Epervier – Affaire de l’Albatros
Une semaine après la frayeur suite à la remise de la convocation de Yves Michel Fotso, le personnel dans les entreprises basées à Douala vaquent à leurs occupations.
A l’immeuble siège de la Commercial Bank-Cameroon (Cbc), l’on observe le balai habituel des employés et clients des différentes entreprises qui y sont logées. Difficile de distinguer les employés de la Cbc. Au guichet, le personnel s’emploie à servir la clientèle. Sur le flan droit de l’immeuble, une entrée conduit au parking du sous-sol, et deux portes s’y trouvent. L’une est peu fréquentée et l’autre est celle qui permet d’accéder aux différents services administratifs. Le flux des va et vient est très important. Approchés, les vigiles et les agents d’entretien sont frileux de savoir qu’ils ont en face d’eux un reporter du Messager. « Vraiment, je n’ai aucune information à vous dire », réagit de manière répulsive chacun des agents rencontrés. Mais les employés sont très intéressés aux éditions de la presse écrite de ce lundi (hier).
Après avoir tourné en rond, il y a un cadre à qui parler. Mais il se montre encore très réfractaire. « Que voulez-vous encore ? Vous n’avez pas lu la presse ce matin ? Le boss a répondu à sa convocation. Il a été entendu pendant quatre heures à la cellule des enquêtes économiques de la Division de la police judiciaire à Yaoundé. Il a aussitôt regagné Douala dans l’après-midi », fulmine-t-il. Ce cadre ne veut dire si Yves Michel Fotso est arrivé à l’immeuble siège ce jour (hier lundi). Il nous rappelle que le Groupe Fotso a plusieurs entreprises dans la ville de Douala où Yves Michel Fotso détient des bureaux. « Il est libre de décider où il va travailler », lance-t-il.
C’est le même son de cloche au siège de la Capital Financial Holdings Cameroun (à l’immeuble de l'ancienne Amacam), institution financière qui coiffe Commercial Bank (Cameroun, au Tchad, en République Centrafricaine et à Sao Tomé et Principe), et trois sociétés financières africaines, le climat est le même. «Nous sommes au courant depuis mercredi dernier qu’il a été entendu comme témoin et qu’il a regagné aussitôt Douala, même s’il reste à la disposition des enquêteurs », lance un des employés. Avant d’ajouter : «Il faut que dans ce pays une simple convocation à la police cesse d’être considérée comme une preuve de culpabilité ».
Sur le grill
Yves Michel Fotso s’est présenté mercredi dernier à la Dpj de Yaoundé sans Avocat. « D’un parce que la convocation qu’il a reçu ne portait aucun motif et d’autre part parce qu’il ne se reproche de rien aussi bien dans l’achat de l’Albatros que dans sa gestion de la Camair», confie un de ses proches. Une position que ne partage évidemment pas nombre de policiers impliqués dans l’enquête, ainsi que certains membres du gouvernement.
Pendant les quatre à cinq heures qu’aura durée son interrogatoire à la Dpj, il aurait été interrogé sur le rôle qu’il a joué dans la transaction de la location-achat du Boeing 767 Vip, dénommé « Albatros » en 2004. Il aurait décliné sa participation dans cette transaction, d’autant plus qu’il prétendrait s’être précédemment engagé dans l’achat d’un avion présidentiel neuf avant qu’on ne le décharge du dossier. Toutefois, il aurait engagé bien avant près de 30 milliards Fcfa dans l’opération via la société Gia international, soupçonnée d’être une société écran de Yves Miche Fotso. Cette somme aurait été récupérée par l’Apm. L’interrogatoire se serait appesanti à comprendre ses liens complexes avec cette société américaine spécialisée dans le courtage. Mais aussi des rapports entretenus avec la très controversée Aircraft Portfolio Management (Apm). Une société de Traiding aérien basée à Londres et dit-on, enregistrée dans les îles Caïman.
Quoi qu’il en soit, le Groupe Fotso vient ainsi d’être mis à rude épreuve par cette interpellation de son vice-président, au moment même où il rêvait de booster un certain nombre de ses activités grâce au concours de certains partenaires financiers de poids. Il n’est pas impossible que les ennuis de Yves Michel déteignent sur les performances des employés et même la détermination de ses partenaires à soutenir ses activités.
Par Mathieu Nathanaël NJOG
Le Messager du 06-05-2008
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