Jeudi 22 mai 2008 4 22 /05 /2008 23:54

Conflit

Une séance d’explication entre la multinationale et les populations a eu lieu samedi dernier à Souza.

 

La privatisation de la Société camerounaise des palmeraies (Socapalm) a définitivement été close en juillet 2000 par la signature de la Convention de cession de 90 % des actions détenues par le l’Etat dans le capital de cette entreprise, assortie d’un bail emphytéotique sur 78 529 hectares de terres rurales pour une durée de 60 années consécutives et renouvelables. Mais moins de 10 ans après, entre la Socapalm et les populations riveraines le ciel est assez brumeux. Dans les localités de Dibombari et Bonalea situées dans le Moungo, les populations riveraines et les dirigeants de la Socapalm se regardent en chiens de faïence. La tension est perceptible. Quelques personnes dans la localité de Mbondjo ont été citées au tribunal de grande instance de Nkongsamba par la Socapalm qui les accuse de planter des cultures pérennes sur ses terres.

Dans l’ensemble, de Mbambou à Souza en passant par Mbongo, Dibombari, Bomono, Nkapa, Mbondjo, les récriminations sont les mêmes. Les populations dénoncent la non rétrocession des droits et des actifs aux riverains. Sa Majesté Ngom Priso, chef supérieur Bankon depuis 45 se dit être déçu par le traitement que la Socapalm administre aux employés et aux populations riveraines. « Qu’est-ce que les riverains bénéficient de la Socapalm ? », s’interroge-t-il en déclarant que « s’il faut qu’on marche, on va marcher ». Pour Sa Majesté Maka Daniel, chef supérieur de Bomono ba Dadou, « au commencement de la privatisation de la Socapalm en 1998, un Mémorandum avait été adressé au président de la République, Paul Biya, présentant les doléances des populations riveraines. » Dix ans plus tard, l’on n’est sans nouvelle de ce Mémorandum. D’où de nombreuses zones d’ombre aujourd’hui. « Que veut définitivement la Socapalm ? Selon les obligations contenues dans la Concession de cession, la Socapalm doit augmenter de 25 000 à 35 000 ha de plantations de palmiers à huile. En remplaçant le palmier à huile par l’hévéa, la Socapalm prône-t-elle le développement ou l’éradication de la filière palmier à huile ? », se demande une élite de Mbondjo. Il affirme que 1190 ha de terre de la Socapalm à Mbondjo n’ont pas de limites physiques. Ce qui laisse libre cours à l’amalgame observé dans cette localité sur les terres occupées par les populations revendiquées la Socapalm.

 

Désamorcer la bombe

Face à ces multiples incompréhensions nées d’un défaut de communication, une séance d’explication a été organisée à Souza par le député Jean Claude Mpacko entre les différentes parties prenantes. « J’ai été saisi des difficultés que connaissent les riverains avec la Socapalm. Il n’est pas question aujourd’hui de refaire une autre privatisation de la Socapalm. Car celle-ci a déjà eu lieu. Mais il est question de faire le contour de cette privatisation pour que chacun sache où commencent ses  droits et obligations », a-t-il déclaré à l’ouverture de cette journée de communication. Dans son mot de bienvenu, François Nkotti, maire de la commune d’arrondissement de Souza, a apprécié l’initiative. « Il s’agit de faire plus de lumière sur la privatisation de la Socapalm et ses enjeux. Nous souhaitons les travaux similaires avec la Cameroon development corporation (Cdc, Ndlr) », a déclaré François Nkotti.

Cependant, la Socapalm qui est venue « pour beaucoup écouter et apporter l’éclairage nécessaire », a rassuré les populations sur les questions foncières constituant la principale pierre d’achoppement entre cette multinationale et les populations riveraines. « La concession touche l’ensemble des plantations de la Socapalm sauf celles de Edéa sur environ 525 ha », a-t-il déclaré. Pour cette entreprise, la rétrocession des 3% du capital social du personnel est effective  depuis une semaine, représentant les avances sur dividendes. Ce qui correspond à 833 millions Fcfa portés par la Socapalm dont 100 millions Fcfa ont été concédés à la Socipalm qui représente les intérêts des 1700 employés recensés en 2000.

Malgré ces assurances, les populations ont pris entre autres résolutions, leur indemnisation, le renforcement de la plate-forme Socapalm-Riverains, la relecture de la concession et du bail afin que les riverains puissent bénéficier de leurs terres comme c’est le cas à Njombe-Penja.

Noé Ndjebet Massoussi à Souza       

 

Par Njognath - Publié dans : Société
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