Justice - Chantier naval
Le juge d’instruction a signé deux ordonnances le 4 novembre 2008. L’un prorogeant la durée de sa détention et l’autre rejetant la requête d’expertise graphologique.
Depuis l’ouverture de la procédure judiciaire le 8 mai 2008 contre Zacchaeus Mungwe Forjindam, Mme Massot épouse Njoh Moudio Rose Constante Angèle et autres pour coaction de détournement de derniers publics dans la procédure judiciaire, les avocats multiplient les moyens de défenses. Les avocats de Zacchaeus Forjindam notamment, ont relevé des irrégularités dans la procédure, ainsi que des contradictions dans les rapports du commissaire aux comptes et du cabinet d’audit commis par l’actionnaire majoritaire, la Snh. Faute de trouver une oreille attentive auprès du juge pour obtenir la nullité de la procédure judiciaire, contre les deux premiers inculpés sus-nommés, Mes Innocent Bonu et Barnabé Nekuie, conseils de l’ex Directeur général du Chantier Naval et industriel du Cameroun (Cnic) ont introduit le 2 septembre une requête «aux fins de voir ordonner une expertise graphologique sur les originaux des pièces suspectes de l’accusation».
Les avocats soutiennent dans leur requête que de nombreuses pièces contenues dans les annexes N°2et 3 du rapport, de l’expert comptable Charles Kooh II présentent les caractéristiques d’actes fabriqués. D’autant plus que ces pièces concernent le cas du fournisseur Fermac qui a servi de trame à la dénonciation du commissaires aux comptes et aux aux enquêtes diligentées par le Division provinciale de la police judicaire du Littoral (Dppjl). En revanche, les avocats affirment que Forjindam a retrouvé les copies déliasses comptables relatives aux prestations mises en index par le commissaire aux comptes et exploitées par les inspecteurs du Contrôle supérieur de l’Etat. Surtout qu’ils soutiennent que la comparaison faite entre ces pièces et celles que Kouoh II Charles «fera clairement ressortir le caractère manifestement apocryphe des documents qui émanent» de Charles Kouoh. Surtout que les avocats relèvent que lors de son audition du 3 octobre 2008, Bikoro Alo’o Antoine, Dg du Cnic a soutenu que les originaux des factures incriminées étaient détenues par le commissaire aux comptes. A son tour, Charles Kooh II, le commissaire aux comptes a affirmé qu’ils ne tenaient pas ces originaux, mais qu’ils avaient obtenu les photocopies sur la base des originaux qui lui ont été présentés par le Directeur financier Antoine Njiande.
Cette autre requête n’a une fois de plus pas trouvé l’assentiment du juge d’instruction Eyiké Vieux qui l’a rejetée dans l’une de ses ordonnances du 4 novembre 2008. Il a soutenu cela par le fait que les originaux des factures de Fermac étant introuvables, il est matériellement impossible de procéder à une expertise graphologique. Mais le magistrat dit pouvoir s’appuyer sur les originaux des chèques litigieux qui sont détenus par les banques et qu’il est impossibles pour elles de s’en dessaisir pour la manifestation de la vérité. On se souvient que le mardi 23 septembre 2008, la Cour d’appel confirmait le rejet de la demande de mise en liberté provisoire de Forjindam déjà décidé par le juge d’instruction en grande instance. Et le même 4 novembre 2008, Eyike Vieux signait une ordonnance de prorogation de la durée de la détention provisoire de Forjindam et Mme Njoh Moudio qui est arrivée a expiration le 8 novembre. Ceci pour une durée de six mois chacun. Soit allant du 9 novembre 2008 au 9 mai 2009. Le juge se donne le temps d’obtenir des éléments matériels qui pourraient conforter le chef d’accusation de détournement de deniers publics qui est porté contre eux.
Mathieu Nathanaël NJOG, publié dans Le Messager
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