Mardi 30 décembre 2008 2 30 /12 /2008 12:47

Dossier 4

Interview - Georges Ndam

Le frère de l’inspecteur mapuro Njifon Hervé Michel abattu par le commandant Bamkoui sous le prétexte de l’avoir trouvé en flagrant délit d’adultère avec son épouse dans son domicile s’est confié au Messager pour donner la part d’éclairage de la famille.

 

 La thèse la plus répandue fait allusion à un crime passionnel. D’autant plus qu’il est soutenu que le commandant Bamkoui a trouvé l’inspecteur Mapuro couché avec son épouse dans son domicile. Comment appréciez vous cette thèse ?

Je soutiens que la thèse est fausse et je pense en mon âme et conscience que les investigations ont été faites comme il fallait. J’ai des doutes sur le lieu où cela s’est passé. En tout cas pas à Mboppi. Mapuro est un être humain, avec tout ce qu’il a subi, je suppose qu’il a crié et vous me direz que personne n’a entendu ? Si par ailleurs, on veut nous faire croire que pendant qu’il le torturait les voisins sont sortis, il a dit que c’est l’amant de ma femme que je suis entrain de torturer et que les gens sont resté indifférent dans un camp  de gendarmerie, c’est qu’il y a problème. La seule personne qui peut dire avec certitude où cette atrocité s’est réellement passée est l’épouse du comandant Bamkoui. Connaissant mon frère et au regard des éléments que je garde pour moi et que je vais sortir au moment opportun. Moi je dis que même si Mapuro Hervé s’est retrouvé en Mboppi on l’a ramené là-bas. Je suis certain qu’on l’a molesté ailleurs pour une raison ou une autre et on l’a ramené au domicile de Bamkoui pour corroborer tout ce qu’ils ont fait comme montage. Le sévisses subis par mon frère n’ont pas commencé à Mboppi et je tiens à rappeler que mon frère a  été molesté pendant plus de deux heures avant de l’amener à l’hôpital. Lorsque vous regardez les photos et que vous sculptez tous les points d’impact sur son corps, vous vous rendez compte que cela ne sait pas fait en 10 minutes.

Il faut aussi dire que la violation de domicile à laquelle on fait allusion ne peut pas prospérer. En supposant qu’il était au domicile de Bamkoui, il n’y est pas allé sans le consentement d’un des membres du couple, puisqu’il serait allé sur invitation de son épouse. De même pour la légitime défense. D’autant plus que Hervé n’était pas armé et était en civil. Il avait laissé sa tenue à l’aéroport après le travail et son armé lui a été retiré lors de sa mutation pour le commissariat de l’aéroport.

 

Quelle relation faites-vous entre des points d’impact et le nombre de balles tirées ?

Lorsque je regarde l’abdomen de mon frère et voit les blessures et qu’on me dise que ce sont les impacts de balles, j’en doute. Je dis d’abord pour quelqu’un qui voulait donner la mort à sa victime, il sait les points vitaux sur lesquels il devrait viser. Seulement lorsque je retourne le corps de Mapuro, je ne vois pas la moindre blessure sur son dos qui puisse témoigner de la sortie des balles. Même si on n’avait tiré sur mon frère à 200 mètres, les balles l’auraient transpercé. En plus, lorsque vous regardez les photos, vous vous rendez comptes qu’il n’y a pas de sang sur le corps de la victime. A l’hôpital on ne nettoie personne pour soigner les blessures. C’est la preuve que ce ne sont pas les balles qui ont été utilisés, en revanche une arme blanche, certainement empoissonnée pour lui donner une mort lente. On a tiré sur lui sur les parties essentielles comme la cuisse, le bras, on a fracturé son pied gauche avec un objet autre qu’une balle.

 

Qu’es-ce qui peut expliquer qu’un être frappe mortellement un autre de cette manière là ?

Ce n’est que de la folie. C’est dire que dans l’armée du Cameroun on entretien des fous sans le savoir. Il y a des psychopathes comme Bamkoui dans notre armée. Sinon il ne peut pas déchaîner autant de cruauté sur un être humain. On a cru qu’en déchaînant autant de cruauté, il servait l’armée. C’est un malade qui jouit en faisant mal aux gens. Je soutiens dans ma thèse que ce monsieur doit être suivi par un médecin. Et pendant plusieurs mois.

 

Peut-on avoir le dernier développement de la procédure judiciaire qui est engagée ?

Croyant encore à la justice du Cameroun, la famille a opté pour la voix de la sagesse. Nous nous sommes remis entièrement à la justice pour laisser éclore la manifestation de la vérité. Nous avons adressé mardi (avant-hier) une requête au Commissaire du gouvernement pour demander l’autopsie du cadavre de notre frère. Ce qu’il a accepté sans difficulté. La seule condition était que les médecins soient disponibles. Et hier mercredi, on nous a fait savoir que son corps devait être transféré à la morgue de l’hôpital Laquintinie où on a trouvé les deux médecins légistes qui sont habilités à effectuer l’autopsie. Tout dépendra des conclusions de l’autopsie, si nous serons d’accord ou non, parce que nous tenons à ce que la vérité soit faite. Ce que nous recherchons c’est la manifestation de la vérité. Nous voulons savoir si Mapuro a été torturé ou non. Parce qu’il n’est pas mort sur le coup. Il est arrivé à l’hôpital aux environs de minuit et demi, si on s’en tient à la facture d’imagerie médicale payée à 1heures 45minutes par l’épouse de Bamkoui. D’un montant de 100.000Fcfa. Vous comprenez que les faits n’ont pas eu lieu au-delà de 2 heures comme on entend ici et là. C’est dire que s’il a tenu longtemps, il le pouvait encore. C’est clair qu’il a subi des sévisses à l’arme blanche empoisonnée.

 

Qu’elles étaient les relations entre Hervé et Danielle ?

Je ne peux pas savoir avec précision. Mais je savais que Hervé et Danielle était des collègues de service. Mais avant, ils étaient des camarades d’enfance, Hervé est né à la vallée de la mort à Yaoundé tout comme Danielle. Les deux parents étaient des collègues de services qui ont travaillé tous pour la Dgre. Ils sont malheureusement décédés aujourd’hui. Quant à dire que Hervé avait telle ou telle relation avec Danielle, je ne peux pas m’aventurier sur ce terrain là. Pour la quantité de whisky qu’il allait récupérer chez sa collègue, c’est qu’il se ravitaillait progressivement pour son mariage qui devait avoir lieu en 2009. Il avait donné de l’argent à sa collègue pour qu’elle achète du whisky au free shop. Il était question qu’il aille la récupérer et je ne peux pas savoir s’il allait la récupérer.

 

Que savez-vous de la carrière de votre frère ?

L’inspecteur Mapuro Hervé a des états de services, il a été félicité par sa hiérarchie et pas une seule fois. Il faut dire que mon frère a travaillé à l’unité anti-gang du commissariat du 8è arrondissement. Et si la criminalité avait chuté il y a deux ou trois ans dans la zone de Ndokoti, c’est en partie grâce à Hervé. Et il a été muté à l’aéroport parce que son coéquipier a été abattu par les bandits. A ce moment, sa hiérarchie a décidé de le détacher parce qu’il était déjà identifié par la plèbe qu’il traquait dans cette zone. Et à l’aéroport, chaque fois qu’il y avait un exemple à prendre, ses chefs ne tarissaient pas d’éloges et ne manquaient pas de prendre exemple sur lui.

 

Réalisée par Mathieu Nathanaël NJOG, publié dans Le Messager

 

 

 

Par Njognath - Publié dans : Affaire Mapouro - Bamkoui
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