Pollution - Environnement
Après l’affaire des bombonnes de chlore de Nkapa d’il y a trois ans, il vient à nouveau d’être découvert à Ndobo par Bonaberi des bonbonnes de chlores dont les émanations présentent un danger pour la santé des habitants.
Bonesengwé, quartier de Ndobo par Bonaberi, une ficelle (de couleurs rouge et blanche) de sécurisation étendue sur 300mètres traverse certaines habitations et commerces pour matérialiser une zone de danger. Des panneaux de fortunes sont posés tout au long, sur lesquels sont inscrits la mention : « Accès interdit. Danger d’intoxication ». Une sonnette d’alarme sur la menace qui plane sur les habitants de Ndobo après avoir sauvé ceux de Nkapa en 2005. L’action est de l’Organisation des droits de l’homme et de la protection de l’environnement (Odhpe) qui a distribué des cache-nez aux habitants. Conséquence des exhalaisons des produits chimiques contenus dans les bonbonnes et des cuves de fabrique d’une capacité globale de 10.000 litres environs. Elles appartiennent à une ancienne société de fabrication d’eau de javel « Lacroix », Ets Necam Entretien, en cessation d’activité depuis une quinzaine d’années. Curieusement à l’intérieur de cette zone de délimitation, les habitants continuent à occuper leurs domiciles et les propriétaires de commerce à vaquer sans ménagement à leurs occupations. «Personne ne nous a demandé de quitter nos maisons. En revanche, on nous a promis qu’on viendrait enlever les bombonnes qui sont une menace réelle. Nous attendons toujours en dormant sur un oeil», confie le jeune Simo.
Les habitants sur le qui vive
Dans l’enceinte du garage Nguemo et Fils, qui jouxte le lieu de dépôt de ces cuves, on déclare qu’on est en arrêt d’activité depuis que la ficelle de sécurisation a été placée samedi 30 août 2008. La présence des différentes responsables de cette entreprise hier, jeudi 4 septembre se justifie par le constat d’huissier qui y était effectué à la demande du propriétaire. Au-delà du manque à gagner, les employés déplorent leur état de santé. «Nous avons permanemment des troubles organiques, des malaises inextricables et des céphalées. Nous revenons successivement d’un traitement. Les médecins ont révélé qu’il s’agit des intoxications dues à ces odeurs nauséabondes que nous respirons au quotidien», affirme David F. Il va poursuivre «De retour du traitement j’ai à nouveau voulu faire l’inventaire du matériel, mais dès que je suis entré au magasin, j’ai été pris par les vertiges. Je consomme actuellement sur recommandation du médecin beaucoup d’eau et de lait ».
Le pot au rose a été dévoilé par les responsables de la société asiatique de fabrication de chaussures en caoutchouc. Locataire depuis deux ans des installations de l’ancienne société Necam Entretien. Les propriétaires ont décidé depuis un mois de l’arrêt des activités. La raison, la forte montée des effluves du chlore qui s’échappent des bombonnes et rendent la présence dans l’usine et le magasin impossible, du fait des étouffements favorisés par la forte concentration de chaleur. D’ailleurs, nous confie un riverain, lors de la descente sur les lieux du sous-préfet de Douala IVème, l’employé qui avait ouvert les portes du magasin a été foudroyé par ces émanations qu’il s’est évanoui. Au moment de leur installation, ils constatent la présence de ces bombonnes supposées contenir des composés chimiques dangereux. Fouodop, le propriétaire du domaine aurait laissé croire qu’ils sont tous vides. Quelque temps après ils vont découvrir une bombonne quasi pleine. Ils décident de l’enfouir au sol dans une profondeur considérable. Mais il y a un mois la bombonne est remontée et avec la corrosion, elle laisse échapper des émanations du chlore qu’elle contient. A tel enseigne que les habitants disent exhaler de temps en temps des odeurs qui les donnent les nausées fortes et causent des étouffements.
Ndobo fournisseur de Nkapa
En juin 2005, éclate l’affaire des bonbonnes contenant du dioxyde de chlore retrouvées à Nkapa. Sa menace pour les populations riveraines ne fait l’ombre d’aucun doute. Le produit chimique étant très dangereux pour le sol, l’eau, les organismes aquatiques et les êtres vivants. L’affaire fait les choux gras de la presse et mobilise les Ong de droits de l’homme et même de l’environnement. Au final, le gouvernement décide l’évacuation des bonbonnes et leur destruction en haute mer. Pendant l’opération, deux éléments des forces armées décèdent.
Tout part des Ets Necam Entretien, sise à Ndobo, fabricant sous licence de l’eau de javel « Lacroix ». En 1985, à la suite d’une explosion d’une cuve de fabrique, l’on frôle une catastrophe. La détonation suscite la panique, l’évaporation du chlore en couche épaisse brûle l’herbe dans l’enceinte de l’entreprise et le feuillage des arbres de ce quartier. Certaines personnes sont victimes d’éruptions cutanées et un sexagénaire meurt après inhalation de ce produit. Les habitants de Bonesengwé – Ndobo sont précipitamment évacués. Le choc a des répercussions de Bekoko à la gare routière de Bonaberi. L’opération de maîtrise de cet incendie prend une semaine. Ets Necam Entretien ferme les portes. La propriété est mise sous location, plusieurs sociétés se succèdent, mais les bonbonnes de réserves qui présentent une menace sont évacuées et placées dans les plantations de Nkapa jusqu’à sa découverte. Mais pas toute. « Depuis cette période nous n’avons plus rien ressenti jusqu’à il y a à peine un mois », affirme François Faleu
Mathieu Nathanaël NJOG, le Messager du 02-09-2007
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