Dossier 14
Affaire Mapouro - Bamkoui
Le mardi 23 décembre 2008, le juge d’instruction du tribunal militaire de Yaoundé a entendu les ayants-droit de la famille Mapouro. Il a aussi procédé à la confrontation entre l’épouse du commandant Bamkoui et la sœur du défunt qui s’est constitué partie civile
Le ministre délégué à la défense a dessaisi il y a depuis quelques semaines le tribunal militaire de Douala et a confié l’affaire au tribunal militaire de Yaoundé pour assurer la neutralité et garantir la manifestation de la vérité. Pour déterminer la nature de la culpabilité ou non du commandant Bamkoui, les magistrats du tribunal militaire de Yaoundé se sont mis à pied d’œuvre et viennent après des descentes à Douala de boucler l’information judiciaire avec d’une part la confrontation du commandant Bamkoui et de son épouse, d’autre part la recevabilité des éléments que la famille du défunt avait à verser au dossier. Mais aussi la confrontation entre les ayants droits et Mme Danielle Bamkoui. Le Mardi 23 décembre 2008 accompagnées de leurs avocats, Mme Danielle Bamkoui a affronté Marthe Laure Njifon Chumom. Au cours de cette confrontation, Mme Danielle Bamkoui a affirmé que son époux les avait surpris en tenue d’Adam et Eve après des ébats bien consommés. Et elle soutient que Mapouro s’était rendu chez elle en sachant qu’il venait pour se livrer à cette partie de plaisir. Elle a alors avoué son infidélité, mais n’a pas fait allusion sur la durée de cette relation. Elle a simplement affirmé qu’ils sont des amis d’enfance, leurs parents étant des familles amies et voisines. Mais en face, elle a dû affronter la riposte de la jeune Marthe Laure Chumom, 24 ans la benjamine de la famille Njifon qui a contesté cette version arguant que ce n’était pas celle qu’elle lui avait confié au téléphone. Mme Bamkoui a eu tout le mal de soutenir cette controverse, surtout que Marthe Laure a présenté un cousin qui avait suivi leur conversation en main libre. Danielle Bamkoui a reconnu qu’elle avait appelé mais conteste la teneur de la conversation. Simplement elle n’a pas pu se montrer convaincante. Au point que le juge d’instruction Jonas Hiehes n’a pas caché son étonnement devant les balbutiements de Mme Bamkoui. Et de faire remarquer qu’il doute fort bien qu’elle puisse tenir la contradiction devant la barre.
Contradictions
La famille de l’inspecteur de police Hervé Mapouro est loin d’avoir fait le deuil. Elle veut comprendre ce qui s’est réellement passée dans la nuit du 13 au 14 novembre 2008 au point que le chef d’escadron Emile Joël Bamkoui ait criblé de balles leur frère à tel enseigne qu’il finira par succomber de ses blessures. A ce jour, plusieurs thèses s’affrontent sur les circonstances de cet incident tragique. D’autres veulent croire à un crime passionnel doublé d’une légitime défense, d’autres à un crime prémédité. Pour le commandant Emile Bamkoui, il a retrouvé après minuit l’inspecteur Hervé Michel Njifon Mapouro couché dans la chambre d’amis avec son épouse en tenue d’Adam et Eve. Et c’est à la suite d’une agression de son épouse qui voulait l’empêcher d’identifier son amant qu’il a usé de son arme. Pour les collègues de Mapouro, ce dernier est allé récupérer des liqueurs qu’il avait achetées et que son collègue gardien de la paix principal Mme Mvoune à Ekoron Danielle épouse Bamkoui l’avait aidé à mettre en sécurité dans son véhicule. De même pour les deux frères de Mapouro, Mathurin (le gendarme) et Raoul qui sont les deux premiers que Mapouro a appelé à son chevet il leur aurait avoué au téléphone qu’il a été agressé par des bandits. Or pour Marthe Laure Njifon Chumom, la sœur de Mapouro, la collègue de son frère, Mme Danielle Bamkoui qui l’avait joint au téléphone dans la nuit pour l’informer de l’incident, lui a affirmé que son mari a agi sur un coup de jalousie gratuite. Les ayant trouvé entrain de classer les liqueurs, il s’en est pris à Mapouro. Et Mme Bamkoui, avait au lendemain de l’incident fait deux déclarations contradictoires à la police judiciaire et devant la commission d’enquête mixte.
Mathieu Nathanaël NJOG, publié dans Le Messager
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