Donny Elwood
Le chansonnier émérite a donné deux spectacles à Douala les 17 et 18 avril dernier au Centre culturel blaise cendrars.
Donny Elwood, dans un tailleur noir, une chemise blanche, et un sombrero qui couvre ce « nez gros », fait son entrée sur scène. Le public s’extasie et de part et d’autre sont repris en choeur des titres de ses deux albums que l’on a hâte de réécouter. Le chansonnier joue au jeu communicationnel. Ce qui en rajoute davantage à captiver toute l’attention et à embarquer tout ce beau monde dans son jeu de scène. Avec sa guitare sèche et accompagné de quatre musiciens, un soliste, un bassiste, un batteur et un pianiste. Un groupe misogyne qui assure en même temps les chœurs. Lorsqu’il entonne le titre « Négro et beau » et que les instruments commencent à crépiter, c’est l’émoi dans la salle.
L’artiste au style burlesque emballe le public avec son jeu de mots. « Nous sommes dans un contexte de nouveaux textes », annonce-t-il. On peut citer quelques phrases : « La vie n’est pas faite de rose, mais aussi de choses qui nous ruinent et nous détruisent ». Sa musique sonne avec plus de relief dans les rythmes figuratifs qu’il choisit.
Pendant deux heures, il interprète dix titres, tirés de ces morceaux à succès mais aussi des chansons au son bluesy de l’album à venir « Offertorium ». Entre autres « Celimène », « La goutte d’eau », « Muna Liza », « Annabela » et « Ebode »…Des morceaux dans lesquels, celui qu’on qualifie de digne héritier de Francis Bebey, manie le verbe et la guitare avec une dextérité jubilatoire. Des sujets ayant trait à la misère que côtoie la population au quotidien ainsi que de toutes les bizarreries et les bassesses humaines. Dans le but de restaurer cette dimension de vérité perdue par les abus et les souffrances. On se rend compte que rien n’échappe à son regard et qu’il peint la vie avec un style acerbe et un humour décapant. Autrement dit, il ravive la réalité.
Toujours aussi hilare, il quitte la scène sur le titre « Ebode », une histoire cocasse comme il sait les concocter et les transmettre avec toute l’accroche et le suspens. « Lorsqu’on est quelqu’un d’ailleurs on a beau faire la grimace pour intéresser les gens, on n’intéresse personne. Les braves gens sont dans une course folle à la recherche d’argent », conclue-t-il.
Par Mathieu Nathanaël NJOG
Le Messager du 24-04-2008
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