Initiative
L’association pour les enfants préférés (Apep) s’enracine progressivement. Un appel de fonds est ouvert pour les nationaux.
L’initiative est novatrice, la première au Cameroun certainement. Si jusqu’ici elle a eu besoin des apports extérieurs pour sa mise en place, la promotrice, la sœur Antoinetta appelle aux soutiens des familles et des sociétés citoyennes. Samedi 17 mai 2008, l’Association pour les enfants préférés (Apep) a organisé une cérémonie de la pose de la première pierre pour la construction du bâtiment d’extension de son centre d’accueil. Cérémonie à l’honneur du couple néerlandais Kess et Marüa. Le couple s’active à la recherche des fonds dans les associations et organismes néerlandaises pour soutenir cette action. Il vient d’y séjourner durant deux semaines, pendant lesquelles Kess et Marüas ont contribué à l’amélioration du cadre de vie des pensionnaires. Notamment, par la peinture du bâtiment qui abrite le foyer de l’Apep à Ndog Mbea par Nyalla à Douala. Un séjour que le couple néerlandais a apprécié à sa juste valeur, tout en se réjouissant de contribuer à réaliser le rêve de sœur Antoinetta. Une enseignante qui est au Cameroun depuis une quarantaine d’années, pendant lesquelles, elle a servi au collège Saint Esprit et au collège Libermann de Douala, avant de se consacrer à l’humanitaire.
Eprise pour les familles ayant en leur sein un enfant handicapé mental, elle va se lancer dans la mobilisation des camerounais pour soulager les parents concernés. Ce qui justifie la mise ne place de l’Apep. Car, ces naissances sont taboues et perçues comme des effets mystiques. « La naissance des enfants affectés par des troubles mentaux causent très souvent des troubles graves dans les couples, entraînent des séparations, sinon des crises graves au point que les familles concernés se réfugient dans les regroupements religieux, lorsqu’elles ne confient pas à des tradipraticiens », affirme Soeur Antoinetta. Des exemples sont légions. « La naissance dans un foyer d’un enfant handicapé mental est considéré comme un tabou. On se souvient qu’une haute personnalité de la ville de Douala a noyé ses deux enfants handicapés mentaux dans le Wouri pour se débarrasser, il y a quelques années », témoigne le porte-parole de l’Apep. D’ailleurs, le président de l’Apep a trois enfants déficients mentaux.
Mais l’Apep veut se distinguer de tous les centres d’encadrement des enfants issus des couches défavorisées. C’est ainsi qu’elle se spécialise dans la réinsertion sociale des enfants handicapés mentaux. « Nous récupérons des enfants ayant à partir de 14 ans, mais aussi moins dans les cas de forces majeurs. Il s’agit pour nous par de peur de les voir replonger dans un état de déficience grave, de donner une change de réinsertion à ses enfants qui ont passé 6 à 7 ans d’éducation dans les centres d’accueils et qui ont été remis aux familles », soutient sœur Martha, encadreur principal. Ceci par la formation aux petits métiers : agriculture, élevage, maçonnerie et l’artisanat.
Mathieu Nathanaël NJOG
Le Messager du 21-05-2008
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