Incendie - Douala
Un grave incendie a ravagé toute une aile du marché Congo à Douala dans la nuit de vendredi 12 à samedi 13 décembre 2008. Les dégâts matériels sont estimés à plusieurs milliards.
Dans la matinée de samedi 13 décembre 2008, l’aile du marché Congo faisant face au commissariat du 3è arrondissement, dénommé Camp Bertaud était réduite en cendre. Plus de vingt boutiques sont partis en fumée et une trentaine de magasins qui ont pu échapper à la fureur des flammes ont été pillés par des vandales. A notre arrivée aux environs de 7 heures 30 minutes, il se dégageait encore sur le brasier les langues de fumée. On pouvait voir sur certains étagères et à même le sol des boutiques consumées, de la marchandises (boites de conserve, ustensiles de cuisine, fournitures scolaires, cartons de détergents, appareils électroniques) à moitié brûlés. Ce qui témoignaient de la férocité des flammes et l’importance des pertes. Aucune perte en vie humaine n'a été enregistrée, mais les dégâts matériels sont estimés à plus d’un milliard de francs Cfa.
La plupart des commerçants n’ont découvert l’incendie qu’à leur arrivée aux premières de la matinée. Devant ce théâtre, plusieurs sont entrés en sanglots, inconsolables. C'est une ambiance de deuil qui a régné ce samedi 13 décembre matin au marché Congo. D. Chembe en larme dit avoir tout perdu dans l’incendie qui s’est produit entre 2 heures du matin et 4 heures de la nuit de vendredi 12 à samedi 13 décembre. Comme lui, beaucoup d’autres commerçants rencontrés sur les lieux, désemparés, n’arrivent même pas d’évaluer les dégâts. Ils disent leur vie brisée. « C’était toute ma raison de vivre, que vais-je devenir avec mes enfants », s’interrogent maman Joséphine. D’autres avouent qu’en plus de la marchandise, il y avait de l’argent en espèce qui étaient gardés dans ces boutiques. «On ne peut pas vider la caisse, et lorsque nous fermons les boutiques les établissements financiers sont fermés mais il y a aussi l’argent des tontines que nous maintenons toujours à notre porté », déclarent Joseph T.. Selon les sources proches des sapeurs pompiers, il est vraisemblable que l’incendie ait été provoqué par un court-circuit. Et ceci du fait du surcharge des lignes électriques desservant ce quartier surpeuplé où se développe une grande activité commerciale. Les témoins s’accordent à dire que le pire a été évité grâce à l'intervention des pompiers. « S’il n’avait pas réagit avec promptitude plus qu’ils ne le sont inhabituels tout le marché aurait brûlé, parce que le feu avait déjà attaqué une partie importante du marché lorsqu'ils sont arrivés », indique un policier du commissariat du 3ème arrondissement.
Le gouverneur de la région, du Littoral, Fai Yengo Francis et tout son état-major est immédiatement descendu sur les lieux. Il a pu constater que le marché Congo demeure parmi les marchés les plus exposés à des risques de catastrophes divers. Car il est confronté à des constructions anarchiques, le manque des pistes de secours, en somme, un problème de viabilisation. Raison pour laquelle, l’embrasement a été aussi rapide et avec un aussi important impact. Ce marché qui jouxte le marché centrale de Douala, a été baptisé « marché Congo » au lendemain de l’indépendance du Cameroun en 1960 en signe d’intégration africaine, à l’instar des marchés Lagos (Central), Madagascar et Dakar.
Mathieu Nathanaël NJOG
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