Dimanche 15 mars 2009 7 15 /03 /2009 19:03

Mœurs - Assainissement

Une chasse aux prostitués dans la Ville de Douala fait des vagues.

 

Le hall du commissariat de sécurité publique de 1er arrondissement de Douala Bonanjo fait l’objet d’une très grande attraction depuis mardi 24 février 2009. 46 présumées prostituées sur la centaine de filles raflées vendredi 20 février 2009 dans les différentes artères de Douala et par les patrouilles des commissariats du 1er et 2è arrondissement. Elles sont réputées pour prendre d’assaut les rues et ruelles reconnues pour être des axes où les belles de nuit s’exhibent de manière ostentatoire, déshonorante et agressive vont à la conquête des clients d’un soir. Détenues, elles ont été présentées devant les médias. «C’est dommage, on nous a sorti des cellules pour que les cameras des télévisions nous filment. Elles vont diffuser nos visages comme étant des prostituées pourtant nous ne le sommes pas toutes», lance indifférente Hortence. Et une autre d’ajouter : «D’ailleurs le journal Le jour a déjà publié nos noms. Maintenant nous serons confondues dans les quartiers et considérées comme telle.»

Plusieurs parents et membres de famille ont accouru pour s’acquérir de la situation. Ils apprendront que les filles arrêtées sont sous le coup d’une détention administrative décidée par le préfet Bernard Okalia Bilaï. L’opération consiste à assainir les mœurs dans les rues de la capitale économique. Car ses filles de plaisir peignent tristement Douala by night. Elle fait suite à une première opération coercitive engagée pendant les fêtes de fin d’année. Mais donc l’effet n’a pas suffi pour décourager ces professionnelles du plus vieux métier du monde. «Il y a parmi ces filles celles qu’on avait déjà raflé pendant les fêtes de fin d’année dernière. Leurs lieux de prédilection sont la devanture des services, domiciles des autorités administratives et missions consulaires », déclare Jean Claude Etoa Mballa le Sous-préfet de Douala 1er. Avant de poursuivre : «Même étant dans votre véhicule avec votre épouse, elles vous hèlent comme une veille connaissance. Pis encore, elles insultent copieusement votre épouse».

 

Dégâts collatéraux

Toutefois, chacune des filles en détention va de son explication pour démontrer sans conviction pour les unes et sans être convaincantes pour les autres qu’elles sont les victimes des dégâts collatéraux d’une opération dont elles ne sont pas les cibles. Même si les accoutrements et les attitudes viennent les confondre. «Les prostitués professionnelles ne sont pas arrêtées. Parce qu’elles ont des soutient au sein de la police qui les avisent sur leur arrivée», dénonce souligne Abbeh. Avant d’ajouter : «Pour mon cas,  je sortais du travail lorsque j’ai été interpellée alors que j’attendais le taxi. Subitement j’ai vu une bande de fille de plaisir s’enfuir, sans que je sache pourquoi», souligne Abbeh. Pour sa part Marie-Ange soutient qu’elle a été interpellée devant son kiosque à cigarette et de call box devant Akwa Palace. Le gérant du Nigth club Maxim a été aussi aperçu entrain de négocier la libération de sa caissière. En revanche, une visiteuse qui est venue assister une connaissance ne s’en cache pas sur le statut de cette dernière. «L’opération de libération des emprises a fait détruire le kiosque de ma camarde qui est une veuve avec cinq enfants en charge. Depuis lors, elle est obligée de se prostituer pour essayer de se refaire une santé financière avant d’entreprendre une autre activité», soutient Big Sophie.

Après quatre jours de garde à vue, les parents sont autorisés de récupérer les filles, sœurs, compagnes ou épouses. En contrepartie, les parents ont signé des fiches d’engagement parental qui mentionnent les filiations des parents et leur domiciliation, mais aussi un engagement sous l’honneur qu’en cas de récidive les deux répondront devant la justice conformément à la loi. «C’est le début d’une procédure judiciaire en bonne et due forme», précise Itone Besinga Ely, 3è adjoint préfectoral. Pour celles qui n’ont pas de parents pour signer cet engagement, leur sort reste à revoir. Plusieurs filles disent vivre seules parce que majeur qui s’assume et par conséquence ne peuvent bénéficier de l’intervention d’un parent. Il reste que des actes de corruption ont été relevés pour libérer certaines.

 

Mathieu Nathanaël NJOG, publié dans Le Messager

Par Njognath - Publié dans : Société
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