Mercredi 11 février 2009 3 11 /02 /2009 16:22

Trajectoire - Les hommes qui ont marqué 2008

L’homme le plus redouté des bandits est traduit devant le tribunal militaire. Malgré la confiance sans faille de sa haute hiérarchie pour ses faits d’armes dans la lutte contre le grand banditisme, il croupit depuis peu à la prison militaire de Yaoundé. Il est accusé d’avoir donné la mort à un inspecteur de police qu’il dit avoir retrouvé couché avec son épouse en tenue d’Adam et Eve dans son domicile.  

 

On se souvient encore avec un brin d’amertume qu’au cÅ“ur des grands coups de filets dans la région du Littoral se trouvait toujours le commandant «courage» Joël Emile Bamkoui. Malgré sa sobriété et sa discrétion, il force l'admiration et le respect. Le dernier coup de filets qu’il réussit avec ses éléments est le démantèlement de deux redoutables gangs qui ont semé la terreur dans la ville de Douala et ses environs. Faisant remonter l’insécurité et la grande criminalité. Le cliché mémorable reste encore la présentation le 4 août 2008 de 16 gangsters à la légion de gendarmerie du Littoral avant leur déferrement au tribunal militaire de Douala. Ils étaient spécialisés dans les vols aggravés (braquage), le recel et l’évasion des milieux pénitenciers. Dans la nasse, 11 armes constituées de pistolets automatiques modernes et de fabrication artisanale, 50 munitions de guerre et de chasse retirées des mains de ces hors la loi. Ces bandits  ont entre décembre 2007 et juillet 2008 terrorisés les populations.

L’arrestation de Essaka Tony Bolivar alias Messi, d’Ali alias Alhadji et de Mboumté Alain alias Toupi, évadés de prison depuis le 25 décembre 2007, a été le déclic ayant permis de remonter toute la filière. Ils sont soupçonnés d’avoir opéré un braquage à la station service Pétrolex de Bonabéri emportant plus d’un million et demi de Fcfa. Ainsi pendant deux mois, le chef d’escadron Bamkoui et ses éléments ont procédé à une filature qui a permis de débusquer 5 trafiquants d’armes en plein marché central de Bamenda. C’est ainsi que Achu Mathias, Tamankag Michael, Taku Michael Teneng, Taku Penn John Parmi ces gangsters, on annonce que les suspects du braquage effectué à l’agence de la Bicec à Bali au mois de décembre 2007 avec un butin de plusieurs millions de francs emportés. Il s’agit de Paroule Emmanuel alias Ibo man alias Nji Cosmas, de Nzock Boma Marcel (moto-taximan) et de Tchoumba Ndassa Lucien (moto-taximan). De même, Wansi Gilles alias Oxygène, le bourreau du lieutenant colonel du génie militaire à Bassa, Njumé Charles Ndille, est dans la nasse. On se souvient que lors d'une visite à Douala de l’ancien Secrétaire d'Etat à la Défense chargé de la gendarmerie, Jean-Marie Aléokol, le commandant Bamkoui n'était pas allé du dos de la cuillère pour incriminer le mercantilisme des magistrats en déclarant  qu'il était fatigué de traîner des bandits au parquet où ils sont remis en liberté. « Sur le terrain je ne manque pas de demander à mes hommes de faire le ménage.» En effet, Bamkoui revendique un tableau de chasse impressionnant. Ses collègues parlent des dizaines de gangsters tués au cours de son service. Un bilan qui lui vaut la confiance de sa hiérarchie, et lui confère également une réputation de gâchette facile. Dans les milieux de la gendarmerie les avis sont partagés. D'aucuns critiquent ces méthodes, d’autres disent de lui qu'il est simplement ferme dans ses décisions et particulièrement sérieux dans son travail.

 

Un meurtre sibyllin

Dans la nuit du 13 au 14 novembre 2008, sous une brise fraîche, alors que le thermomètre oscille entre 25 et 30°C, le camp des officiers de gendarmerie de Mboppi est le théâtre d’un drame rocambolesque et sibyllins. Avec au bout mort d’homme. Les acteurs sont : le chef d’escadron Bamkoui Emile Joël, son épouse la gardienne de la paix Danielle Mvoune à Ekorong épouse Bamkoui et l’inspecteur de police Hervé Michel Ndjifon Mapouro. Il faut attendre le lundi 17 novembre 2008 avec l’intérêt accordé par tous les quotidiens et autre journaux pour ébruiter un incident meurtrier qui s’est déroulé en fin de semaine précédente et que la grande muette a essayé de taire en vain. En effet, cette nuit tragique, l’inspecteur de police Hervé Michel Ndjifon Mapouro reçoit une dizaine de balles tirées par le commandant Joël Emile Bamkoui. Il va décéder de ses blessures au petit matin à l’hôpital Laquintinie où il est admis aux urgences.

Que s'est-il réellement passé dans la nuit du 13 au 14 novembre 2008 au domicile du chef d'escadron Joël Emile Bamkoui ? Pour ce qui concerne les circonstances, le flou continue de persister. En attendant que jaillisse finalement  la vérité sur les circonstances exactes de ce drame, plusieurs thèses continue de s'affronter. Les insinuations les plus grossières sont avancées comme des exactitudes. Dans les médias et dans les conversations, on essaie de faire avaler des théories les plus folles. Il va s’en dire que cette affaire alimente les commentaires les plus passionnés, on semble cependant s'accorder sur une chose. Avec le décès du troisième acteur principal de ce film macabre, seul le couple Bamkoui, et particulièrement l'épouse du chef d'escadron, peut véritablement éclairer les lanternes sur l'assassinat d'Hervé Michel Mapouro Ndjifon.

L'affaire n’a cessé de défrayer la chronique. La question qui est accablante, reste pourquoi et comment le Commandant Bamkoui a abattu quelqu'un de sang froid? Et pourquoi il est encore en liberté. Chaque jour qui passe l’opinion publique veut en savoir sur l’évolution. Aussitôt, l'affaire est portée au-devant de la scène. Chacun veut percer le mystère qui l’entoure. Car, même s'il y a un motif, il n’en demeure pas moins vrai qu’il y a mort d’homme. Réputé pour son professionnalisme, ce fils de pasteur est reconnu par les collègues de son épouse au commissariat spécial de l’aéroport international de Douala comme un mari jaloux. Depuis que le tribunal militaire de Douala a été dessaisi du dossier par décision du ministre de la défense prise le 9 décembre 2008, le juge d’instruction l’a placé en détention provisoire le lendemain 10 décembre à la prison militaire de Yaoundé. On y apprend de la synthèses des auditions que le commandant Bamkoui, fils de pasteur soutient avoir trouvé son épouse en flagrant délit d'adultère avec la victime dans la chambre réservés aux étrangers. Il ne faut pas se méprendre, Joël Emile Bamkoui ne regrette pas son acte, il ne saurait être traumatisé pour si peu. Il estime avoir agi en légitime défense en plus d’avoir vu son honneur bafoué. Il a même affirmé lors des enquêtes que si c’était à refaire, il le referait. Une brillante carrière de gendarme risque ainsi de prendre du plomb dans l'aile. Après avoir enchaîné plusieurs stages de recyclage successifs sur le plan national et international, le commandant Bamkoui devait, en effet, être promu au grade de lieutenant colonel dès le 1er janvier 2009. Une promotion plus que jamais hypothéquée.


Mathieu Nathanaël NJOG

Bio

Né le 2 avril 1965 à Bafia

- Commandant du groupement de gendarmerie du Wouri

- Chef d’escadron de gendarmerie

- Commandant de compagnie de gendarmerie de Douala

- Commandant de compagnie de gendarmerie de la Mifi

Capitaine de gendarmerie

- Commandant de peloton de Nkongsamba

1992 : Sortie Emia promotion « Ouverture Â»

- Chrétien de l’église évangélique luthérienne du Cameroun (Eelc)

- Karateka shotokan 2è dan

- Marié père de 5 enfants

 

 

Par Njognath - Publié dans : Société
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