Dimanche 27 avril 2008 7 27 /04 /2008 19:10

Théâtre – Spectacle

 

La comédienne s’est produite trois jours durant (les 24,25 et 26 avril) au Centre culturel français Blaise Cendrars dans le premier one woman show camerounais. Décapant !

 

Après une entrée sur scène sur une gestuelle muette et suivi d’un jeu de pieuvre, la comédienne ouvre les hostilités d’un spectacle riche, dense, incisive et cocasse, intitulé : « La vie privée de Dovie Kendo Â». Une pièce, qu’elle nous fait boire comme du petit lait qu’elle nous servira en onze tablettes de galettes croquantes: - Des prévaricateurs  et la décrépitude de la ville de Douala – Les intellectuels malfamés – La pédophilie rampante – Les filles de joie – Mariage, un emploi sans salaire – Des déceptions amoureuses – Du manque de romantisme des hommes – De l’alcoolisme – du proxénétisme des maris – Des féministes aux alouettes. Personne n’est épargné dans cette histoire drôle qui remonte de sa vie d’adolescence violée à sa vie de femme adulte céli-battante.

Seule sur les planches, pendant une heure et trente minutes, elle captive le public avec un texte drôle et acide qui permet de mettre en exergue son caractère de femme de forte tête et de comédienne aguerrie. On n’y retrouve une Dovie Kendo Patou Valérie comme elle s’identifie, qui n’a pas sa langue dans la poche. Réglant ses compte à tous ceux qui ont et continue d’abuser en elle toute les autres les femmes. Elle met le doigt « aux endroits qui déménagent sa vie de femme… Â». Elle dénonce la pourriture de la société, à partir du regard de son quotidien dans une capitale économique où elle vie depuis l’âge de 13 ans. « La fille qui marche dans les rues de Douala la belle. Douala la belle et ses multiples trous. Ses trous énormes et ses points de beauté puants. Douala la belle qui pue et qu’on suce. Qui suce Douala ? Qui se douche à la douche de Douala ? Â»

La révoltée dans un texte dense, un jeu de mots propres à Wakeu Fogaing l’auteur du texte et son metteur en scène, dénonce avec une verve singulière.  Â« Les gens et leurs turpitudes, les femmes et leur cupidité, les hommes leur violence et leur machisme idiot Â», non sans rajouter au passage une dose de poil à gratter. « Je ne suis pas belle comme Douala ; c’est normal. J’ai moins de trous que la ville et je prends soins de mes trous. La différence est visible. J’ai une tête qui pense alors qu’à la tête de Douala, il n’y a que des têts qui tètent la vile et le vide de son lait de vache à contribuables. Les gros porcs dirigent le port Â».

Au-delà du rire, la sulfureuse Dovie Kendo Patou Valérie assène des furieux coups de grippe d’une femme éprise de liberté. Un peu comme son voisin de pasteur qui l’a violé de 13 à 16 ans contre une plaquette de chocolat qu’elle recevait après chaque séance de butinage. Avant de l’abandonner pour s’offrir sa jeune sÅ“ur qui venait d’atteindre 13 ans et qui recevait en contrepartie un bonbon et elle plus rien. « Après chaque viol, j’avais droit à un chocolat. Un chocolat pour calmer ma douleur. Mon voisin était l’épine de mon slip…mon père et ma mère avaient tellement confiance en mon violeur qu’il me violait même chez nous…Après je le regardais s’embrouiller du manteau de honte qu’il portait en lui. Quand ma sÅ“ur a eu 13 ans…l’épine de mon slip a pris place dans le slip de ma sÅ“ur Â».

Et puis c’était au tour de son beau-frère de se servir d’elle en prétextant une ivresse. « L’alcool porte parfois des masques Â». D’ailleurs constate-t-elle « Aujourd’hui tu peux gifler quelqu’un avant de lui dire prend une bière. Il va te remercier comme si tu l’avait caressé les cheveux Â». Elle va sortir en peignant les pseudo-féministes. « Je suis une féministe pas comme les autres. Une féministes moderne et évolue. Les autres luttent pour la défense des droits de la femme. Moi je me protège contre les autres Â». Avant de dire pourquoi les hommes ne revendiquent pas le droit des hommes. « Mais comme la femme est plus dangereuse pour la femme que pour l’homme, les hommes s’en tapent Â». D’ailleurs s’offusque-t-elle « Tu te dis égale de l’homme et tu lui demande de t’habiller, de t’acheter ta crème, de payer ton passage au salon de coiffure et tu dis femme moderne ? Villageoise ! Â» Pire elle s’indigne du point d’honneur que les jeunes filles mettent sur la dote. « C’est con ! Une femme veut être libre et demande qu’on paye sa dot Â». D’autant que pour elle la dot est synonyme à l’achat d’une soumission éterenelle.

Mathieu Nathanaël NJOG

Par Njognath - Publié dans : Culture
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Dans l'île de Njog

  • : L' île de la tentation de Njognath
  • njognath
  • : Actualité
  • : La vie c'est savoir partager, j'essaie de partager avec vous ce que je sais mieux faire. Ma passion, le journalisme. J'attends vos commentaires pour annimer cet espace d'échanges et d'informations. Je ferai des efforts pour l'améliorer au jour le jour. Votre motivation sera mon leitmotiv
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil
  • Contact

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Janvier 2010
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30 31
             
<< < > >>
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés