Dossier 6
Meurtre Mapuro
Pour s’assurer de la manifestation de la vérité, les avocats ont engagé d’autres procédures judiciaires additives.
Le mardi 25 novembre 2008, les avocats de la famille du policier Mapuro Njifon Hervé Michel ont déposé auprès du Procureur général une plainte additive contre le Dr Louis Joss Bitang à Mafok, chef de l’unité chirurgie viscérale à l’hôpital Laquintinie de Douala. Il est poursuivi pour «omission de porter secours et refus d’un service dû». Le Dr Bitang à Mafok dit n’être pas encore notifié. Son malheur, c’est d’avoir été le chirurgien de garde dans la nuit du 13 au 14 novembre, lorsque le policier Mapuro succombe à l’hôpital Laquintinie de Douala des blessures de balles tirées par le commandant Emile Joël Bamkoui sous le prétexte de l’avoir surpris en tenue d’Adam et Eve avec son épouse dans le lit de la chambre d’amis après minuit.
La famille motive sa plainte sur la base des confidences faites par Mme Bamkoui née Mvoune à Ekoron Danielle à Mlle Marthe Laure, la soeur benjamine du défunt qui s’est constituée partie civile dans cette procédure judiciaire. Alors qu’elle venait de conduire Mapuro Hervé aux urgences de Laquintinie, Mme Bamkoui Danielle dans une conversation téléphonique que la sœur de Mapuro dit avoir enregistré, lui a confié que son mari a tiré sur son frère par folie et pour une raison qui ne tient pas. Et qu’elle l’a conduit à l’hôpital Laquintinie où elle a pris les dispositions nécessaires pour qu’il reçoive les soins intensifs. Elle avoue simplement qu’elle est confrontée à l’absence au poste du chirurgien de garde. Elle dit l’avoir appelé et qu’il a dit qu’il ne pouvait arriver qu’aux premières lueurs du jour. Une situation qui a conduit ses collaborateurs à lui administrer les premiers soins. Notamment, suturer les blessures, une douzaine, en laissant les balles dans le corps. Prétextant qu’ils auraient administré une injection qui permettrait aux balles de ressortir tout seul.
La position du corps médical
Faux rétorquent les infirmiers sous anonymat du bloc opératoire. Ils affirment dans leur rapport qu’au moment où le policier est arrivé à l’hôpital Laquintinie, conduit par «sa copine» qui s’est présentée sous une fausse identité, il était déjà dans «un collapsus très avancé». En effet, il avait perdu plus de la moitié de son sang. «Son état ne permettait pas qu’on l’opère. Il fallait d’abord le remonter», confient-ils. C’est pourquoi ils disent lui avoir administré deux poches de sang par pompage, effectué une radiographie du basin, suturé la douzaine de blessures, et stabilisé son état. Mais, ils disent que la mort du policier a tout simplement déjoué toutes leurs prévisions.
Ce qui conforte encore plus la famille dans son exigence pour qu’une autopsie soit effectuée. Ils veulent savoir si Mapuro a été drogué, le degré des tortures qu’il a subi, si une arme blanche a été utilisée et si elle n’a pas été empoisonnée, le nombre de balles reçues, et une analyse balistique des plombs qui seront extraits. Ils soutiennent aussi que la non extraction des balles ne tenait en rien à la présence ou non du chirurgien. «Il y a des gens qui vivent avec les balles lorsqu’elles n’ont pas atteint les points vitaux. Et dans les cas pareils, il y a des situations où forcer l’extraction des balles est encore plus dangereux pour le blessé», expliquent-ils pour notre gouverne.
Par ailleurs, les avocats de la famille ont aussi adressé une autre requête au Procureur général avec ampliation au commissaire du gouvernement pour obtenir une réquisition à l’endroit des sociétés téléphoniques Mtn Cameroon et Orange Cameroun afin de sauvegarder les communications effectuées entre les trois protagonistes (Bamkoui, Mme Bamkoui et Mapuro) entre le 10 et 14 novembre 2008.
Mathieu Nathanaël NJOG, publié dans Le Messager
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