Jeudi 6 novembre 2008 4 06 /11 /2008 14:15

Commune Douala VIè

Après avoir pris cette résolution, les conseillers attendent la validation du préfet du Wouri et du comité central du Rdpc. Mais avant, le maire Henri Edimo mène la contre-offensive.

 

La commune d’arrondissement de Douala VIème est en ébullition. Le maire Ernest Edimo est mis en minorité au sein de son conseil municipal. Profitant d’un conseil extraordinaire convoqué d’urgence le 21 octobre 2008 à la demande de la majorité des conseillers, le maire se fera entendre dire devant les autorités administratives compétentes qui présidaient les travaux, la résolution ferme « de déposer le chef de l’exécutif communale de la commune d’arrondissement de Douala VIè dans les plus brefs délais ». C’était la conclusion du rapport des travaux en commissions conjointes relatif à cette session. Les vingt conseillers signataires de cette résolution ont précisé que c’est d’une part en respect des prescriptions du préfet du Wouri, faites lors de la session ordinaire du 25 janvier 2008. Il leur rappelait que «les conseillers qui seront coupables de complicité de détournement de biens publics comparaîtront devant la Cour des comptes même plusieurs années après l’expiration de leur mandat». Et d’autres part, les conseillers dénoncent la non exécution des plans de campagne 2006, 2007 et 2008 qui arrive à échéance dans 45 jours à cette date. «La quasi-totalité des membres du conseil rejette en bloc toutes les déclarations relatives à l’exécution du plan de campagne qui demeure une fiction. Il faut noter que certains vieux projets deviennent si récurrents que leur reconduction dans les budgets successifs est manifeste. D’autres projets déclarés réalisés ne figurent nulle part sur le plan de campagne». Par ailleurs, on reproche aussi au maire Ernest Edimo, «le double emploi dans la réalisation de certains projets où il est commanditaire et prestataire ; de même qu’il a réussit à inscrire les projets financés par la communauté urbaine de Douala au compte de la commune de Douala VIè».

 

La riposte

La crise sourde depuis des mois. Le 25 septembre 2008, dix huit conseillers municipaux saisissent le maire et demande la tenue d’un conseil extraordinaire comme il ressort des résolutions du compte administratif tenu le 18 juillet 2008. L’ordre du jour porterait sur : l’évaluation du niveau d’exécution du plan de campagne 2008, la restitution du projet de budget 2008, évaluation des travaux effectués. Ernest Edimo s’y oppose, prétextant que «les dispositions financières ne lui permettaient pas de tenir ce conseil, à son avis sollicité par des affamés dont le but est de percevoir les indemnités de présence», relève le rapport des travaux des commissions conjointes. En trame de fond, les deux parties étaient divisées sur les problèmes qui minent cet arrondissement. Il en va ainsi de la gestion des recettes communales. A l’instar de la collecte des fonds devant servir à la construction de deux salles de classes au Ces Bilingue de Manoka. «Il ressort au jour d’aujourd’hui que l’argent a été collecté auprès des populations, la ferraille vendue, rien n’a été fait et les populations ignorent ce qu’a donné cette opération», dénonce  les conseillers. Pour soutenir ce chapelet de reproches, les populations estiment à « plus de 2 milliards Fcfa de budget global gérés par le maire Edimo en Douze ans règne à la tête de cette commune, qui n’a bénéficié le moindre investissement. L’île est toujours sans eau, ni électricité, ni débarcadère... Et la mairie ne fonctionne pas à plein temps».

Le délégué du gouvernement de la Cud, Fritz Ntoné Ntonéa fait une descente dans le chef lieu de cet arrondissement, le 29 octobre pour se rendre compte que les travaux des chantiers qui étaient annoncés à plus de 70% d’exécution ne le sont pas. Pour le maire Ernest Edimo que nous avons rencontré lors de la clôture des assises du conseil communautaire de la Cud vendredi 31 octobre 2008, il n’a pas souhaité répondre à chacune de ses accusations. Il a mis cette crise sous le compte des conseillers dissidents qui n’ont qu’une seule ambition, s’emparer le poste de maire par des bases méthodes. Toutefois, il rassure qu’il maîtrise la situation. Il dit bénéficier du soutien de la majorité, soit de quatorze conseillers qui ont signé une requête de contestation de la démarche de leurs pairs.

Mathieu Nathanaël NJOG, article publié dans Le Messager du 6-11-2008

 

 

 

Par Njognath - Publié dans : Société
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