Mercredi 12 décembre 2007 3 12 /12 /2007 18:13

Archidiocèse de Douala

L’œuvre pastorale du Cardinal Christian Tumi a permis à l’Archidiocèse de Douala de redorer son blason. Il a permis de concilier la mission évangélique et humanitaire de l’église.

 

1- Tumi veut parachever son oeuvre

La succession du Cardinal Tumi comme Archevêque de Douala est enclenchée. Il la prépare activement. C’est dans cette optique qu’il vient de lancer une quête collective au sein de l’Archidiocèse de Douala “ pour parachever ces œuvres et bien d’autres en chantier à Douala, avant de passer la main à Mgr Samuel Kleda, Archevêque coadjuteur ”, précise Mgr Paul Nyaga, vicaire général. Elle s’effectuera à travers la grande Kermesse organisée par l’Archidiocèse dans le but de récolter les fonds au profit des œuvres socio-caritatives (construction de deux hôpitaux et dispensaires, réfection et construction des écoles,…). “ Votre contribution permettra de finir et de faire fonctionner ces institutions socio-caritatives dans les meilleurs délais ”, ajoute Mgr Paul Nyaga.

Lancé depuis un mois avec une lettre du Cardinal adressée à toutes les paroisses, cette opération a connu son lancement officiel le lundi 10 décembre 2007 par une conférence de presse organisée par le Cardinal Tumi et animée par son vicaire général Mgr Paul Nyaga. A cette occasion, on apprendra que cette grande Kermesse connaître son apothéose le 15 février 2008 par une grande soirée à l’hôtel Sawa. Elle sera précédée par une journée de collecte dans toutes les paroisses le 10 février 2008. “ Elle n’est pas réservée aux chrétiens seuls, mais à toutes les âmes de bonne volonté. Car, c’est une affaire de vie humaine d’autant plus que ces structures accueillent toutes personnes ”, rappelle Mgr Paul Nyaga.

Dans un contexte de crise économique où le Camerounais moyen n’a toujours pas l’accès facile aux soins de première nécessité et à l’éducation de sa progéniture, le Cardinal Tumi dans la mission de l’église de s’occuper de l’homme et de tout homme, a engagé depuis dix ans des projets importants dans le domaine de la santé et de l’éducation avec l’aide des fidèles, de ses amis et des bailleurs de fonds. Le but est de rapprocher ses services élémentaires du quotidien à toutes les couches sociales et à des coûts accessibles à toutes les bourses. Dans ce développement social du diocèse, il a ainsi déjà investi près de 1,5 milliards Fcfa. Ce qui a permis de passer de sept (7) structures sanitaires à quinze (15). A l’instar du dispensaire de la maternité Notre-Dame de l’Amour, la réhabilitation du Centre médico-social de la Cité sic, l’extension des capacités de la maternité de St-Paul de Nylon, l’entame des travaux de construction de l’Hôpital Notre-Dame de Logpom. Et de construire plusieurs établissements à l’instar du collège Notre-Dame des Nations de Yassa. La liste est loin d’être exhaustive.

 

2- L’Archidiocèse à la recherche de 315.000.000 Fcfa

Pour autant, comme le dit le cardinal Tumi, “ Quelque chose a été fait. Mais beaucoup reste à faire…” C’est ainsi la cartographie de l’offre socio-caritative de l’Archidiocèse qui est constituée de cinquante et un (51) écoles primaires et maternelles, treize (13) collèges d’enseignement secondaire (général et technique), quinze (15) structures sanitaires parmi lesquelles trois centres spécialisés de soins de santé mental, d’accompagnement des personnes porteurs du Vih/Sida, des andémies telles que la lèpre et la prise en charge gratuite de la tuberculose. Mais surtout de deux dispensaires qui ont été élevés en 2006 au rang d’hôpitaux. Il s’agit de l’hôpital Saint-Albert le Grand de Bonabéri et l’hôpital de Notre-Dame de Logpom dont il faut relever les standards pour répondre au nouveau statut. Mais aussi de plusieurs dizaines de centres de réinsertion sociale des jeunes issus des couches défavorisées.

Pour autant, sa répartition géographique semble à deux vitesses. Pendant que de nouvelles écoles s’ouvrent d’autres ferment les portes. Alors que certaines zones voient germer des joyaux architecturaux, d’autres voient le peu de structures qu’ils ont croupir dans un état de décrépitude qui met à mal la sécurité des élèves voire des malades. C’est le cas des écoles Saint sacrement de Ndogbong et Saint-Bruno de Brazzaville. “ Une situation due à la mauvaise gestion financières des communautés ecclésiastiques qui en ont la charge ”, affirme Mgr Paul Nyaga.

C’est pour palier à ce déséquilibre qu’une dizaine de projets en cours d’exécution ou non ont été recensés comme prioritaire. Ils vont de l’amélioration de l’offre des soins de santé à l’amélioration de la qualité des soins dans l’Archidiocèse de Douala en passant par la facilitation de l’accès aux soins de santé aux couches les plus défavorisées, de même qu’à la réhabilitation et la sécurisation des structures et infrastructures de trois écoles catholiques. Coût total des projets près d’un milliard Fcfa. L’Archidiocèse annonce être en possession de 686.000.000 Fcfa et en revanche est à la recherche de 313.330.164 Fcfa. C’est ce qui justifie cette grande opération d’appel des fonds. Ils disent ainsi éviter de recourir toujours aux bailleurs de fonds qui sont plus sensibles aux projets de santé que ceux de l’éducation. “ Il n’y a pas de dignité pour ceux qui attendent tous de tous les autres.” exit le président Ahidjo que reprend Mgr Paul Nyaga, avant d’ajouter “ Et l’église œuvre dans ce sens. ”

