Mardi 3 février 2009 2 03 /02 /2009 14:41

Crise Afc - Football

Le secrétaire général de l’association des footballeurs camerounais a donné une conférence de presse vendredi 23 janvier 2009 pour lancer son plaidoyer contre les dérives managériales qui y ont cours.

L’Association des footballeurs camerounais (Afc) traverse une phase de turbulence. Certainement la plus importante de son existence. Le secrétaire général Timothée Mackongo et le commissaire  aux comptes Isaac Bassoua ont lancé une croisade pour dénoncer les dysfonctionnements. Après avoir tenté à l’intérieur d’interpeller en vain le président pour l’instauration d’une gestion administrative et financière saine qui réponde aux normes académiques, ils ont décidé de faire le déballage sur la place publique. «Cette conférence a pour but d’informer les acteurs et institutionnels sur la problématique du fonctionnement de l’Afc et sensibiliser sur la nécessité d’une fluidité réelle de sa gestion», affirme Timothée Mackongo dans son propos liminaire. Parce que pour le conférencier, Mayebi a pris en otage l’Afc qu’il gère comme une épicerie, sans lisibilité dans sa gestion administrative et financière. «Les bilans annuels de dépenses depuis la création de l’Afc, sont connus du président seul. Les cotisations des membres sont proches du néant, les sources de financement, globalement, ne sont connues que du président national qui à ce jour, reste seul ordonnateur en amont et en aval des opérations financières», affirme Mackongo.

Seulement, ce dernier soutient qu’il vient d’avoir vent de certains apports. A l’instar de ceux de l’Union national des footballeur professionnels (Unfp) de France ; de la Fédération internationale de footballeurs professionnels (Fifpro) dit-il, selon les informations fiables et récentes glanées auprès de son secrétaire Theo Van Seggelen, verse annuellement et depuis sept ans à la Afc une subvention de  22.000 euros, (soit environ 140 millions Fcfa). La Fecafoot alloue 2 millions Fcfa. Les sociétés Orange, Mtn et Sabc aussi ont des apports non négligeables. De même que celle de plusieurs joueurs professionnels évoluant en Europe. Des encaissements jamais déclarés. Pour Noe Mbengan, le responsable de la communication de l’Afc, «La Fifpro ne subventionne pas les associations et particulièrement l’Afc. Toutefois l’Afc a reçu des financements ponctuels mais pas une subvention permanente». Sans être précis sur les projets et les montants. Il révèle aussi que lors de l’Assemblée générale de l’Afc du 29 mai 2008,  le président Mayebi a fait entériner par la commission des finances que l’Afc lui doit la somme de 353 millions Fcfa investit depuis sa création en 1994. Malheureusement sans pièce justificative indique Mackongo.

 

Vers un audit international

Autres dénonciations, Timothée Mackongo déplore que le siège de l’Afc construit à Yassa à un montant de 400 millions Fcfa déclaré par son président, sans avoir produit de preuve, est construit sur un terrain dont le titre foncier est au nom de Mayebi. «Il faut dire que Mayebi a octroyé dans son terrain 1000 m2 à l’Afc pour la construction de son siège et c’est Mackongo, Bassoua, Ndegwa qui ont géré les procédures de ce morcellement», précise Mbengan. Seulement personne ne justifie que cet octroi est soutenu par un acte notarié. Ce qui laisse penser qu’il y aurait en trame de fond un marché de dupe. Mackongo s’offusque de ce que pendant toutes des années toutes actions menées au sein de l’Afc n’avait qu’un seul but : « faire la promotion personnelle, loin bien au-delà de toutes les limites du raisonnables».

Au final, il justifie les motivations qui l’ont amené à faire ce déballage public : «Mon intention n’est pas de faire éjecter le président David Mayebi, mais l’amener à se conformer aux textes statutaire de l’Afc. Je ne suis pas animé par une haine intérieur, mais par une volonté de construire l’Afc», insiste Timothée Mackongo. Avant de reconnaître qu’il a aussi sa part de responsabilité dans la dérive actuelle de l’Afc. «Je suis aussi condamnable, puisque j’ai aussi participé à plusieurs combines avec Mayebi. Pour que les choses changent il ne reste plus que l’intervention de la presse». Toutefois, il promet de saisir la Fifpro pour qu’elle commande un audit international.

 

Mathieu Nathanaël NJOG, article publié dans Le Messager

Par Njognath - Publié dans : Société
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