Grève - Mouvement d’humeur
A la suite d'un ballon d'essai lancé mercredi 25 février 2009, le personnel de cet établissement secondaire a lancé la phase II depuis hier lundi 2 mars. Hier lundi 2 mars 2009, le collège Alfred Saker (Cas) a connu une ambiance inhabituelle.
Les enseignants, installés dans la salle des professeurs observent un débrayage général. Dans l'enceinte de l'établissement, le calme studieux a cédé la place à un bruit indescriptible. Dans les salles de classes, les élèves abandonnés à leur sort jacassent et multiplient des va-et-vient. D'autres ont préféré déserter les classes après la pause de midi. La Seconde GB est ainsi réduite à un effectif de 19 élèves sur la cinquantaine qu'elle compte. Dans la salle des professeurs, alors que certains enseignants s'occupent à corriger les feuilles d'évaluation, plusieurs autres sont en concertation.
Il est question pour ces derniers de rédiger un protocole d'accord qui pourrait conduire à une levée du mot de grève dès ce matin. "Pour cela, il faut tout simplement que le principal tienne parole et le signe comme il s'y est engagé ce matin [lundi 2 mars 2009]", affirme un des enseignants. Seule une minorité d'enseignants a prodigué des cours. "Seul le professeur de mathématique a fait cours depuis le matin", confirme un élève de classe de 3ème.
Vers un compromis
La journée de Louis Lucien Herard Mandengue, principal du collège Alfred Saker, a débuté très tôt. Affichant profil bas, il a dû négocier avec le personnel un sursis à exécution de la menace de grève, l'implorant de ne pas compromettre l'avenir des élèves qui n'y sont pour rien et dont les parents se sont acquittés de la totalité des frais de scolarité. Dans ses concessions, il a promis de procéder au reclassement du personnel ; de revaloriser de 25% le salaire de base après reclassement pour les quatre mois restant (mars à juin) ; de revaloriser les deux primes (transport et enseignement secondaire général et technique, Esgt) jusqu'ici payées mais différées pour la rentrée prochaine. Le personnel exige une revalorisation de 50% dès la rentrée prochaine, l'intégration de toutes les autres primes (salissure, risque, rendement, recherche scientifique, ancienneté) toujours pas prises en compte. Les deux parties ont convenu de soumettre cela au comité exécutif de l'église évangélique du Cameroun (Eec) en mai prochain.
"Il est évident qu'il y avait des aspects de leurs revendications à prendre en compte. Nous y pensions déjà. Seulement, ce mouvement d'humeur va nous amener à donner une suite plus rapide que nous ne le pensions ", reconnaît Josué Charré, directeur national des enseignements secondaires général et technique (Esgt) et président du conseil d'établissement (Pce). " Nous sommes confrontés à un problème de trésorerie. Car il ne faut pas faire des concessions qui vont déboucher sur une cessation de paiement dès janvier ou février ", poursuit-il. Selon lui, les concessions faites entraînent un surplus de près de 44 millions Fcfa non budgétisés qu'il faut trouver pour les quatre prochains mois. Par ailleurs, passer à 50% d'augmentation entraînerait pour les salaires une dépense de près de 270 millions Fcfa sur des recettes qui n'excèdent pas 300 millions Fcfa l'année.
"Pour cela il faut attendre de voir le visage de la rentrée. Si les effectifs le permettent, on pourra satisfaire ces exigences." Toutefois, il précise que "selon la loi, l'augmentation se fait sur la base d'une décision concertée de l'assemblée des fondateurs des établissements d'enseignements privés secondaires protestants, de peur que cela n'ait un effet d'entraînement néfaste."
Focal
Aux sources du malaise actuel
Tout commence lors du Conseil d'établissement (Ce) du 14 janvier 2009. Dans leur rapport sur la situation du personnel, les quatre représentants du personnel démontrent son incidence sur la baisse des performances scolaires, dénonçant la moyenne salariale (90.000 Fcfa).
Ils relèvent l'inadéquation entre ce traitement et les conditions de vie actuelles avec la flambée des prix sur le marché. Pour eux, dans le contexte économique actuel, il faut au moins 175.000 Fcfa, or le décret N° 82/099 du 3 mars 1982 fixant les salaires des professeurs de l'enseignement privé entré en application en 1985, est dépassé. Plus grave, au Cas, cette grille serait mal appliquée parce que ne prenant pas en compte les échelons prescrits.
Mais le Conseil classe le rapport du personnel sans suite qui le prend mal. Ce qui débouche sur l'assemblée générale du personnel du 22 janvier dernier. Le personnel réitère ses revendications dans une correspondance adressée au directeur national des Esgt. Il réclame une revalorisation salariale du simple au triple et la mise en place d'une commission paritaire qui devra siéger tous les deux ans pour statuer sur les échelonnements.
Une deuxième correspondance est envoyée avec un programme de débrayage si aucune suite n'est donnée. Un conseil d'établissement est alors convoqué pour le 28 février 2009, trois jours après la première phase du débrayage annoncé pour le 25 février 2009 par une demi journée de réflexion (protestation) qui a effectivement eu lieu. Le Conseil du 28 février s'étant achevé en queue de poisson après six heures de discussion, le personnel met en exécution la deuxième phase qui consiste à un débrayage qui ira du 2 au 4 mars 2009 dénommé "Journées de mécontentement".
Si jusque-là aucune solution n'est trouvée sera alors entamée pour une durée indéterminée un débrayage baptisé " journées des humeurs noires ". Au moment où nous allions sous presse, nous avons appris que la grève a été levée après la signature du protocole d'accord dans lequel le personnel a joint une clause sécuritaire. "Pas de rétorsion et de licenciement abusif pour une durée de dix ans."
Mathieu Nathanaël NJOG, publié dans Le Messager
| Décembre 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | |||||
| 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | ||||
| 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | ||||
| 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | ||||
| 28 | 29 | 30 | 31 | |||||||
|
||||||||||