Société – SHO Plus : Revendications sociales
Depuis le 30 janvier dernier, les employés de la Sho Plus se sont constitués prisonniers dans les bureaux pour revendiquer le paiement de leurs droits après la cession de la société à un nouveau repreneur. L’arbitrage attendu du ministre du travail et de la sécurité sociale sollicité.
Dans les bureaux de la Sho Plus (Société Haut Ogoué) situé sur le boulevard de la Liberté ( en face de l’immeuble Sohaing), 36 employés, hommes et femmes sont parsemés dans les différentes salles séparées par des baies vitrées. D’aucuns sont couchés sur des cartons dressés à même le sol et d’autres sont affalés surs des chaises. « Il y a des malades parmi nous comme vous pouvez voir les médicaments qui sont posés à leurs côtés », soulignent en chœurs les dames. Pour ne pas voir le temps passé, ils visionnent la télévision ou dévorent les journaux. « Vous vous imaginez que c’est avec impatience que nous attendons les matches de la Can. Et pour les journaux, c’est notre ex-directeur qui nous les a donné », précisent-t-ils. Sous des tables, on aperçoit le trésor de guerre, constitué de palettes d’eau, des sacs contenant différents mets. « Nous avions cotisé dix mille francs chacun pour notre ravitaillement. Mais il faut aussi dire que nous bénéficions du soutien des membres de familles et amis », affirme Jean Paul Tocko, Directeur adjoint de Sho Plus.
Pour comprendre, cette crise qui a conduit à la fermeture depuis la semaine dernière de ce grand centre commercial spécialisé dans la quincaillerie, l’outillage et l’électro-menager, il faut remonter à décembre dernier. Lorsque le 21 décembre 2007, on annonce aux employés la cession de Sho Plus au groupe libano-éthiopien « Yeshi », représenté au Cameroun par Bernabé Cameroun. Dans la peur de l’avenir, les employés ont dans une correspondance datée du 31 décembre 2007 demandé la liquidation de leurs droits conformément aux dispositions du code de travail et de la convention collective en cas de modification de statut ou de cession des actions dans une société de commerce. « Nous avions constaté que nous étions embarqués dans un poker menteur. D’autant plus qu’à l’issue d’une réunion avec la direction de Sho Cameroun dont nous dépendons, on nous a promis que nous garderons tous nos droits. Mais à la direction de Bernabé Cameroun, on nous apprend que nous coûtons cher et qu’elle prévoit même la baise des salaires et des effectifs », détaille Jean Paul Tocko.
Il s’est alors enchaîné une série de réunions de négociation entre les délégués du personnel, les directions de Sho Cameroun et Bernabé Cameroun en présence du responsables du syndicat de commerce et de madame la déléguée provinciale du travail et de la sécurité sociale. La dernière en date (31 janvier 2008) s’est soldée en queue de poisson après plus de douze heures de débat . La direction de Sho Cameroun refuse de céder aux exigences des employés qui réclament en guise de prime de séparation une indemnité équivalant à 36 mois de salaires. Négociable. Proposant en lieu et place un montant forfaitaire de 30 millions Fcfa à partager de manière disproportionnelle par catégories socio-professionnelles. Très peu pour les employés qui réclament plus et notamment un calcul sur la base de l’ancienneté. C’est dans cette optique que les employés qui accusent la déléguée provinciale d’avoir une attitude partiale pendant les négociations en appellent au ministre Robert Nkili pour arbitrage.
Mathieu Nathanaël NJOG
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