Dossier 2
Meurtre ou Crime passionnel
La belle famille a ramené l’épouse à la maison. Le domicile est sous haute surveillance. La procédure judiciaire est enclenchée.
C’est finalement hier, lundi 17 novembre 2008 que le commandant Emile Bankoui a regagné son domicile après quatre jours d’hospitalisation. La belle-famille a aussi ramenée l’épouse à la maison. Il se susurre qu’un conseil de famille pour arranger l’affaire a eu lieu au domicile du colonel d’armée de l’air, où elle s’était réfugiée Mme Bankoui née Mvoune à Ekoron Danielle. Pendant ce temps, la procédure judiciaire a été enclenchée. L’avocat de la famille du défunt a déposé une plainte pour homicide volontaire. Mais l’enquête judiciaire piétine. «Mme Bankoui est la clé de cette affaire, seule sa bonne foi peut permettre la manifestation de la vérité. Mais en ce moment nous sommes bloqués parce que lors de son audition, elle a été prise d’un malaise alors qu’elle entrait dans le vif du sujet. Ce qui n’a pas permis sa déposition de se poursuivre et qu’elle devrait rencontrer un médecin pour suivre des soins. On entend qu’elle retrouve toutes ses capacités pour qu’elle fasse sa déposition», affirme un officier gendarme. Mme Bankoui née Mvoune à Ekoron Danielle, gardien de la paix principale serait à l’origine des lenteurs que connaît l’évolution des enquêtes. Elle a été déjà entendue à deux reprises. Tout d’abord par le chef de service de la division de la police judiciaire du littoral (Dppjl) et par les enquêteurs de la gendarmerie. Son passage à la Dppjl n’a pas été apprécié, parce qu’on estime que la police n’a pas compétence dans ce cas. Mais la police judiciaire s’en défend et estime qu’il s’agissait d’une simple information pour le bulletin des renseignements.
En effet, dans sa déposition, elle a déclaré que jeudi soir, son collègue Mapuro étant parti du service un peu plus tôt pour faire certaines courses, c’est ainsi qu’elle est rentrée avec les bouteilles de whisky de ce dernier dans un paquet commun. Il était question que l’inspecteur Mapuro sur le chemin du retour passe à son domicile récupérer les siennes. Aux environs de 19 heures, il voulait passer, mais tout le camp étant plongé dans l’obscurité, elle aurait promis de le rappeler dès que l’électricité reviendrait. Ce qu’elle a fait vers 21 heures. Il s’est amené vers 22 heures. Son mari était allé en patrouille. A son retour, il a klaxonné et la grande fille qui vit avec le couple est allée ouvrir la barrière. Sur ces mots, elle fait une crise et fond en larme. Elle demande une interruption ne pouvant plus poursuivre l’audition. Il se raconte que sa déclaration à la Dppjl ne serait pas favorable à son mari. D’autant qu’elle ne voudrait pas passer pour une épouse à la cuisse légère. Elle aurait déclaré que son mari était éméché lorsqu’il a regagné la maison.
La déposition de Bankoui
De sources proches de l’enquête confirment que les enquêtes judiciaires ont été entamées, sur la demande du commissaire du gouvernement auprès du tribunal du militaire de Douala. Après quatre jours d’hospitalisation, le commandant Bankoui a regagné son domicile. Il était en compagnie de son père, pasteur de fonction qui a accouru au chevet de son lit et l’a obligé de se confesser. Dans le feu du drame, le commandant Emile Bankoui a déposé devant les enquêteurs de la gendarmerie de Mboppi, qu’il avait appelé pour faire les premiers constats. Les éléments de la sécurité militaires (Semil) ont aussi recueilli dans la foulée ses premières dépositions. Sur instruction du commissaire du gouvernement, il est revenu devant les officiers de police judiciaire de la brigade de gendarmerie pour une enquête judiciaire plus poussée.
Il aurait déclaré que jeudi à 19 heures, il enfourche sa kalachnikov pour une intervention kamikaze. Son épouse lui demande quand est-ce qu’il sera de retour. Une question qu’il trouve curieuse. Il répondra qu’elle sait que lorsqu’il sort ainsi armé, il peut rentrer même le matin. L’intervention s’étant achevée plus tôt, il regagne son domicile un peu après minuit. Il va klaxonner plusieurs fois en vain. C’est ainsi que la nièce de son épouse l’ouvre la porte arrière de la maison. Lorsqu’il va dans la chambre conjugale, il ne trouve pas son épouse, il se dirige dans la chambre des enfants, il ne trouve non plus son épouse, c’est alors qu’il va dans la chambre des étrangers où il trouve son épouse en dormi et à côté d’elle un monsieur qu’il ne reconnaît pas. Tous les deux sont nus. Il va faire du bruit et son épouse se réveille la première, et se jette sur elle. Il lui donne un coup de point mais elle revient à la charge et réussit à éteindre la lumière. Dans cette obscurité, il reçoit une bouteille en plein visage, certainement de cet homme, ce qui l’oblige à faire usage de son arme. La femme se réfugie dans la chambre des enfants qu’elle prend en otage et demande de la tuer avec ses enfants. Lorsqu’il demande au monsieur qui était-il, il se présente comme un vendeur de liqueur qui est venu ravitailler son épouse. La suite se passe de commentaire.
Une carrière menacée
Aussitôt des mesures conservatoires ont été prises. Il a été dessaisi des armes de service en sa possession et provisoirement suspendu de ses fonctions de commandant de groupement territorial de gendarmerie du Wouri. Fonction que devra assumer de manière intérimaire le commandant en second de la légion de gendarmerie, le lieutenant colonel, Tongue. Il lui a été demandé de ne pas quitter la ville et de se mettre à la disposition du Commissaire du gouvernement. Il est alors sous surveillance. Depuis lors, la nièce qui vit avec le couple et certains de ces voisins ont déjà été entendus.
Toutefois, à la légion de gendarmerie, certaines ne comprennent pas que le commandant Emile Bankoui ait choisi de briser la brillante carrière dont il était promu. D’autant plus que le 1er janvier 2009, il devait porter ses nouveaux galons de lieutenant-colonel. Ce qui risque ne plus être le cas, car, il risque une radiation de ce corps. Tout dépendra de la suite de la procédure judiciaire. Mais, plusieurs hauts gradés disent qu’il serait difficile pour lui de ne pas goutter la paille de la prison. Où il rencontrera tous les bandits qui sont tombés dans ses mailles
Mathieu Nathanaël NJOG
Ambiance à la légion
Le drame divise les gendarmes
Hier lundi, 17 novembre 2008, la légion de gendarmerie à Bonanjo est en effervescence. Le décès de l’inspecteur Mapuro Njifon Hervé Michel qui a succombé vendredi 14 aux premières heures de la matinée des blessures de balles tirées par le Chef d’escadron de gendarmerie, Emile Bankoui, au prétexte de l’avoir surpris sur son lit conjugal en plein ébat avec son épouse est le sujet au centre de toutes les conversations. Chacun va de son argument pour condamner, ou pour soutenir l’acte de Emile Bankoui, commandant du groupement territorial de gendarmerie du Wouri. Les hommes en tenue ainsi que les civils ne s’accordent pas sur l’attitude qu’a eu le commandant. Pour se faire une opinion, ils n’hésitaient pas à dévorer les journaux pour s’imprégner au mieux des circonstances de ce drame qui met en émoi la capitale économique depuis vendredi dernier.
Ils s’interrogent surtout sur les raisons qui l’ont conduit à décharger le chargeur de son pistolet sur un rival sans défense. D’autres évoquent la provocation et peut-être la légitime défense. Car dans pareille circonstance, le rival cherche un passage en force pour se soustraire des griffes du maître de céans. A la cantine de la Légion de gendarmerie, il y a ceux qui maudissent l’épouse, Mme Bankoui née Mvoune à Ekoron Danielle en particulier et partant la femme en général. Et reconnaissent qu’il est difficile de garder le sang froid devant une telle abomination. D’autres estiment tout de même qu’il aurait pu garder son sang froid. A ce titre, plusieurs cas ont été évoqués, rappelant les hommes en tenue qui ont été victimes des cas d’adultères similaires, voire dans les mêmes circonstances, et qui ont fait preuve de maîtrise de soi. Malgré qu’ils étaient détenteurs d’une arme à feu.
En revanche, pour d’autres, notamment, les femmes semblent porter l’estocade et vouer le commandant Bankoui aux gémonies. Elles estiment que rien ne mérite qu’on supprime une vie humaine, encore moins, pour des raisons d’infidélité, soit-elle de l’adultère. Elles ne manquent pas d’émettre les doutes sur les circonstances de ce drame tel qu’il ressort de la version des faits du commandant Bankoui.
Mathieu Nathanaël NJOG
Portrait
Madame Bankoui aime la compagnie des hommes
Mvoune à Ekoron Danielle, épouse Bankoui est une plastique. Elle est la fille du défunt commissaire de police Ekoron Leandre, qui a dirigé les services des renseignements généraux. Originaire du Ngambé Tikar dans le Mbam et Kim. On lui reconnaît des liens familiaux étroits avec la belle famille du ministre Justin Ndioro. Dans sa jeunesse, elle ne laissait aucun mal indifférent. Et le sous-officier de gendarmerie Joël Emile Bankoui ne résiste pas devant ce charme. Il porte son dévolu sur Danielle et décide de faire d’elle, la femme de sa vie, la mère de ses enfants. En plus de sa beauté, et la réputation de son géniteur, comme homme du sérail, l’appartenance à la même circonscription administrative, le Mbam et Kim où est aussi originaire Joël Emile Bankoui, pèse dans sa décision. Ce n’est pas l’avis de la famille de Bankoui. Malgré cette opposition, il décide de comprendre que la raison de son cœur. C’est ainsi qu’en 1993, ils se passent les anneaux.
Ce qui n’empêche pas Bankoui de laisser son épouse suivre les traces de son père. Elle obtient le concours de l’école de police où elle en sort avec le grade de gardien de la paix principale. De cette union naît cinq enfants, mais en compte six avec l’enfant qu’aura eu Danielle avant le mariage. Pour la naissance des deux derniers enfants, Emile Bankoui envoie son épouse faire ses maternités aux Etats-Unis. Le couple vit harmonieusement malgré les relents de jalousie du mari. En service depuis plusieurs années au commissariat de l’aéroport, Mme Bankoui Danielle est reconnue très sympathique. Malgré son confort familial, ses collègues disent d’elle beaucoup de biens. Notamment son côté très humain et sa très grande humilité. Toutefois, on lui reconnaît d’avoir beaucoup plus d’amis parmi ses collègues hommes. Ce qui n’est pas toujours du goût de son mari. En 2006, on se souvient qu’il avait réussi de faire affecter l’ancien chef section de son épouse parce qu’ils étaient très complices. De même, on lui reconnaît un grande complicité avec Mapuro Njifon Hervé Michel.
M.N. NJOG, publié dans Le Messager
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