçait la descente des fins limiers de la cellule scientifique de la police judiciaire.

Ce n’est pas le premier forfait des malfrats dont est victime cette famille. En octobre 2008, des brigands sont entrés par effraction dans le domicile, ont condamné la porte de chambre des parents avant de soulager les enfants de toutes leurs fournitures scolaires. En novembre 2008, ils reviennent à la charge en détruisant les serrures du véhicule de marque Ford de la dame. Quinze jours plus tard, le véhicule est tout simplement volé devant l’immeuble au milieu de cinq autres voitures. Ce qui fait dire à certains observateurs qu’il pourrait s’agir d’un règlement de comptes. Mais le couple dit de ne pas se souvenir avoir de démêler avec une tiers personne.

Mathieu Nathanaël NJOG, article publié dans Le Messager

Par Njognath - Publié dans : Société
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