Société – Pasoc
L’Association presse jeune a organisé le vendredi 23 janvier à Douala, un atelier sur le rôle des medias dans la construction d’une société civile forte au Cameroun.
Après une étude effectuée sur cinq quotidiens (Cameroun Tribune, le Messager, Mutations, La nouvelle expression, le jour), l’Association presse jeune (Apj) est arrivée à la conclusion que «l’information sur la société civile est fortement baissée dans la presse camerounaise ». Sur un ensemble de 1824 pages parcourues qui correspondent à la parution de ces quotidiens pendant la période du 1er au 31 octobre 2008, l’étude dit avoir relevé au total 139 article traitant de l’actualité sur la société civile. Ce qui représente un pourcentage de 7,6%. En terme d’encombrement Le Messager et La Nouvelle expression vienne en tête avec 8,3% chacun. Surtout que la technique de dépouillement consistait à rechercher les articles traitant des mots (Ong, association, mouvement, syndicat, organisation internationale, société civile). C’est ce qui justifie l’organisation d’un atelier sur « le rôle des medias dans la construction d’une société forte au Cameroun », avec le soutien financier du Programme d’appui à la structuration de la société civile au Cameroun (Pasoc). D’autant plus que les médias et les organisations de la société civile sont des acteurs incontournables pour le changement social.
Pour les organisations de la société civile (Osc), « les médias sont déphasés en ce qui concerne la société civile et mettent l’accent sur le ngombo (l’argent) pour couvrir leurs manifestations». Ce qui a pour conséquence de freiner une grande implication des medias dans toutes les manifestations organisées par les Osc de moindre envergure. Seulement certains responsables de Osc restent controversé. C’est le cas de Caroline Kenkem, secrétaire exécutive adjointe du Recap plus. Autant dans cette étude elle déplore qu’«il faut toujours payer quand nous sollicitons une couverture d’une action sociale», autant elle reproche les journalistes de faire leur travail en toute indépendance. «Parfois même le travail n’est pas fait comme nous le voulons, il dévoile parfois des secrets que nous aurions voulu garder cachés, la densité de l’information est réduite et noyée dans d’autres ».
Mais au cours des débats, il a été constaté que la méthodologie de cette étude avait quelques défaillances. Ce qui aurait permis de reconsidérer le traitement de l’information des actions de la société civile par les médias. Car au regard de la rubrication de ces quotidiens, les 7,6% peuvent aussi être perçus comme étant une place prépondérante qu’accorde les journaux au traitement des actions de la société civile. Tout de même les journalistes participants à cet atelier ont demandé aux responsables des Osc de s’illustrer par des actions dynamiques et comestibles qui visent à influencer les politiques des décideurs publics. En se montrant réactif dans leurs prises de position et dans leurs plaidoyers. Sans que cela soit tout simplement de l’activisme militant. Les Osc ne doivent pas réduire le rôle des médias à la communication, qui dans ce cadre est un traitement payant. Surtout qu’il y a beaucoup d’Osc opportunistes qui ont proliférés avec l’accroissement des ressources financières mises à la structuration de la société civile. Et qui s’illustrent par une inertie et des actions en salle pour justifier leur existence et leur financement.
En somme cet atelier aura eu le mérite de susciter le débat entre les rapports que les médias doivent entretenir avec la société civile pour concourir au développement social souhaité par tous. Après Douala Thomas Tchetmi président de l’Apj et Christophe Courtin chef de projet Pasoc mettent le cap le 6 février à Yaoundé pour l’atelier avec les journalistes de la capitale.
Mathieu Nathanaël NJOG
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