 

3- Une affaire des Pallotins

Pour la petite histoire, celle de l’archidiocèse de Douala est écrite par les premiers missionnaires Pallotins allemands. Ce sont les Pères Vieter, Walter, le séminariste Kloster Neckt, les Frères Hierl, Ulrich, Hermann, Mohr et Hofer. Dès leur installation à Douala le 25 octobre 1890, ils se sont aussitôt lancés à la construction de nombreuses églises sur le littoral camerounais. C’est ainsi que voient le jour, les églises de Mariembreg (1890); Kribi et Edéa (1891); Douala (1898); Grand-Batanga (1900); Ngo-Vayang (1909); Déido (1913) et comme poste secondaire de Douala, celui de Dibombari. A Douala, les Pallotins s’installent sur l'autre extrémité du plateau Akwa sur l'axe le reliant au plateau Joss. Après la deuxième guerre mondiale, les spiritains français remplacent les missionnaires allemands en 1916. Ils construisent la Cathédrale Saints Pierre et Paul à côté de la première église de Douala. Les travaux débutent vers la fin des années 1930 et l’inauguration à lieu en 1936.

Aujourd’hui la Cathédrale de Douala est le siège de la province ecclésiastique métropolitaine de Douala. Cette dernière couvre les régions du Littoral, de l`Ouest et une partie du Centre. En effet, elle rassemble désormais six diocèses. Par ordre d’ancienneté Douala, Nkongsamba, Bafoussam, Edéa, Eséka, et la plus récente, le diocèse de Bafang, en attente de la nomination dans les prochains jours de son nouvel Evêque. L’archidiocèse de Douala, est l`une des plus anciennes du pays. Devenu Préfecture apostolique à la suite de la division du Vicariat de Yaoundé le 31 mars 1931, elle va subir plusieurs évolutions historiques. Vicariat apostolique en 1932, elle va devenir diocèse autonome le 14 septembre 1955. Il est dirigé par Mgr Pierre Bonneau avec comme Evêque auxiliaire Mgr Mongo, le deuxième camerounais après Mgr Paul Etoga. Il sera même le premier Evêque résidentiel puisqu’il succède à Mgr Bonneau, décédé en 1957. Le 12 décembre 1969, ce sera la nomination de Mgr Simon Tonye comme coadjuteur de Mgr Mongo. Ce dernier démissionne quelques années après pour des raisons de santé et se retire à la paroisse Christ-roi de Logbikoy près du rocher de Ngok-Lituba où il mourut le 17 mars 1988. Son coadjuteur, Mgr Simon Tonye lui succède donc immédiatement comme Evêque titulaire.

 

4- Un Archidiocèse difficile

C’est le 18 mars 1982 que le diocèse de Douala est érigé en Archidiocèse et Mgr Simon Tonye en devient le premier Archevêque. Le 22 mars 1983, il éclate pour donner naissance à deux diocèses (Edéa et Eséka). A la suite de la démission de Mgr Simon Tonye, le Cardinal Christian Tumi, élevé Cardinal par Jean Paul II le 28 juin 1988 après huit ans d’épiscopat lui succède à la tête de l’Archidiocèse et la province ecclésiastique en 1991. En février 1999, un Evêque auxiliaire en la personne de Mgr Dieudonné Bogmis est nommé auprès du Cardinal Christian Tumi. Sa nomination comme Evêque du diocèse d’Eseka en décembre 2004 va susciter des guéguerres de positionnement au sein du clergé. Une guéguerre aux allures tribales comme celle que le régime va entretenir après la mutation du Cardinal Christian Tumi à Douala. Elle va s’exacerber en décembre 2005 après le refus de Rome de valider la démission sollicitée en janvier 2005 par le cardinal Christian Tumi.

Mais il ne fait plus de doute que cette succession est déjà enclenchée avec la nomination le 3 novembre 2007, par le Pape Benoît XVI de Mgr Samuel Kleda comme Archevêque coadjuteur de Mgr Christian Tumi. Car, à terme, il va remplacer Son Eminence Cardinal Tumi, et sera le troisième Archevêque de Douala. Au moment où la province ecclésiastique de Douala s`apprête à accueillir son nouveau pasteur, le 12 janvier 2008 date retenue pour l’accueil solennel, le diocèse de Douala, siège de la province ecclésiastique est le plus petit et le plus peuplé des six de la province ecclésiastique. Mais aussi le plus difficile. Son territoire recouvre la métropole économique du Cameroun avec une extension sur la paroisse de Yingui (dans le département du Nkam), la seule située hors de la ville de Douala. Sa superficie est de 23.000 km2 pour plus de 2.000.000 d’habitants et un peu plus de 500.000 fidèles catholiques répartis dans 41 paroisses dirigées par près de 121 prêtres et plus de 200 catéchistes. Le clergé diocésain est aidé dans sa tâche par les Pères du saint-Esprit, les Jésuites, les Xavériens, les prêtres Fidei Donum et même les Pallotins.

 

Par Mathieu Nathanaël NJOG

Le Messager du 12-12-2007

Par Njognath - Publié dans : Société
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Dans l'île de Njog

  • : L' île de la tentation de Njognath
  • njognath
  • : Actualité
  • : La vie c'est savoir partager, j'essaie de partager avec vous ce que je sais mieux faire. Ma passion, le journalisme. J'attends vos commentaires pour annimer cet espace d'échanges et d'informations. Je ferai des efforts pour l'améliorer au jour le jour. Votre motivation sera mon leitmotiv
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil
  • Contact

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Janvier 2010
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30 31
             
<< < > >>
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés