Sinistre
Une maison familiale a été consumée sous les flammes au quartier Kassalafam dans la nuit de mercredi 21 janvier 2009.
A l’annexe des urgences, situé au bloc ORL de l’hôpital Laquintinie, il est 8 heures, une vingtaine de personnes sont postées à l’extérieure, les mines renfrognées, ils devisent sur l’incendie qui a consumé toute une maison au quartier Kassalafam sis à l’arrière du Commissariat du 6è Arrondissement. Ce sont les amis, frères et parents qui ont accouru auprès des victimes. Elles sont sept personnes hospitalisées dans cinq chambres. Parmi lesquelles Lissom Lazare, Njiki Olivier et Goriom Madi, trois brûlées au deuxième degré ; un brûlé au troisième degré, Celepays Moïse qui a été conduit en réanimation ; et trois autres, Mme Lissom Solange, Mme Njiki Marie et Njiki Luc Legrand (4 ans), victimes d’étouffement. Transportées par le car de la police aux environs de minuit, toutes les victimes ont reçu les premiers soins. Les brûlures étaient endolories par une crème blanche et les perfusions étaient administrées à chacune des victimes. C’est la consternation auprès des visiteurs qui ne désemplissent pas au couloir, obligeant le personnel médical de les renvoyer hors du bloc pour les besoins d’aération des lieux.
Selon les témoignages des victimes, aux environs d’un peu plus de 22 heures, alors que les occupants de la case familiale et les locataires des cinq chambres externes étaient pratiquement endormis, Mme Njiki Marie dit avoir eu la sensation d’une présence étrangère dans la maison. Elle pense à celle des bandits, lorsqu’elle se réveille, c’est plutôt une forte ordure de brûlure qu’elle ressent. Elle donne alors l’alerte à son époux qui se lève précipitamment et constate qu’il y a d’importantes flammes qui viennent de la cuisine. Olivier fait appelle à son frère aîné Lazare qui fonce vers la cuisine où il est envahi par un flot de flammes dévastatrices. Ils vont se débattre comme des beaux diables pour en sortir et sauver les membres de leur famille. Une qui s’est montrée héroïque, c’est Mme Njiki Marie qui s’est jetée sur l’enfant de son mari, le petit Luc Legrand Njiki, 4 ans pour le sauver en plein sommeil devant la furie des flammes, au risque de sa vie. Les deux s’en tireront finalement avec une intoxication au dioxyde de carbone.
Main criminelle
Pour les causes de cet incendie, la famille ne se fait de doute sur l’origine criminelle. Le père, Nsoa Isaac qui se trouvait dans la foule présente à l’hôpital Laquintinie maugréait des méchancetés sur l’un de ses fils. «Qu’il creuse même le sol pour se cacher il devra payer pour ses actes ». En effet, selon Njiki Lazare, depuis que leur papa qui est désormais installé au village lui a confié la gestion du domicile familial, notamment des chambres en location au détriment d’un de ses frères consanguins, le climat est emprunt de tension. C’est ainsi qu’il n’y a pas longtemps, un de leur frère adultérin, Nsoa Abraham a crée un deuxième front de dissidence. Sorti de nulle part, il décide de regagner la concession familiale et réclame à cor et à cri d’occuper une des chambres en location. En vain. C’est ainsi que mardi 20 janvier 2009, il y fait une descende punitive et opte pour des actes de vandalisme. Il va saccager un pan de mur en béton avant d’être stoppé dans sa folie par ses autres frères aînés. «En rebroussant chemin, il lance la menace de revenir le lendemain incendier la maison. Sa menace n’est pas prise au sérieux, jusqu’à ce que le pire arrive», témoigne Lissom Lazare. Ses sœurs confieront qu’on l’a aperçu très tôt hier matin devant la maison rasée par les flammes. Confirmant la règle selon laquelle : l’assassin revient toujours au lieu du crime. «Notre papa est arrivé le mercredi en fin de soirée pour organiser hier (ce jeudi) une assise familiale sur le conflit qui oppose ses enfants. Maintenant il est dans l’amertume de voir que c’est sa progéniture qui a ainsi réduit à néant le fruit de ses efforts professionnels», témoigne une des soeurs.
Mathieu Nathanaël NJOG, article publié dans Le Messager
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