Indélicatesse
Le chef adjoint de la sécurité du Chantier naval et industriel du Cameroun est entre les mains des éléments du commissariat spécial du Port autonome de Douala. Il est soupçonné d’être l’auteur de ce forfait.
Dans la nuit de vendredi 31 octobre au samedi 1er novembre 2008, quatre tiroirs du service du caissier principal ont été éventrés et leurs contenus emportés. Soit un montant de 18 millions de francs Cfa représentant le reliquat des sommes affrétés au paiement des ouvriers temporaires qui avait débuté la veille. C’est dans la matinée de samedi 1er novembre, lorsque les caissiers sont arrivés pour poursuivre les paiements qu’ils ont constaté que les tiroirs ont été forcés et qu’un panneau du plafond a été détruit. On imagine que l’auteur de ce vol avec effraction a utilisé cet issu pour avoir accès dans le bureau du caissier principal.
Les soupçons ont aussitôt été portés sur la personne de Ebanda François, le chef adjoint de la sécurité du Cnic sur les sites de Douala et Limbé. Il a été aussitôt mis aux arrêts par les fins limiers du commissariat spécial.
Selon les sources policières, il a été incriminé par les témoignages de deux de ses collaborateurs. Notamment, Sama le chauffeur de la voiture de patrouille avec laquelle, il a circulé toute la nuit pour superviser les différents sites. Ce dernier aurait confié dans sa déposition que cette nuit là , il a conduit François Ebanda à son domicile pour une escale avant de poursuivre la ronde des différents postes de sécurité. Et l’agent de sécurité en poste devant la porte donnant au bureau du caissier indique quant à lui dans sa déposition que son chef, Ebanda François est entré dans les bureaux administratifs pour des raisons qu’il ne lui a pas fait savoir.
Des témoignages sur lesquels s’appuient les enquêteurs pour porter les soupçons sur sa personne. Pour les membres de sa famille qui l’ont rencontré dans les cellules du commissariat spécial du Pad, les éléments sur lesquels, la police s’appuie pour faire de lui le premier suspect, ne tiennent pas. «Il dit être entré dans le local du bureau administratif pour se désaltérer à partir des bonbonnes d’eau de la société Aquavita entreposées dans les couloirs», souligne Cyrille Ngonja, son frère aîné. Et Mme Marie Ebanda, son épouse de soutenir que : «chaque fois qu’il est en service de nuit, il fait toujours un tour à la maison pour remettre les assiettes du repas qu’il a emporté ou qui lui a été porté. C’est une habitude et c’est ce qu’il a fait ce soir là ». Par ailleurs, la famille estime que les traces de destructions observées sur le plafond peuvent être assimilées à une simulation visant à éconduire les enquêtes sur les vrais auteurs de ce forfait.
En tout cas, les fins limiers du commissariat spécial du Pad entendent mettre toute leur expertise pour déceler les mailles de cet écheveau. Car, les caissiers et le directeur financier ne sont pas exempts de tout soupçon. A la direction générale, on porte la responsabilité de ce vol sur la personne du directeur financier. On le reproche d’avoir pris l’initiative de multiplier les caisses en faisant assister le caissier principal de ses collaborateurs pour accélérer les paiements. « Seulement, il n’a pas pris l’initiative d’assurer le retour de fonds non utilisés dans le coffre-fort où ils sont mieux sécurisés», assure notre source.
Mathieu Nathanaël NJOG
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