Jeudi 2 avril 2009 4 02 /04 /2009 15:55

Emeutes de février 2008 - Mbanga

L’audience du 31 mars 2009 a été consacrée à l’interrogation et la contre interrogation d’un des témoins.

 

Renvoyée pour continuation de débat, l’affaire opposant le ministère public, la  société des plantations de Mbanga, et le ministère des finances à Lambo Sandjo Pierre Roger s’est poursuivi hier mardi 31 mars 2009 à la Cour d’appel du Littoral. Poursuivi pour complicité de destruction en bande lors des émeutes de fin février 2008, depuis trois audiences, c’est l’examination in chief et la cross examination des témoins de la partie civile. Lors de l’audience d’hier, seul le témoin Kingue Cyrille, 23 ans sans emploi a été entendu pendant près de quatre heures. Pour ce témoin, il se trouvait dans une bande de 17 jeunes du village Muyuka qui se sont spontanément mobilisés le 26 février pour défendre les intérêts du village Muyuka. «Nous n’avons pas toléré en tant qu’autochtone que les étrangers viennent caser les biens de notre village. Car Mbanga appartient à  nous les Balong», affirme Cyrille Kingue.

Dans la matinée du 26 février 2008, ils ont été alertés par les jeunes du lycée technique, chassés des salles de classes par les vandales. L’élève Elongue (non identifié) leur a confié qu’il a vu Lapiro de Mbanga rassembler les casseurs devant le lycée pour leur demander d’aller saccager les bananeraies de la Spm. C’est ainsi qu’ils ont changé de destination pour aller opposer une résistance aux casseurs. Arrivée sur les lieux, ils ont retrouvé uniquement Lapiro de Mbanga avec un caméscope à la main. En présence des autorités administratives et des forces de maintien de l’ordre, ils ont détruit le caméscope et récupéré les deux potables de Lapiro, avant de conduire manu militari devant le chef du village de Muyuka. Ce dernier s’étant rendu compte qu’il y avait violation de privilège de juridiction sur les autorités compétentes va demander à cette «milice» de s’en remettre aux autorités.

 

Un témoin pris au dépourvu

Une attitude que les avocats de la défense vont relever pour démontrer le caractère guerrier de «cette milice » des jeunes de Muyuka qui ont défié les autorités. En arrachant le caméscope entre les mains du Lieutenant Besse Besse, commandant de la compagnie de gendarmerie de Mbanga, avant de le détruire. Une passivité qui a valu au commandant d’être relevé de ses fonctions et d’être poursuivi devant le tribunal militaire par Lapiro de Mbanga. L’accusé, a soutenu que ces jeunes ont su qu’ils avaient été filmés entrain de casser c’est pourquoi ils ont défié les responsables des forces de l’ordre en détruisant ce caméscope. Pour Lapiro de Mbanga qui va confondre le témoin, il va démontrer que cette cabale cache une chasse contre les bamiléké. Car la direction générale de la Spm qui a été vandalisée est située au quartier I de Mbanga et dans le village Balong ba Mbanga et non Muyuka et qu’elle est la propriété de Possi Zacharie, un originaire de l’Ouest.

Pour lui, pendant les émeutes de février 2008, seules les casseurs marchaient en bande. Et dix sept jeunes de Mauyuka ne pouvaient pas affronter le millier d’émeutiers en furie qui mettaient toutes leurs cibles à sac. Surtout que Cyrille Kingue avoue que la milice dont-il appartenait y était allé mains nues. «J’étais près à mourir pour sauver les intérêts des Balong», soutient Kingue. On se souvient que le 24 mars 2009, Eyambe Ebéné Eyambé, conseiller des affaires foncières du chef Balong avait été confondu par Lapiro de Mbanga qui avait démontré qu’il avait tout intérêt à ce que le Cdi soit détruit, car ils n’ont jamais apprécié le fait que l’Etat n’ait pas dédommagé cette communauté sur l’acquisition de cette parcelle où ce centre a été construit.

Au final, Me René Manfo va faire passer aux aveux le témoin Cyrille Kingue. Il va avouer avoir signé «le rapport des jeunes de Muyuka» qui met à l’index Lapiro de Mbanga comme étant l’instigateur. Un document qu’il dit avoir signé sans avoir lu dans le bureau du juge d’instruction de Mbanga où il le découvrait pour la première fois. Un document où on retrouve la signature de Eyambé Mukwelle Philippe, un jeune de 53 ans qui est le témoin qui sera entendu à l’audience du 8 avril 2008.

 

Mathieu Nathanaël NJOG, article publié dans Le Messager

 

 

Par Njognath - Publié dans : Société
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