Mardi 30 décembre 2008 2 30 /12 /2008 12:45

Dosseir 3

Meurtre de Mapuro

Le répertoire téléphonique de Mme Bankoui Danielle au scanner. Une mise au point de l’avocat donne la version du commandant. Celle du commandant de la légion gendarmerie est annoncée.

L’affaire du meurtre d’un inspecteur de police par un chef d’escadron de gendarmerie à Douala dans la nuit du jeudi 13 au vendredi 14 novembre 2008 continue à faire les gorges chaudes. La thèse du drame continue de diviser. Me Ngnie Kamga, l’avocat de Bankoui Emile s’est fendu d’une mise au point qu’il a adressé à un confrère de la place pour donner la version du commandant. Il n’aurait pas apprécié l’article publié sur le sujet par ce confrère dans son édition de lundi dernier. Cette version sera publiée ce jour. En attendant, de lire cette mise au point qui ne serait pas loin de celle que nous avons publié dans l’édition du quotidien Le Messager d’hier mardi. Toutefois, l’imagerie populaire s’interroge sur la non arrestation du Chef d’escadron Emile Joël Bankoui, mais aussi sur l’état d’avancement des enquêtes judiciaires. D’autant plus que le nouveau code procédure pénale prévoit en pareille circonstance, la garde à vue de l’auteur d’un homicide, soit-il involontaire

Même à la légion de gendarmerie du littoral, c’est l’expectative sur le sort qui sera réservé à Emile Bankoui. On a appris de sources proches du cabinet du colonel Meka, commandant de la légion de gendarmerie du littoral que ce dernier s’apprêterait à publier un communiqué pour repréciser que cette affaire est purement privée et ne saurait engager la notoriété et la crédibilité du corps de la gendarmerie. Même si l’un des protagonistes est un homme en tenue. Ce sont : un officier de gendarmerie, Emile Bankoui, un sous-officier de la police, Mapuro Njifon et un élément de rang de la police, Mme Bankoui née Mvoune à Ekoron Danielle. Par ailleurs, il entend inviter l’opinion qu’il serait opportun pour tous de laisser les enquêtes judiciaires et la procédure judiciaire suivre librement leurs cours, afin de livrer son verdict en tout indépendance.

 

Ce qu’en pensent les officiers

Mais pour les observateurs, la procédure judiciaire enclenchée serait torpillée. Et pour cause, jusqu’ici, ils ne comprennent pas pourquoi le commandant Emile Bankoui n’est pas encore placé en détention préventive. Sur la question, les officiers de police judiciaires rencontrés font tous aussi dans la supputation. Personne ne voulant faire allusion au code de procédure pénale. «Ce cas est complexe, car il ne s’agit pas d’une bavure d’une homme en tenue. Il y a plusieurs paramètres à prendre en compte. Dans cette affaire, l’officier de gendarmerie concerné jouit encore de plusieurs circonstances qui peuvent permettre qu’on ne le traite pas comme un vulgaire hors la loi. Il y a entre autre, la violation de domicile, le flagrant délit, et si on en croit à une version qui lui est favorable, la légitime défense», affirme un officier de police judiciaire de gendarmerie. Ce que ne partage pas un avocat. «Même la provocation ne lui offre pas des circonstances atténuantes. Seul le tribunal pourra apprécier ces circonstances lorsque le procès sera enrôlé».

Au Semil, un autre officier de police judiciaire d’ajouter «Lorsqu’il s’agit d’un homme en tenue, les personnes en civil veulent le voir passer à la guillotine sans même qu’il soit jugé. Vous oubliez que le commandant Bankoui est un gendarme d’honneur qui a fait de la chasse aux bandits sa principale mission et ses résultats sont éloquents. Croyez-vous que, aussitôt dans cette situation on va le livrer en pâture dans la gueule des bandits qu’il a traqué hier ? Sauf si en haut lieu il a des ennemis». Et à la 2ème région militaire, un officier supérieur poursuit : «la détention préventive que vous évoquez dans ce cas, vise à mettre les auteurs d’homicides en sécurité pour éviter qu’un revanchard se fasse justice. Afin de permettre à la justice seule de trancher sur son sort. Et dans le cas d’espèce, des mesures conservatoires ont été prises. Il est mis à la disposition du commissaire du gouvernement et il est fortement gardé à son domicile qui est dans un camp de gendarmerie. Vous ne trouvez pas que c’est similaire aux conditions que vous souhaitez qu’on lui réserve ? D’autant plus qu’il ne commet aucun acte frisant à de la provocation. Il n’a pas droit de se pavaner dans les rues ou vaguer à ses fonctions ? ». Avant de conclure qu’on laisse les enquêtes judiciaires suivre son cours.

Justement les enquêtes judiciaires ont repris hier mardi avec le retour de Mme Bankoui Danielle à son domicile. Elle est repassée devant les enquêteurs. De sources proches, son téléphone portable aurait fait l’objet avec son consentement d’une fouille minutieuse à la gendarmerie et on aurait permis de découvrir de nombreux messages compromettant dans sa messagerie. Ce qui conforteraient sur ces relations ambiguës avec plusieurs personnes.

 

Mathieu Nathanaël NJOG, publié dans Le Messager

Par Njognath - Publié dans : Affaire Mapouro - Bamkoui
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