Braquage - Douala
Une voiture de convoi de fonds a été détourné par un policier du Gmi N°2 et deux vigiles de la société Dak security qui étaient chargés de l’escorter.
Le commissaire principal Meneli Olomo commandant du Groupement mobile d’intervention N°2 (Gmi) de Douala a perdu le sommeil. Un de ses éléments, le gardien de la paix Ibrahima affecté à l’escorte de la société Transval, spécialisé dans le transfert des fonds a dans la journée du 22 décembre 2008 été l’auteur d’un hold up de la voiture qu’il convoyait. Avec deux compères, vigiles de la société Dak, ils ont emporté la rondelette somme de 250 millions Fcfa. Depuis leur forfait, le commandant du Gmi a mis sur pieds une unité spéciale chargée de le retrouver. Les policiers de cette unité sont postés nuit et jour devant le domicile du gardien de la paix Ibrahima, sis au quartier New-Bell. En vain. Et le chef de cette unité spéciale fait l’objet de toute sorte de critique de la part du commandant du Gmi qui le traite d’incompétent. Pourtant, nous avons appris que Ibrahima a vendu sa maison une semaine avant son forfait et fait voyager son épouse et ses enfants. Preuve que le coup a été prémédité et soigneusement mûri. Le petit frère d’Ibrahima a été interpellé avant d’être relaxé. Il prétend que son frère aîné lui a tout simplement dit qu’il allait en mission pour longtemps. Le délégué général à la sûreté nationale (Dgsn) vient de suspendre pour trois mois avant que ne soit engagé les procédures disciplinaires et judiciaires y afférents.
On apprend qu’au terme du ramassage des fonds dans les agences de la Cbc Mboppi et Ecobank Mboppi et Terminus, ce lundi 22 décembre 2008, Ibrahima et les deux vigiles de Dak security contraignent le chauffeur de la voiture de transfert de fonds de prendre la direction de Yaoundé avant de le jeter hors du véhicule au niveau de l’échangeur menant à l’hôtel de l’air. Ils vont prendre la direction d’Essengue non loin de Youpwé où ils abandonnent le véhicule et emportent une des trois cantines d’argent contenant la somme de 250 millions Fcfa. Ils vont emprunter une embarcation pour le Nigeria. Le véhicule sera retrouvé en fin de journée avec les deux autres cantines de 250 millions Fcfa chacun. Le policier Ibrahima va démonter le Fall et l’abandonner dans le véhicule et emportera avec lui le pistolet automatique de service qu’il portait.
La grogne
Pour comprendre ce forfait, il faut remonter dans le malaise qui gangrène la police en générale et celle du Littoral en particulier. Et dont le Groupe pour la revendication des intérêts des policiers (Grip) a dénoncé il y a quelques semaines dans un mémorandum diffusée sur internet. Puisque les policiers du Gmi dénoncent la mauvaise redistribution des frais des postes de garde fixes qu’ils assurent devant les établissements bancaires. Ils affirment qu’ils ne sont pas prêts à mettre le grappin sur Ibrahima même s’ils avaient l’occasion de le rencontrer. Les éléments du Gmi N° 2 rencontrés nous ont confié que quelques jours avant, profitant d’un conflit entre un collègue qui a refusé d’aller à un poste de garde fixe et la hiérarchie, le gardien de la paix Ibrahima ne cessait de leur dire qu’il quittera incessamment la police et sera millionnaire.
Dans ce mémorandum, on pouvait lire : "Le fait est que les patrons de la police, depuis le délégué général jusqu’aux chefs d’unités en passant par les délégués provinciaux ont transformé les fonctionnaires de la sûreté nationale en vigiles…L’argent que verse les établissements bancaires est confisqué par les commissaires et officiers au détriment des éléments. Les plus chanceux reçoivent 15.000 Fcfa chaque trimestre pourtant ses services sont payés mensuellement. Par exemple pour huit postes de garde fixe. Cela fait 3.200 000 Fcfa par mois, donc 9.600 000 Fcfa par trimestre. En distribuant 15.000 Fcfa par élément à environ 40 policiers qui gardent cela fait environ 600.000 Fcfa au lieu de 4.800 000 Fcfa si il faut respecter les 50% prévus par les textes. 600. 000 Fcfa représente 6,25% seulement. Le reste, les barons se le partage tranquillement. C’est trop pour qu’on continue de l’accepter".
Mathieu Nathanaël NJOG, publié dans Le Messager
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