Politique - Révision constitutionnelle
Depuis que le communiqué du Sdf appelant a observé une journée de deuil national a été rendu public et relayé par la presse, on observe une certaine apathie des populations. Dans les milieux politiques et au sein des forces vives sociales l’attitude frise même à une certaine indifférence, mieux une résignation. On en est à se demander si Ni John Fru Ndi a encore la capacité de mobiliser les populations comme dans les années 90. Mieux encore, si cela relève d’une peur instaurée au sein de la société par la militarisation des provinces dites rebelles du Cameroun. A cette méthode d’intimidation, on peut ajouter d’autres actions de fragilisation des forces sociales.
Notamment à la mise en résidence surveille de Jean-Michel Nintcheu, président provincial du Sdf Littoral, l’ouverture d’une procédure d’enquête à la division provinciale de la police judiciaire du Littoral pour une dizaine d’acteurs politiques et de la société civile résident à Douala qu’on reproche d’avoir tenue une réunion en prélude à la révision de la constitution et visant à menacer les institution de l’Etat. A cela vient s’ajouter le déferrement de Lapiro de Mbanga à la prison de la même ville juste au moment de cet appel. Curieuse coïncidence. On n’omettra pas la condamnation de bien d’autres, à l’instar de Joe La Conscience et même des milliers de jeunes gens (acteurs ou non) arrêtés dans des conditions confuses pendant les émeutes de fin février où les populations manifestaient contre la vie chère.
Le communiqué de presse signé le 12 avril 2008 par Ni John Fru Ndi, le Chairman du Sdf appelle au deuil national. Il entend ainsi convier les camerounais ce lundi 21 avril a observé une journée de deuil national pour deux raisons. D’une part en mémoire des enfants assassinés lors des émeutes de fin février 2008 et de d’autre part pour manifester que le peuple marque sa désapprobation contre le coup de forces qui a abouti à la modification de la constitution le 10 avril dernier. A cet effet, il a qualifié les 157 députés Rdpc « d’assassins de la démocratie au Cameroun ».
Dans le même communiqué, le leader du principal parti d’opposition invitait les dirigeants musulmans et chrétiens de
dire des prières spéciales dans les mosquées et les chapelles du pays le week-end dernier. En outre, Ni John Fru Ndi invite « les camerounais à
rester en alerte, vigilants et prêts à se lever comme un seul homme contre les manœuvres de M. Biya et ses flagorneurs». Par ailleurs, les camerounais sont conviés à arborer des tenues
noires pour marquer cette journée que le Charmain Sdf veut de protestation pacifique. Mais sachant les camerounais très imprévisibles, il ne nous reste qu’à attendre de voir ce qu’ils vont nous
réserver ce jour.
Mathieu Nathanaël NJOG
Le Messager du 21-04-2008
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