Mardi 6 mai 2008 2 06 /05 /2008 17:05

Santé - Vih-Sida

Des malades pris en charge à l’hôpital Laquintinie de Douala sont sans médicaments depuis une semaine.

Mélanie* ne sait plus à quel saint se vouer, depuis qu’elle honore rendez-vous sur rendez-vous à la pharmacie de l’hôpital Laquintinie. Elle détient une ordonnance qui lui donne droit, en tant que personne vivant avec le Vih, au Duovir et à la Névirapine. Mais ces deux médicaments ne sont pas disponibles, et elle l’a constaté depuis le 28 avril, date à laquelle elle avait son rendez-vous mensuel. Ce jour là, on lui a demandé de revenir le 30, deux jours plus tard. Ce jour aussi, elle est rentrée de l’hôpital toujours sans médicament, et on lui avait demandé de revenir le 2 mai, et jusque là, toujours pas de médicament.

Pour le moment, seule la Truimune est disponible, mais Mélanie ne peut pas prendre ce médicament, puisque cela n’est pas médicalement possible dans le processus de suivi des malades.

Les conséquences de cette rupture inquiète Mélanie. « Nous devons prendre ces médicament tous les jours, à 8h et à 20h. Quand vous sautez une prise, vous vous exposez à des résistances. Combien de fois si vous passez une semaine sans avoir le traitement ? Il est évident que même à la reprise, les effets ne seront plus les mêmes, et surtout nous sommes en train d’habituer notre organisme au virus. Quand nous posons la question de savoir ce que nous devons faire face à cette situation, on nous dit à l’hôpital d’aller prier, c’est très grave pour nous », se plaint-elle. Depuis qu’elle ne peut avoir ses médicaments, elle vit dans un stress permanent, inquiète à tout moment, et une moindre sensation de malaise la fait paniquer.

Incertitude

Hier encore, 5 mai 2008, Mélanie s’est une fois de plus rendue à l’hôpital, et les médicaments n’étaient pas toujours disponibles. Rendez-vous leur a été donné pour vendredi prochain, avec en prime une note d’incertitude. « Ils nous ont dit qu’il ne sont même pas sûr d’en avoir ce jour là, donc là où nous sommes, nous ne savons plus comment faire », dit elle. Officiellement aucune explication ne leur est donnée. Selon certains témoignages, les services de prises en charge se diraient débordée par le nombre croissant des malades, surtout avec la gratuité des tests et de la prise en charge.

Dans l’enceinte de l’institution sanitaire, le directeur est absent, et personne ne peut officiellement s’exprimer sur le sujet. La  responsable de l’hôpital du jour, quant à elle, pense que c’est à la pharmacie de l’hôpital que des explications peuvent être fournies sur cette rupture. La pharmacienne en chef était elle aussi absente au moment de notre passage, mais dans son entourage on explique que la rupture ne dépend pas de l’hôpital.

Quelle que soit la cause réelle de la non disponibilité des deux molécules, les malades regrettent tout de même le silence des administratifs. Ils souhaiteraient être informés de ce qui se passe, car une communication précise rassurerait, ne serait que sur le plan psychologique. Et Dieu seul sait que le moral de ces malades ne doit être atteint en aucun cas.

Roland TSAPI

*la vraie identité de la malade a été masquée à sa demande.

 

Par Njognath - Publié dans : Société
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