Opération épervier
La Division de la police judiciaire à Yaoundé a commencé à auditionner les cadres de la Société camerounaise des dépôts pétroliers.
Où en est-on avec le cas de la Scdp dans le cadre de l’opération d’assainissement des mœurs de gestion dans les entreprises publiques ? Surtout que la presse n’a cessé de scruter depuis le début de cette année les moindres mouvements du directeur général de la Scdp et les nombreux séjours des fins limiers du contrôle supérieur de l’Etat dans² cette entreprise. Après une évacuation sanitaire en Europe en janvier 2008, et des congés professionnels, Jean-Baptiste Nguini Effa, le directeur général de la Scdp a repris le travail depuis quelques semaines après plusieurs mois d’évacuation sanitaire. Son retour au pays n’a pas été apprécié par certains de ces proches qui ont peur de son éventuelle arrestation. Face à cette inquiétude, il aurait répondu qu’il ne saurait fuir son pays et trahir la confiance placée en lui par le chef de l’Etat en abandonnant ses fonctions. L’angoisse de ces proches seraient soutenus par le fait que les conclusions des éléments du contrôle supérieur de l’Etat qui ont séjournée à la Scdp jusqu’au mois de juin dernier ne lui seraient pas favorables.
Selon une source de la policière judiciaire, les auditions des cadres de la Scdp ont déjà débuté à Yaoundé depuis quelques semaines. La division provinciale de la police judiciaire du littoral (Dppjl) ayant été dessaisie du dossier concernant la Scdp au profit de la Division de la police judiciaire, dont, les pouvoirs s’étendent sur le plan national. A en croire, notre source, la Dppjl a eu la charge de diligenter les convocations. Il y aurait en ce moment sept cadres qui sont concernés par ces convocations dans cette entreprise. On parle des commissaires aux comptes, des responsables de la direction du contrôle de gestion et de la direction financière. Jean-Baptiste Nguini Effa ne figure pas encore dans cette première liste. Mais cela ne saurait tarder nous confie notre source. «Il n’avait pas été convoqué parce qu’il n’était pas au pays au moment où les convocations étaient adressées aux concernés. Surtout que les convocations sont remises en main propre et pas aux intermédiaires», confie notre source.
Nguini Effa pas encore concerné
A la Scdp où nous nous sommes rendu hier, mardi, Nguini Effa a tenu pendant plusieurs heures une réunion avec ses cadres. On apprendra que les visites sont devenues très sélectives et l’accès à l’intérieur de l’immeuble siège de la direction générale est interdite. Une disposition prise par le directeur général depuis son retour des congés. Outre les fournisseurs, les autres usagers sont reçus à la guérite par les concernés. Même les attroupements du personnel aux heures de travail sont interdits. On reproche au personnel de passer plus du temps à pérorer sur l’épervier qui pourrait atterrir à la Scdp qu’au travail pour lequel il est payé. Surtout qu’on reconnaît que l’ennemi est dans la maison. «On connaît des personnes qui s’échinent à fournir des piles de documents à la police judiciaire et à la presse pour accabler la gestion du directeur général », affirme ses proches collaborateurs.
Quelques responsables nous ont toutefois dit n’être pas au courant de l’existence de ces convocations « confidentielles ». On se souvient que pendant les six premiers mois de cette année, Jean Baptiste Nguini Effa, le Dg de la Scdp, a été très instable. Il avait fait une crise aiguë en débuté d’année qui a failli le coûter la vie. Ce qui l’a contraint à plusieurs allés et venus en Europe pour des besoins de suivi médical. Une situation qui n’avait pas permis au premier conseil d’administration du nouveau président du conseil d’administration, Ibrahim Talba, de se tenir.
Mathieu Nathanaël NJOG
Le Messager du 17-9-2008
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